Dimanche 29 juin 2025
Homélie pour la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul.
Nous fêtons aujourd’hui les deux apôtres fondateurs de l’église du Christ. Pierre apôtres de Jésus dès la première heure, qui a passé près de 3 ans avec le Christ et Paul devenu disciple sans avoir côtoyé Jésus durant sa vie terrestre.. Je vous propose en introduction quelques mots sur Simon appelé Pierre par le Christ. On laissera Paul de côté même s’il y aurait tant de choses à dire.
La figure de Simon Pierre est assez facile à approcher pour nous hommes et femmes. Pierre est pêcheur, sans instruction, on retrouve plusieurs qualificatifs pour essayer de cerner ce personnage : le colosse aux pieds d’argile, l’impulsif au grand cœur. Oui Pierre est impulsif :quand il croise Jésus-Christ qui lui dit dans Mathieu 4 : venez à ma suite, je vous ferai devenir pêcheur d’hommes il quitte tout sur un coup de tête dirait on. Pierre est fier comme un colosse quand il dit au Christ : si tous viennent à tomber à cause de toi, moi je ne tomberais jamais. Pierre ne réfléchit pas toujours quand il sort l’épée au jardin des oliviers pour défendre le Christ. C’est un roc parfois submergé par ses émotions mais ce qu’il est intéressant de voir c’est comment Pierre change tout au long de son chemin avec le Christ.
Jésus libère Pierre de ses craintes et de ses peurs. Pierre est comme nous il peut avoir peur. Quand Jésus marche sur l’eau et que Pierre enjambe la barque et commence lui aussi à marcher sur l’eau pour rejoindre le seigneur, tout se passe bien lorsque pierre regarde le christ, jusqu’au moment où Pierre regarde ses pieds et l’eau. L’eau dans la bible c’est un symbole de mort et quand Pierre regarde la mort sa mort, il prend peur et s’enfonce. Quand Pierre renie le Christ par trois fois. Il est à la fois courageux car c’est le seul qui suit le Christ chez Caïphe le grand prêtre, et quand il se fait reconnaître , par peur du martyr il renie Jésus. Il n’est pas prêt. Et dans la première lecture du jour cette délivrance physique de Pierre qui est en prison est une métaphore de cette libération intérieure. Le seigneur a envoyé son ange il m’a arraché au mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif. Libération, au contact de Jésus toutes ses craintes et toutes ses peurs vont l’abandonner dès lors qu’il aura charge de l’église du Christ et c’est avec une certaine sérénité qu’il vivra son martyr lorsqu’il sera crucifié tête en bas à Rome. La vie avec Jésus fait toute la différence elle permet de se libérer de ses peurs
Jésus lui permet d’expérimenter la miséricorde infinie de Dieu après son triple reniement. Lorsque le coq chante et que Jésus totalement seul, abandonné, regarde Pierre qui vient de le renier, Pierre se met à pleurer et fait connaissance avec ses fragilités. Et plus tard comme en symétrie avec ses trois reniements, Jésus demandera à Pierre par trois fois Pierre m’aimes tu. Sois le berger de mes brebis. Pour le Christ, l’expérimentation que fait Pierre de la miséricorde infinie de Dieu est la seule condition pour lui confier son église. Expérimenter l’amour en Jésus suffit pour être Pierre vivante de l’église du Christ
Le seigneur le peaufine, le corrige avec amour sagesse , patience et parfois véhémence (passe loin de moi Satan quand Pierre s’oppose au martyr du christ) Jésus le prépare à la mission d’être la première pierre de son église. Et cela demande du temps. Et Jésus prie : J’ai prié pour toi Pierre afin que ta foi ne disparaisse pas et toi quand tu seras revenu, affermi tes frères.
Pierre est plus pasteur que leader. Sa mission est d’aimer ses brebis sans objectif de les multiplier. Soit le berger de mes brebis. Et Pierre accepte au moment de la Pentecôte : il prend la parole, pour la première homélie d’un homme , en tant que première pierre première évêque de l’église du Christ. Pierre l’apôtre des juifs accepte de s’ouvrir aux païens avec la rencontre et la conversion du centurion Corneille.
