Dimanche 28 avril 2026 — Diocèse de Belley-Ars

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Dimanche 28 avril 2026

Homélie du quatrième dimanche de Pâques année A  : Je suis la porte des brebis.

Je suis la porte des brebis. En ce quatrième dimanche de Pâques ou le printemps fait ressusciter quelque peu la nature, l’Évangile du jour nous propose une métaphore très pastorale.

Comme je vous l’avais déjà dit il est parfois difficile d’accepter d’être comparé à des brebis. Quand j’étais plus jeune cela m’était presque insupportable tant je voyais l’image rabelaisienne des moutons dits de Panurge qui suivent sans se poser de questions, allant avec le plus grand nombre en se fondant dans un collectif, sans esprit critique et sans intelligence. Mais pour comprendre cette métaphore il nous faut remonter bien avant Rabelais dans les temps de l’Ancien Testament ou les brebis, les moutons, le troupeau étaient la seule richesse de ces tribus nomades. Et donc si Dieu nous compare à des moutons et des brebis c’est que nous sommes simplement sa seule richesse. Première bonne nouvelle du jour frères et sœurs vous êtes, je suis, nous sommes le seul trésor de Dieu. alléluia.

Jésus compare ce qui deviendra l’Église à une sorte de bergerie. Le Christ est la porte celui par qui on entre où on sort de l’enclos. Reprenant ce qu’il nous dit en Jean XIV : moi je suis le chemin la vérité et la vie, personne ne va vers le père sans passer par moi. Dans cette bergerie, il y a des bergers, des pasteurs qui vont mener les brebis. Et dans cette métaphore agricole Jésus va décrire la fiche de poste de ces pasteurs. Le pasteur passe par la porte et le Christ ,le portier, lui ouvre lors de son ordination. Puis Le berger donne sa vie pour ses brebis, il les appelle chacune par leur nom, sa voix est connue des brebis qui écoutent ses paroles, il les emmène (voir les poussent) en dehors de l’enclos. Il marche à leur tête. Si une brebis est égarée il est prêt à tout pour aller la chercher. Son souhait le plus profond est que ses brebis et la vie et la vie en abondance. Chouette fiche de poste ! pour notre futur évêque et pour nos curés.

Et Jésus nous met aussi en garde contre les faux bergers, les faux pasteurs qui escaladent par un autre endroit où passe par la fenêtre. Ou qui, au fil du temps ne semblent plus passer par la porte en laissant de côté cette référence profonde au Christ. Et nous avons malheureusement de nombreux exemples de prêtres qui étaient ou sont devenus des faux bergers selon la définition donnée par le Christ.

Mais dans la bergerie il n’y a pas que le berger. Il y a les brebis, les moutons et. Les brebis passent par la porte et le Christ , le portier leur ouvre la porte pas le baptême. Mais pour ma part il manque un élément important pour actualiser cette métaphore pastorale. les chiens de berger. Un troupeau sans chien, un berger sans chien ? jamais vu !Il est vrai que dans la Bible les chiens sont quasi inexistants ou souvent présentés avec des caractères péjoratifs. Néanmoins le chien de berger a un rôle primordial dans le fonctionnement de la bergerie. Il protège bien sûr les moutons, il les rassemble, il aide le berger à guider le troupeau aussi bien pour sortir de l’enclos que pour rentrer dans l’enclos. Et il conduit la transhumance. Il est très proche de son berger, souvent très loyal ,et peut lui aussi donner sa vie pour que le troupeau ait la vie en abondance. On pourrait dire que le chien de berger c’est un peu tous ceux qui sont impliqués dans la vie et le fonctionnement de la bergerie au soutien et en collaboration avec le berger. Et il m’arrive parfois de dire qu’en tant que diacre je suis un peu comme le chien de berger de mon curé.

Alors qu’est-ce que cette métaphore entre la bergerie , le pasteur, les moutons , le chien de berger et l’église pourrait nous dire de la vie de l’Église aujourd’hui ?

