Doctorats en théologie
Publié le 27/06/2025
Deux prêtres du diocèse, les abbés Michaël Gaborieau et Patrice Chocholski, ont soutenu avec succès leurs thèses de doctorat en théologie au cours des derniers mois.
Doctorats en théologie
Deux prêtres du diocèse, les abbés Michaël Gaborieau et Patrice Chocholski, ont soutenu avec succès leurs thèses de doctorat en théologie au cours des derniers mois.
- M. l’abbé Michaël Gaborieau, curé du groupement paroissial de Châtillon-sur-Chalaronne depuis le 1er septembre 2021, a soutenu sa thèse le 17 février 2025 à l’Université Miséricorde de Fribourg, sous la direction du Professeur Philippe Lefebvre et sous le titre suivant : « La maison de la Sagesse et la maison de la femme étrangère en Pr 1 à 9 ».
En attendant la publication de sa thèse, vous pouvez consulter un résumé ici : « En Proverbes 1 à 9, la Sagesse prend la parole et elle s’adresse à un jeune homme, un naïf pour faire son éducation. Pour grandir dans la sagesse et l’intelligence, le fils doit apprendre à aimer les paroles de la sagesse plus que les perles précieuses, il est aussi essentiel qu’il apprenne à débusquer les ruses de ce personnage que le livre appelle « la femme étrangère ». Cette figure construite dans ses chapitres est présentée comme la principale rivale de la Sagesse et il est donc capital pour le fils de la connaître pour ne pas se laisser séduire par elle. Car ses dehors sont trompeurs : elle est présentée avec les parures de l’épouse du Cantique des Cantiques, elle reprend parfois les mêmes mots que la Sagesse elle-même. La Sagesse construit sa maison en Pr 9 et elle invite à sa table ; mais la femme étrangère appelle aussi à sa maison ; elle prétend offrir un « pain mystérieux » et des « eaux douces ». Ma thèse s’intitule : « La maison de la Sagesse et la maison de la femme étrangère en Pr 1 à 9 ». Je montre la cohérence de ces chapitres construits en forme de collier puis je présente une interprétation de cette figure de la femme étrangère à la lumière des différents textes de l’Ancien Testament ; je propose enfin de considérer deux grandes « maisons » de la Sagesse : la création et la révélation ».

- M. l’abbé Patrice Chocholski, directeur de l’Institut catholique de la Méditerranée depuis le 1er septembre 2020, a soutenu sa thèse le 26 mai 2025 à l’Université Catholique de Lyon, sous la direction du Professeur Michel Younes et sous le titre suivant : « Le Verbe en alternativité de Justice et de Miséricorde : un dialogue entre les philosophes Ebner, Buber et le théologien Balthasar. Pour une théologie chrétienne des religions à partir de la relation actuelle entre Dieu et le peuple juif. »
En attendant la publication de sa thèse, vous pouvez consulter un résumé ici :
Le Verbe en alternativité de justice et miséricorde Un dialogue entre Balthasar, Buber et Ebner Pour une théologie des religions à partir de la relation actuelle entre Dieu et le peuple juif
- Qu’est-ce que la théologie du Verbe (Logos) ? Pourquoi faut-il la renouveler ?
🌿Définition classique
La théologie du Logos (ou du Verbe) est une approche chrétienne traditionnelle qui identifie Jésus-Christ comme le Verbe de Dieu fait chair (Jean 1,1-14). Ce concept vient à la fois de la révélation biblique et de la philosophie grecque. Dans cette perspective classique, le Logos est souvent compris comme une raison divine universelle ou un principe cosmique de cohérence.
👉Exemple simplifié : Jésus est le Verbe éternel de Dieu, celui par qui tout a été créé, qui devient homme pour révéler Dieu au monde.
❗ Limite de cette vision Cette théologie a parfois réduit le Verbe à un principe abstrait, en négligeant sa dimension relationnelle. On a oublié que le Verbe parle, appelle, rencontre, fait advenir - en aimant - dans l’histoire concrète des hommes et des femmes.