Donc le chemin de foi de Pierre peut nous interpeller dans notre vie personnelle.
Est-ce que ma rencontre avec Jésus mon chemin de foi me permet de m’émanciper de mes angoisses et de mes peurs ? Le refrain du psaume est de toutes mes frayeurs le seigneur me délivre.
Est-ce que j’ai déjà expérimenté la miséricorde infinie de Dieu par rapport à certaines de mes fragilités, de mes reniements, de mes manques d’amour ?
Est-ce que j’accepte que le seigneur me peaufine, me corrige avec patience parfois douceur et me tance parfois avec fermeté pour le suivre ? et parfois pour aller là où je ne souhaite pas aller ? suis-je prêt à accepter la mission ?
Et puisqu’aujourd’hui nous sommes appelés à suivre Pierre, pour être à notre tour pierre vivante de notre Église, que répondons nous quand le Christ nous demande : pour vous qui suis-je ? Et vous que dites-vous ?
Cette question mérite déjà d’être approchée au niveau horizontal en tant qu’êtres humains. Combien d’entre vous ont déjà osé demander à leurs proches, leur épouse, leur époux, leurs enfants, leurs amis : pour vous qui suis-je ? Pour toi qui suis-je ? Comment décris tu mon identité profonde ? Qu’est-ce que tu penses que j’ai vraiment au fond de mon cœur ? Alors c’est sûr dit comme ça c’est pas si facile. Et oui nous sommes comme Pierre, des humains et nous aimons bien cacher certaines de nos fragilités ou de nos bassesses. Parfois nous jouons un personnage plus ou moins éloigné de notre identité profonde. Et parfois au fil du temps l’image et la perception que nos proches ont de nous commence à se rapprocher de notre identité profonde, à s’ajuster. Quelle grâce de pouvoir être soi-même en vérité avec les autres, en famille, en paroisse, au travail ou dans le monde au sens large. C’est bien sûr un long travail d’acceptation, de résilience, d’abdication des égos c’est un long chemin de développement personnel pour finalement vivre plus en paix avec soi-même et avec les autres et être soi. Frères et sœurs ou en êtes vous sur le chemin d’ajustement de vos vies?
Mais Pierre nous montre un autre chemin. Lorsque nous acceptons quelqu’un de bien plus grand que nous, soit là pour nous aider sur ce chemin de révélation et d’acceptation de notre identité profonde . Apprendre à être en vérité avec le Christ c’est comme une espèce d’entraînement, de simulation, de stimulation, pour apprendre à être en vérité avec les autres. À la seule différence c’est que le seigneur a pour nous un tel amour et une telle miséricorde que nous nous risquons pas grand-chose : soit sans crainte Pierre. Et nous avons tous déjà expérimenté entre frères et sœurs chrétiens qu’il était plus facile d’être soi-même, de partager, de se confier dans nos petites églises. Des que l’on prie les uns avec et pour les autres, nos cœurs s’allègent, les paravents et les artifices tombent. L’Esprit saint est en action, il se passe un truc . Alors aujourd’hui Jésus nous interpelle toutes et tous directement. Pour toi qui suis-je ? je vous invite à prendre quelques temps d’intériorité, quelque temps de silence .voilà le Christ est la avec vous, en face de vous, il vous regarde, je pense qu’il vous sourit et il vous dit pour toi qui suis-je ? que dis tu de moi ?
Frères et sœurs, Après cette réponse intérieure que vous venez de lui faire, ne soyez pas étonnés si le Christ vous appelle comme Pierre à faire un bout de chemin avec lui ou de façon plus directe à devenir Pierre vivante de l’Église du Christ.
Seigneur, libère moi de mes peurs, fais moi vivre ta miséricorde divine, prépare moi pour la mission
Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je? »
Alors chacun prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu,
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre vivante,
et c’est avec cette pierre que je bâtirai mon Église ;
Amen
L'Église