Mercredi des Cendres — Diocèse de Belley-Ars

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Mercredi des Cendres

Homélie pour le mercredi des cendres année C.

Chers frères et sœurs nous voici réunis pour débuter ensemble cette démarche personnelle qu’est le carême. Le carême vous le savez est un mot issu du latin quadragésima qui signifie quarantième et fait référence au chiffre 40. Alors peut-être connaissez-vous la symbolique de ce chiffre 40 dans la Bible ou des périodes ou des situations de vie où ce chiffre est cité ?

Le déluge, quand Moïse rencontre Dieu sur la montagne pour écrire les tables de la loi, quand Moïse emmène le peuple d’Égypte et reste dans le désert, lorsque Jésus va au désert après son baptême, ce sera le texte de dimanche prochain. Le chiffre 40 le chiffre le plus utilisé dans la Bible cité plus de 90 fois, on le retrouve aussi dans l’épisode de Jonas avec cette phrase bien connue lorsque Jonas fait tout pour fuir la mission que Dieu lui a donnée : encore 40 jours et Ninive sera détruite. Ces périodes de 40 jours ou 40 ans sont un symbole de nouveau commencement, de renouveau, de nouvelle vie avec le seigneur. Et c’est un temps de pénitence dans nos vies quotidiennes qu’elle soit ordinaire ou extraordinaire un temps de pénitence pour nous décentrer et nous recentrer sur le seigneur.

Je vous propose de rapidement parcourir les textes du jour.

Du livre de Joël

vous avez retenu « déchirer vos cœurs n’ont pas vos vêtements ». Cette pénitence collective se veut très démonstrative car il faut faire sonner de la trompette dans Jérusalem. Cette pénitence a pour but d’éviter les malédictions du seigneur en espérant qu’il renonce au châtiment pour le peuple, ce peuple querelleur, a la tête dure, a peur de Dieu et fait pénitence. Et pour éviter tout contresens il faut bien comprendre que ce n’est pas Dieu qui est en querelle avec l’homme mais c’est bien l’homme qui se querelle avec ses frères et sœurs et par-delà avec Dieu. Et Dieu appelle l’homme à revenir à lui de tout son cœur.

Les extraits du psaume 50 qui est le psaume de pénitence par excellence sont assez extraordinaires. Le contexte : David qui vient de faire mourir Urias un de ses généraux pour récupérer son épouse Bethsabée devenue maîtresse de David est enceinte du même David. La comme péché c’est du lourd. Et pourtant le prophète Nathan, avant que David n’ai avoué sa faute, interpelle le roi et lui dit au nom de Dieu : regarde ce que Dieu t’a donné et tout ce qu’il est prêt à te donner encore. La miséricorde du seigneur dépasse totalement les actions misérables et méprisables des hommes. Dieu est prêt à tout pardonner à celui qui le lui demande. Et Dieu nous dira à travers le prophète Isaïe verset 43 « moi Dieu je suis tel que j’efface, par égard pour moi, tes révoltes, que je ne garde pas tes fautes en mémoire ». C’est presque trop beau, cela peut sembler presque injuste dans notre humanité. Rappelons nous la parabole du fils prodigue ou celle des ouvriers de la 11e heure. La miséricorde du seigneur est infinie. Et ce psaume pénitentiel se termine par : rends-moi loi joie d’être sauvé, et ma bouche annoncera la louange. ce psaume peut être le compagnon de votre carême.

Le texte de saint Paul aux corinthiens comme souvent avec Saint-Paul parle de lui-même. À Corinthe c’est à l’époque un grand bazar avec beaucoup de dissensions. Saint-Paul nous dit : laissez vous réconcilier avec Dieu. Et il insiste aussi à bien regarder ce que Dieu nous donne. Nous vous invitons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu. C’est maintenant le jour favorable. il nous invite à nous tourner vers Jésus. Le seul sans péché. Dieu fait homme,, qui a subi directement dans sa chair la querelle que l’homme peut faire à son frère et à Dieu.

L’Évangile de Matthieu chapitre six est un moment important car Jésus est rassemblé sur la montagne, le lieu de prédilection de rencontre avec Dieu. Il s’agit donc d’un des discours sur la montagne avec notamment celui des béatitudes. Trois messages clairs pour cette entrée en carême faire l’aumône, prier et jeûner. Et une condition le faire avec discrétion sans faire sonner la trompette. Nous avons la une nette transition avec l’Ancien Testament. Jésus nous montre un autre chemin pour ce temps de pénitence. Ce n’est plus un temps collectif, spectaculaire, rempli d’actes de pénitence remarquables pour éviter le châtiment divin, mais au contraire un temps d’intériorité et de tête-à-tête, de cœur à cœur avec le seigneur, qui vient à nous pour nous renouveler son amour, dans le secret.

