Mot du curé
« Le chemin de la conversion »
Non, du fond du cœur, il faut pardonner toujours à tous pendant et après l’offense, avec ou sans repentir ; mais vous mettez ici cette restriction, mon Dieu, pour distinguer entre le pardon intérieur et le pardon extérieur. Le pardon intérieur, il faut le donner à tous toujours, pendant et après l’offense, avec ou sans repentir ; au fond du cœur, il ne doit y avoir jamais que pardon et amour pour celui qui nous fait du mal ; c’est un frère malade : plus il nous offense, plus il pèche, plus il est malade, plus il est digne de compassion, plus notre zèle pour sa guérison doit s’allumer. « Père, pardonnez-leur, ils ne savent ce qu’ils font. » Le pardon extérieur, il faut le retarder jusqu’à ce que le pécheur exprime son repentir, et cela nullement en vue de nous, nullement en vue de recevoir de lui une satisfaction (mille fois loin de nous ce sentiment !), mais uniquement en vue de lui, pour son propre bien, pour l’amener à la pénitence, pour le porter par cette juste rigueur à la conversion.
Saint Charles de Foucauld
L'Église