Méditation de la semaine — Diocèse de Belley-Ars

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Méditation de la semaine

 

             

                                                    Un banquet pour tous !

 

Dans la parabole de ce dimanche, Jésus trace le projet que Dieu a conçu pour l’humanité. Le roi qui « fit un festin de noces pour son fils » (v.2) est l’image du Père qui a prévu pour toute la famille humaine une merveilleuse fête d’amour et de communion autour de son Fils unique. A deux reprises, le roi envoie ses serviteurs appeler les invités, mais ceux-ci refusent, ils ne veulent pas aller à la fête car ils ont d’autres choses auxquelles penser. (…) Mais le roi de la parabole ne veut pas que la salle reste vide, car il souhaite donner les trésors de son royaume. Alors, il dit aux serviteurs : « Allez maintenant aux carrefours et tous ceux que vous trouverez, appelez-les » (v. 9). C’est ainsi que Dieu se comporte : quand on lui oppose un refus, au lieu d’abandonner, il relance et il invite à appeler tous ceux qui sont aux carrefours des routes, sans exclure personne. Personne n’est exclu de la maison de Dieu.

Le terme original utilisé par l’évangéliste Matthieu fait référence aux limites des routes, c’est-à-dire aux points où les rues de la ville se terminent et où commencent les chemins menant à la campagne, en dehors de la ville, où la vie est précaire. C’est à cette humanité des carrefours que le roi de la parabole envoie ses serviteurs, dans la certitude de trouver des gens prêts à s’asseoir à table. (…) Le maître, le roi, dit même aux messagers : « Appelez tout le monde, bons et méchants. Tous ! » Dieu appelle aussi les méchants. « Non, je suis méchant, j’en ai fait tellement… » Il t’appelle : « Viens, viens, viens ! » (…) Il s’agit de ne pas se contenter des voies confortables et habituelles de l’évangélisation et du témoignage de charité, mais d’ouvrir les portes de nos cœurs et de nos communautés à tous, car l’Evangile n’est pas réservé à quelques élus. Il prépare son banquet pour tous. (…)

Toutefois, le Seigneur pose une condition : porter l’habit de noces. Et nous revenons à la parabole. Quand la salle est pleine, le roi arrive et salue les invités de la dernière heure, mais il voit l’un d’eux sans l’habit de noces, une sorte de cape que chaque invité a reçu en cadeau à l’entrée. (…) Cet homme, ayant refusé le don gratuit, s’est exclu tout seul : le roi ne peut donc rien faire d’autre que le mettre dehors. Cet homme a accepté l’invitation, mais il a ensuite décidé qu’elle ne signifiait rien pour lui. (…) L’habit de noces — cette cape — symbolise la miséricorde que Dieu nous donne gratuitement, c’est-à-dire la grâce. Sans la grâce, on ne peut pas faire un pas en avant dans la vie chrétienne. Tout est grâce. Il ne suffit pas d’accepter l’invitation à suivre le Seigneur, il faut être disponible pour un chemin de conversion, qui change le cœur. L’habit de la miséricorde, que Dieu nous offre sans cesse, est un don gratuit de son amour, c’est précisément la grâce. Et il demande d’être accueilli avec étonnement et joie.

 

                                                                                            François, Angélus du 11.10.2020