L’été dernier alors que nous étions en vacances à Biot, j’avais décidé de monter en vélo à la Madone d’Utelle dans les gorges de la Vésubie. Magnifique randonnée au départ dans les gorges puis ensuite 15 km de montée pour un peu plus de 1000 m de dénivelé avec l’objectif d’arriver pour rencontrer Marie en cette madone perchée. Je vous passe la montée quand même un peu compliquée et me voilà arrivé dans les derniers lacets, dans les pins, oh chouette quelques moutons, la carte postale du bonheur cycliste… quand tout d’un coup deux énormes Patou ont déboulé sur la route en aboyant férocement. La côte étant un peu raide, je n’ai pu me lancer dans un sprint final pour échapper à ces féroces chiens de berger. Je descendais rapidement de mon vélo et utilisait celui-ci comme un rempart contre ces deux chiens protégeant mes cuisses et mollets. Heureusement ces chiens sont un peu idiots et aucun des deux n’a pensé à contourner le vélo pour s’attaquer à mon postérieur. Je criais pour appeler le berger. Rien. En tentant de garder mon calme je reculais prudemment et d’une façon acrobatique, qui me surprit moi-même ,je repris le chemin de la descente en piquant un sprint les deux Patou toujours à mes trousses bref. Quelle frayeur, quelle déception. Le chien de berger peut donc avoir un certain positionnement par rapport à la bergerie et au troupeau. Entre le Patou et le sympathique Border-collie il y a semble-t-il des différences. Le taux de morsure des randonneurs de montagne a été multiplié par deux entre 2019 et 2022 selon les statistiques. Le Patou est un chien de montagne des Pyrénées massifs, difficiles à éduquer, qui a été introduit de façon large pour protéger du loup. Il est peut être à tort reconnu comme idiot ne faisant pas la différence entre un loup, un ours, un homme. Il verrouille tout accès au troupeau. Le Border-collie, reconnu comme roi des chiens de berger a des caractéristiques bien différentes, au niveau des capacités d’apprentissage ,d’intelligence et d’action ordonnée pour mener les troupeaux.

Alors première question du jour frères et sœurs qu’elle type de chien de berger pouvons-nous voir dans nos paroisses ? Et quel type de chien de berger sommes-nous ? Patou ou Border-collie ? Et comme il était dit ces chiens de berger se regroupent autour d’un berger d’un pasteur, d’un prêtre. ? Et comme il est encore dit, nous tous et en particulier nos pasteurs doivent toujours passer par la porte et être en référence avec le Christ. Notre racine de vie.

qu’est-ce que cela peut nous dire du fonctionnement de nos paroisses françaises ? je force un peu le trait et m’en excuse par avance.

Nous avons pu observer par le passé dans certaine bergerie une certaine volonté d’ouverture et de simplification. Les portes et les fenêtres ont été grandes ouvertes pour faciliter les entrées et sorties des brebis. Les bergers ont voulu s’adapter à une évolution sociétale jusque pour certains à vouloir s’émanciper du passage par la porte. Certains sont même allés jusqu’à oublier ou dégonder cette porte. La référence au Christ s’est estompée. La présence réelle du Christ ressuscité n’était plus au centre du chemin et de la vérité. Les brebis ne reconnaissaient plus la voix de leur pasteur. Les chiens de berger ne savaient plus où donner de la tête et même les bon border colis se sont épuisées. Et de nombreuses bergeries se sont vidées, les enclos ont été délaissés et parfois même les loups ont pu entrer dans la bergerie. Je suis la porte des brebis nous dis le Christ. À chaque fois que nous nous éloignons de cette référence nous devenons un peu comme des faux berger et les brebis n’ont pas la vie en abondance.

Nous observons actuellement une autre tendance qui est plutôt une volonté de fermeture et de radicalisation. Les chiens de berger sont plus majoritairement des Patou qui semblent protéger le troupeau de l’attaque de loups potentiels. Les bergeries se transforment en forteresse. Une certaine radicalité se développe dans la façon de mener la bergerie et de vivre la liturgie. La porte de la bergerie, loin d’être grande ouverte, se ferme de plus en plus et est parfois revêtue d’un blindage comme si le Christ revêtait une cuirasse de métal avec un bouclier et pourquoi pas un sabre pour partir au combat contre les infidèles. Toutes les fenêtres sont transformées en meurtrière pour tirer éventuellement sur des ennemis désignés les étrangers et les migrants. Et nous pouvons voir certains bergers être en connivence ou se rapprocher de certains mouvements extrémistes politisés et violents. Les loups sont entrés dans la bergerie. À quel moment de l’Évangile Jésus propose une église forteresse avec une porte blindée pour protéger la bergerie ? La dérive actuelle de certains pasteurs, vers de faux berger selon la définition de Jésus doit nous poser question ! Se radicaliser dans le vocabulaire actuel veut dire, se fermer, se durcir devenir intransigeant. Pourtant l’étymologie de radicaliser vient du latin radicularis ; ce qui veut dire racine.. Donc se radicaliser devrait être : revenir à la racine profonde de notre vie qu’est le Christ. Je suis la porte des brebis.

Chers frères et sœurs la terre est remplie de l’amour du seigneur mais l’œuvre de transformation de l’humanité n’est pas terminée. Nous sommes appelés nous pasteur, brebis, chiens de berger à être toujours et encore les témoins de cet amour du père pour chacun d’entre nous. Nous sommes appelés à passer et repasser et encore repasser par la porte qu’est le Christ notre frère présent tous les jours à nos côtés. Comme nous le dit St pierre dans la première lecture : convertissez vous ! Laissons l’Esprit Saint nous faire grandir dans la foi et dans notre service en église pour que toutes et tous nous ayons la vie en abondance.

Oui seigneur tu es le chemin la vérité et la vie.

Oui seigneur tu es le chemin la vérité dans ma vie.

Amen

Loic Biot diacre 2026