« Dieu est avec nous » — Diocèse de Belley-Ars

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« Dieu est avec nous »

Notes de l’homélie pour la Solennité de l’Annonciation, pendant le confinement en raison de la pandémie de Coronavirus, 25 mars 2020

 

« Dieu est avec nous », telle est la Bonne Nouvelle qui nous est offerte, en cette solennité de l’Annonciation. Vous venez de l’entendre, lorsque l’Ange Gabriel se manifeste à Marie, il lui déclare : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». Et quelques instants après, l’Ange Gabriel lui dit encore : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu ». Et puis un message très précis est délivré à travers l’annonce du nom de l’Enfant. Le nom attribué à l’Enfant à naître est Jésus, ce qui signifie « Dieu sauve » ; ou bien encore, en référence à la prophétie d’Isaïe, Emmanuel, ce qui signifie « Dieu est avec nous ».

 

Vous le voyez, l’humanité entière est aujourd’hui plongée dans un immense chaos, que personne ne pouvait imaginer il y a encore quelques semaines. Réalisez que pas moins de 2 milliards 700 millions de personnes sont aujourd’hui contraintes au confinement un peu partout à travers le monde. Soit presque 1/3 de l’humanité : 1 homme sur trois dans le monde est actuellement enfermé chez lui ! Pas moins de 170 pays sont directement concernés. Bref, la quasi-totalité du globe terrestre est mise à genoux par une particule infectieuse microscopique. Une réalité microscopique, tel un grain de sable dans un engrenage, bloque les activités habituelles, interrompt les déplacements, met une grande part de la population au chômage, enraille subitement l’économie mondiale et plonge beaucoup de gens dans l’angoisse du lendemain. Dans son orgueil immense, l’homme du XXI° siècle prétendait tout maîtriser. Et voici qu’il se trouve brutalement confronté à ses fragilités multiples. Ce qui survient actuellement lui impose soudainement la vérité : sa petitesse au sein du monde créé. 

 

Face à cet immense chaos, il y a des gens qui en viennent à penser et à affirmer des choses du genre : C’est Dieu qui punit l’humanité ! Une telle réaction est compréhensible. Elle exprime le sentiment de culpabilité diffuse des hommes qui réalisent que l’on a adopté une conduite collective qui n’était pas conforme à la volonté de Dieu, parce qu’elle allait à l’encontre de son projet et du bien commun. Le réveil de la conscience alimente un sentiment religieux primaire qui, face à la faute commune, interprète spontanément les événements qui surviennent comme l’expression d’un châtiment divin. Il faut dire que cette pandémie survient précisément au moment où l’on commençait à prendre conscience des dégâts commis sur notre terre et où l’on affirmait qu’il était urgent de changer de modes de vie pour préserver la vie de tous dans « la maison commune ». 

 

Alors, les événements présents sont-ils l’expression d’un châtiment divin ? L’Evangile est en train de nous dire tout autre chose ! Il nous affirme : Le Seigneur est avec toi ! Dieu est avec nous ! C’est une Bonne Nouvelle, étonnante et bouleversante. Dieu ne nous abandonne pas au chaos dans lequel nous nous sommes placés par notre faute. Dieu ne nous observe pas de loin, dans une attitude d’indifférence. Il ne prend pas les choses de haut, en pensant « c’est bien fait pour vous ! ». Dieu ne nous délaisse pas et ne nous abandonne pas à notre misère, mais il est au contraire saisi de compassion : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. Car je t’ai gravée sur les paumes de mes mains » (Isaïe 49, 15-16).

 

Dieu, notre Créateur, ne peut pas se résoudre à nous laisser périr. Il s’est engagé envers nous en nous offrant la vie. Il a fait alliance avec nous et il ne tolère pas que son œuvre d’amour soit détruite. C’est pourquoi il vient lui-même à notre secours en nous envoyant son propre Fils, Jésus. Saint Paul affirme : 

« Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? ». Et il conclut : « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Romains 8, 32 et 39).

 

Tel est l’enjeu de la solennité de l’Annonciation. C’est la Bonne Nouvelle qui révolutionne notre monde et lui apporte le Salut. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, tout en prenant acte de la gravité de la situation, tout en étant lucides sur les dégâts profonds qu’il faudra assumer, nous, chrétiens, demeurons fermement dans l’Espérance. Aujourd’hui, nous voyons en effet devant nous l’humanité nouvelle, dont la Vierge Marie est la matrice. 

 

Observez bien ce qui la caractérise : c’est l’humilité et l’obéissance. A l’annonce qu’elle enfantera « le Fils du Très-Haut » par l’action de l’Esprit Saint, Marie répond par « l’obéissance de la foi », certaine que, comme l’affirme l’ange « rien n’est impossible à Dieu ». Remplie par la grâce, Marie donne son consentement à la Parole de Dieu et livre toute sa personne de manière inconditionnelle : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ».

 

Alors, au cœur de la crise qui nous affecte aujourd’hui, avec la Vierge Marie, accueillons la Bonne Nouvelle du Salut ! Entendons l’invitation pressante à ouvrir grand les portes au Christ. Accueillons avec joie « l’Emmanuel » (« Dieu avec nous »), celui qui vient nous révéler le mystère de l’amour infini du Père et renouveler notre humanité en nous faisant vivre de l’amour divin. 

 

Car, comme l’a dit le pape émérite Benoît XVI, le jour de sa prise de fonction : « Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. Ainsi, aujourd’hui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : n’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie ».

 

+ Pascal ROLAND