Dimanche 26 octobre 2025 — Diocèse de Belley-Ars

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Dimanche 26 octobre 2025

Homélie 30ème dimanche du temps ordinaire année C : la comparaison


 

Chers frères et sœurs le père Augustin m’a proposé de prêcher en ce 30e dimanche le temps ordinaire. Ces textes me parlaient et en effet il y a trois ans j’avais déjà fait l’homélie à partir des textes du jour. Et quelles difficultés pour ne pas, se redire, se répéter, et faire une homélie réchauffée ! Alors c’est en priant l’Esprit Saint et par un effort supplémentaire que je me suis mis au travail pour laisser la dynamique de la parole de Dieu travailler en moi. Et je reconnais que pour mes frères prêtres qui prêchent pour certains chaque week-end voir plusieurs fois par semaine ce n’est pas toujours si facile de laisser la parole de Dieu résonner dans son cœur à un instant T , ou d’avoir les dispositions pour l’ écouter et la méditer, pour pouvoir la commenter, accompagner frères et soeurs chrétiens dans leur chemin vers Dieu. Aujourd’hui je vous propose ce cibler cette méditation sur la métaphore du jour entre pharisien et un publicain

Nous avons là une comparaison entre deux personnages et leur façon d’être alors qu’ils sont en chemin pour aller prier le seigneur.

Ce pharisien caricatural annonce clairement qu’il n’est pas comme les autres. Que les autres sont mauvais et que lui est bon . Il fait même un peu plus que ce que la loi lui demande pour être en avance sur le chemin vers Dieu. Les pharisiens ont souvent mauvaise presse dans la bouche de Jésus. La plupart d’entre eux ont uniquement le souci permanent d’être fidèles à l’alliance avec Dieu, de vivre la loi et les pratiques religieuses de façon exhaustive, et par cela d’être respectable et respecté. Ce pharisien va bien plus loin, en chemin pour prier le seigneur, il s’élève en dénigrant les autres, il effectue une prière de contemplation de lui-même, de satisfaction, d’autosatisfaction .

Le publicain est bien sûr à l’opposé de façon caricaturale et excessive aussi, il n’ose pas lever les yeux vers le seigneur. Pour nous le personnage typique du publicain c’est Zachée, ce tout petit bonhomme grimpant sur le sycomore, ce collecteur d’impôts qui collaborent avec l’occupation romaine et s’enrichit sur le dos des pauvres. En effet le publicain paye pour chaque citoyen de son secteur les impôts à Rome et a ensuite tout pouvoir pour se faire rembourser par ses concitoyens. Avec que des pratiques frauduleuses. Je vous rappelle que Zachée lors de sa conversion annonce qu’il remboursera le trop perçu, en payant cette dette au quadruple. Et cette comparaison caricaturale nous amène à la réflexion : de qui est juste aux yeux de Dieu.

Se comparer aux autres ou être comparé aux autres est un phénomène très naturel de notre humanité. Nous sommes des êtres de relations et dans la relation aux autres il y a ce besoin d’aimer et d’être aimé , et ce besoin ou cette nécessité de se comparer. se comparer aux autres est quelque chose qui peut être conscient, inconscient, réfléchi, irréfléchi, voulu ou subi mais cela reste un phénomène naturel. Comment l’apprivoiser ?

Une comparaison c’est mettre en parallèle deux éléments ou deux situations afin d’en saisir les similitudes et les différences. Dans la définition il n’y a pas de notion de classement ou de hiérarchie donc de jugement. Comparer ne devrait pas être systématiquement juger.

La comparaison peut avoir deux dynamiques une ascendante ou une descendante

Dans la comparaison ascendante, l’évaluation ou le positionnement par rapport à l’autre va permettre une relecture et une évaluation de soi-même. Cette comparaison est indispensable à la construction de la personnalité dans la progression et dans les apprentissages. À l’école les bons points ont disparu mais la notation perdure et dans une classe la notation incite à la comparaison. Cette comparaison ascendante est là pour nous tirer vers le haut, pour nous élever de nos petitesses de nos flemmes, de nos autos dépréciation et nous permettent d’augmenter notre estime de soi. Cela permet de quantifier une certaine progression ou réussite dans certains de nos apprentissages et c’est une bonne chose.. Dans la comparaison ascendante on se trouve bon ou meilleur qu’avant en étant sa propre référence mais aussi par rapport à une personne que nous estimons meilleure que nous. Pour pouvoir s’élever il est bien de se trouver un peu plus bas que les autres, d’avoir des repères concrets et réels , des exemples, pour pouvoir progresser comme en se sentant tiré ou guidé par les autres. La comparaison quand elle est ascendante permet d’augmenter la confiance en soi. elle est une réussite dans la pratique de l’altérité.

La comparaison peut-être descendante et nous plonger dans l’auto dépréciation, la dépression ou autres pensées négative, jalousie, frustration , sur ce que l’on n’est pas, sur ce que l’on n’a pas et ce que l’on vit ou pas .