- Qu’apporte une approche relationnelle du Verbe ? Et pourquoi parle-t-elle au peuple juif ? 🔄Renouvellement par la relation Une théologie relationnelle du Verbe considère le Logos non comme une idée fixe, mais comme une Parole vivante et adressée, une relation dialogique entre Dieu et l’humain. Elle s’inspire de penseurs comme Martin Buber ou Ferdinand Ebner, qui disent : « Au commencement est la relation (ou Verbe relationnel) ». 👉Exemple : Le Verbe, c’est Dieu qui dit « Tu » à l’homme, et qui attend une réponse. Il ne s’impose pas, mais entre en dialogue. Le Je advient en consentant à la rencontre avec le Tu.
🇮 Une parole qui parle au peuple juif
Le peuple juif vit une relation historique et actuelle avec Dieu, marquée par des promesses, des reproches, des jugements, mais aussi par une fidélité irrévocable de Dieu. C’est une relation vivante, souvent blessée, mais toujours recommencée par la miséricorde (ou amour de la créature rebelle). 👉Exemple : Le tunnel entre la cathédrale et la mosquée à Jakarta symbolise cette réconciliation possible dans la fidélité et la miséricorde. Le peuple juif vit déjà cette logique du « oui/non » face au Verbe. 🧩 Dépasser substitution et subsomption • Théorie de la substitution : L’Église aurait remplacé Israël dans la relation avec Dieu. • Théorie de la subsomption : Israël serait absorbé dans l’humanité sauvée en Christ, et donc annulé. 🔄Ma recherche dépasse ces deux théories : Elle réarticule la relation Jésus-Christ/humanité dans la relation première Dieu/peuple juif, sans l’écraser. 👉Exemple : Jésus est fils d’Israël. Il n’abolit pas l’Alliance, il l’habite, l’ouvre, la propose aux Nations.
- Que peut apporter cette théologie relationnelle à la théologie des religions ?
🌍Une théologie en dialogue
L’approche relationnelle du Logos propose une nouvelle heuristique (manière de penser et de trouver par une regard nouveau), qui prend au sérieux la pluralité religieuse sans relativiser la foi chrétienne. Elle ouvre à une théologie des religions non hiérarchique, non absorbante, mais hospitalière. Elle propose une manière de penser où et comment chaque tradition peut exprimer sa manière propre de vivre justice et miséricorde. 👉Exemple : Dans l’islam, la miséricorde est un nom de Dieu (rahman rahim). Dans le judaïsme, les middot (manières divines de se comporter) sont des expressions concrètes de l’alliance. 💡 L’analogia misericordiae : un outil clé
Je propose une méthode originale : l’analogie de la miséricorde, qui permet de reconnaître, dans chaque tradition, des formes d’alternativité (justice/miséricorde) qui font écho à l’Évangile et qui, par discernement de dissemblance et à ressemblance à la Miséricorde transcendante, engagent dans un processus d’unification du Nom et des personnes.
👉Exemple : Dans le christianisme, la croix (et résurrection) n’est pas seulement une souffrance : c’est l’acte extrême de miséricorde qui révèle la justice de Dieu, et fait advenir. Cela rejoint des intuitions relationnelles profondes d’autres religions (hindouisme, par exemple).
- ✅En résumé
• Le Logos n’est pas une idée abstraite, mais une Parole qui crée une relation vivante.
• La relation Dieu – peuple juif est le lieu théologique du Verbe.
• Cette Parole s’enracine d’abord dans la relation Dieu – peuple juif, et Jésus accomplit cette relation. Il ne l’annule pas.
• La relation, les critères de justice et de miséricorde sont des ponts universels vers les autres traditions.
• La thèse propose donc une théologie chrétienne renouvelée, humble, incarnée, et féconde pour le dialogue interreligieux.

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