Mot du curé
« Justifiés par la foi, nous voici en paix avec
Dieu par Jésus Christ notre Seigneur (Rm 5,1) »
La communauté chrétienne de Rome était composée d’anciens Juifs et d’anciens païens; et Paul ne semble pas faire de différence entre eux. Tous sont devenus justes par la foi. Cette formulation de l’Apôtre semble bien assurée. Mais elle fut d’abord, au tout début de l’évangélisation, l’objet d’une violente polémique. Remémorons-nous le contexte: les tout premiers disciples de Jésus étaient tous juifs. Et c’était encore le cas au moment de l’Ascension et de la Pentecôte. Peu à peu, des non-Juifs demandèrent à recevoir le baptême. C’est à Antioche de Pisidie que Paul accéda à cette demande (cf. Ac 13). Mais cette ouverture ne fut pas du goût de tout le monde. Certains baptisés d’origine juive rappelaient que Dieu avait choisi le peuple juif pour se révéler à l’humanité. Au nom de la fidélité à l’Alliance, on devait donc, à leur avis, imposer aux baptisés d’origine païenne toutes les pratiques de la loi juive (particulièrement la circoncision et les règles alimentaires). De quel droit Paul s’autorisait-il à affranchir les nouveaux baptisés de la Loi? À quoi Paul répondait que cette exigence revenait à dire que Dieu ne pouvait sauver que des juifs. Tout le reste de l’humanité était-il donc irrémédiablement privé du salut apporté par Jésus Christ?
Comme toujours, en monde juif, on chercha la réponse dans l’Écriture. C’est là que Paul se référa à Abraham. On lit au livre de la Genèse: Abraham eut foi dans le Seigneur, et pour cela le Seigneur le considéra comme juste (Gn 15,6). Or, à ce moment-là, Abraham n’était pas encore circoncis, puisque la circoncision d’Abraham n’est prescrite qu’au chapitre 17 de la Genèse. Pour Paul, la cause était donc entendue.
Marie-Noëlle Thabut pour Magnificat
L'Église