Alors chers frères et sœurs que retenir de ces textes du jour pour notre entrée en carême. En effet comme toutes les choses qui reviennent chaque année on a parfois du mal à se renouveler ou à entrer réellement dans cette démarche de conversion. Bof a quoi bon…

Ce que j’ai retenu : le carême est une période où nous sommes appelés à nous décentrer de nous-mêmes ,de nos vies les plus belles soient-elles pour nous réorienter vers Dieu.

Se décentrer de soi-même par le jeun. C’est apprendre à mieux se connaître à mieux percevoir ses sensations corporelles et sa relation au monde. C’est à nous de choisir, avec bienveillance, de temporairement ne plus satisfaire à un besoin physique, physiologique, social ou intellectuel et de profiter de ce manque, volontairement assumé, pour le remplir de Dieu. Et ce jeune peut aussi trouver du sens pour être en harmonie avec Dieu et la justice de Dieu. Quand je décide du jeun alimentaire je ressens la sensation de faim et alors peut-être je partage cette sensation avec mes frères et sœurs qui ont faim tous les jours. Mon ex beau-frère Walid qui était musulman pratiquant expliquait qu’au moment du ramadan le jeun alimentaire permettait de retrouver une certaine égalité et une certaine solidarité entre les créatures de Dieu. Le très riche comme le très pauvre ressentait en même temps ce manque physique. Nous pouvons choisir Un jeune plutôt social ou culturel avec une diminution des relations socioculturelles pendant le carême pour prendre plus de temps pour Dieu, et peut-être l’associer avec un temps donné de visite aux personnes isolées. À chacun d’écouter l’Esprit Saint qui souffle dans son cœur pour que ces jeun choisis soient un chemin vers Dieu et nos frères. Créons un manque, un vide, pour le remplir de Dieu sinon cela n’a pas de sens.

Se décentrer de soi-même par la prière. Et je reviens sur mes commentaires du psaume 50 pour bien commencer un carême et bien vivre ce carême il nous faut remercier Dieu pour son amour et sa miséricorde infinie. Remercier Dieu pour tous les dons que nous avons reçus et faire nôtre la phrase du prophète Nathan à David « regarde ce que Dieu t’a donné et tout ce qu’il est prêt à te donner. » remercier le seigneur pour ce pardon accordé en permanence à celle ou celui qui le demande. la prière de carême doit commencer par la louange pour ce que nous sommes et non par l’autoflagellation pour ce que nous n’arrivons pas à être. Tout d’abord contempler le seigneur et l’amour qu’il a pour nous personnellement, dans le secret et rendre grâce. Ecouter sa parole et la proclamer à haute voix pour soi même. Seigneur ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange nous dit le psaume 50. les premières phrases de la prière du matin de la liturgie des heures. Ensuite accepter de reconnaître certains décalages dans nos vies, lui confier les déceptions de nos comportements, certaines dysharmonies où nous jouons de façon imparfaite la partition d’amour que le seigneur nous a écrite. Et ensuite prier pour se réconcilier avec Dieu pour une nouvelle conversion, un nouveau commencement.

Se décentrer de soi-même par l’aumône et se recentrer vers nos frères et sœurs en Christ. Pendant cette période de carême nous sommes appelés bien sûrs partager et à réfléchir sur nos façons de vivre et de consommer. Nous sommes toutes et tous assez faibles quand il s’agit de parler d’argent et de partager avec les pauvres en biens. On préfère souvent partager avec les pauvres de cœur ou les pauvres en esprit plutôt que d’être en ligne directe en contact avec les pauvres du point de vue matériel. Nous donnons assez facilement de notre superflu et c’est déjà très bien. Pendant ces 40 jours, Un petit truc simple serait peut-être que chaque fois que nous achetons quelque chose de non nécessaire pour vivre, que nous nous faisons plaisir car il est bien de se faire plaisir, nous fassions un don pour les pauvres de cette même somme. À chacun, chacune dans le secret de donner de la main droite ou de la main gauche sans que l’autre main ne le sache.

Alors aujourd’hui seigneurs nous allons recevoir les cendres avec ce signe de la croix sur notre front. Les cendres symbolisent notre fragilité, notre péché, nos manques d’amour et nous rappelle le geste des habitants de Ninive appelés à la conversion pour garder l’espérance de la miséricorde de Dieu. Les cendres nous rappellent que nous sommes que poussière et que poussière nous retournerons à la poussière. Mais le geste de la croix effectuée avec ces cendres nous rappelle que bien que poussières nous somme appeler à l’espérance en la vie éternelle. Le carême est une montée vers Pâques. Par nos gestes et nos actions nous allons trouver du temps pour louer Dieu, pour son amour fidèle et sa présence dans nos vies. En lui confiant nos faiblesses, nous allons lui témoigner notre foi, et notre espérance en sa miséricorde infinie. En laissant place à l’Esprit Saint dans nos cœurs nous imprégnerons notre humanité de sa divinité pour nous rendre la joie d’être sauvé.

Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. Amen


 

Loic Pierre Biot diacre