Dans l’éducation je me rappelle les textes de Françoise Dolto : en éducation la comparaison est poison et les mises en garde sur les habitudes classiques de dire aux enfants à ton âge ton frère ne faisait pas ca à ton âge …ta sœur faisait déjà cela . De même à l’école d’autres systèmes de gratification ont été utilisé que les notes pour répondre à la diversité dans les attentes des élèves pour être aidé pour s’élever. La comparaison peut-être dans une dynamique descendante quand on veut s’élever en s’appuyant sur le mépris et le jugement que nous avons des autres on se trouve bon non pas par rapport à ce que nous faisons de bien, mais par rapport à ce que les autres font de mal et le pharisien est très clair dans l’Évangile ce jour. Cette comparaison descendante est un drame dans nos réseaux sociaux. En effet, les réseaux sociaux sont une machine à comparer et pas pour vous faire grandir dans la joie mais pour faire plutôt intégrer que vous avez un corps de m…... , une vie bien minable, des vacances très ordinaires, un conjoint plutôt looser, bref que vous êtes incapables d’être heureux… avec comme corollaire de vous plonger et de vous maintenir dans vos faiblesses et vos obscurités, et manques avec un objectif très précis : un augmenter vos désirs de consommation pour combler ce manque et de prendre la main sur votre conscience pour vous orienter à sortir de votre mal vivre par des idéologies ou pratiques de vies ou peut-être vous ne voudriez pas aller. Ce Qui est d’autant plus dramatique c’est que les messages sont parfois totalement faux que ces corps de rêve ont été retouchés, que la vie de ses influenceurs est totalement falsifiés voir inventer. La comparaison descendante est un raté dans la pratique de l’altérité.

Et Jésus qu’est-ce qu’il en pense. Pourquoi se permet-il de nous comparer les uns aux autres ? Lorsqu’il utilise ces métaphores qui sont pour lui un moyen de comparer sans réellement comparer . l’exemple de Marthe et Marie me vient en tête où le père et ses deux fils. Jésus est-il un Dieu qui nous compare nous classe en fonction de nos bienfaits respectifs ?

Non. Dieu nous aime tous d’un amour inconditionnel et sa miséricorde est infinie. Et dans les métaphores qu’il utilise pour illustrer de façon concrète certains de nos états de vie nous sommes toujours dans une comparaison ascendante pour nous relever et nous aider à nous élever vers lui.

Dans cette démarche bien humaine de la comparaison , Dieu nous propose un chemin pour la rendre quasiment toujours ascendante. Le psaume du jour nous dit je bénirai le seigneur en tout temps sa louange sans cesse à mes lèvres je me glorifierai dans le seigneur. Je me glorifierai dans le Seigneur. Tout ce que je fais de bien, tout ce que j’ai l’impression de faire au mieux, je te le dois à toi seigneur et je te rends grâce pour ce que je suis et pour qui je suis, toi mon créateur. Tout vient de toi et tout est à ta gloire. Saint-Paul dans la deuxième lecture nous dit » le seigneur m’a rempli de force pour que par moi la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent » c’est le Seigneur qui m’a rempli de force. Et le pharisien de l’Évangile du jour n’a pas tout faux : mon Dieu je te rends grâce … la suite dérape. Mais il commence par mon Dieu je te rends grâce… pour les personnes que Seigneur tu mets sur mon chemin de foi. Exprimer sa gratitude sa reconnaissance pour un service, pour un bienfait, pour une belle personne rencontrée. Je rends grâce pour telle chantre qui anime la prière et qui m’aide à prier. Je te rends grâce pour tel prêtre dans sa façon d’être avec les autres, je te rends grâce pour mon époux, mon épouse chaque jour. Entre époux il ne s’agit pas de comparaison avec une approche comptable. Il s’agit de reconnaître ce que l’autre a et que je n’ai parfois pas, mais surtout de discerner que ce qu’il a m’aide à me relever et à m’élever au quotidien.

Aujourd’hui nous allons bien prier et chanter, merci frères et sœurs. pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Nous allons célébrer la messe avec une communauté fervente merci frères et sœurs pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Et l’on peut rendre grâce pour les choses simples que nous vivons en paroisse : La tartifete était excellente pour notre repas paroissial en janvier, merci frères et sœurs ! Pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Ben Sira le sage nous dit aujourd’hui celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli sa supplication parviendra jusqu’au ciel. Alors vivons cette eucharistie qui va suivre en rendant grâce.

Sommes-nous capables d’être émerveillés par les richesses de toutes ces personnes que Dieu nous amène à rencontrer ? Sommes-nous capables d’être élevés par ses frères et sœurs, inspirés par Dieu, deux ou trois pas devant nous dans le chemin vers toi Seigneur ?

Dans le chemin de foi, la comparaison ascendante n’est de ne pas mesurer sa vie à l’aune de celle des autres mais de la mesurer à l’aune des grâces du règne de Dieu à travers les autres. Dieu aura toujours la première place et la dernière place. On ne peut que s’abaisser devant Dieu, pour qu’il puisse nous relever. Pour que notre humanité puisse se remplir de sa divinité .

cette semaine Je me glorifierai…… dans le Seigneur, et j’exprimerai ma gratitude par des mercis.

qui s’élève sera abaissé qui s’abaisse sera élevé.

Amen

Loic Pierre Biot diacre Belley - Ars