Paroisse Pont-de-Veyle

« Donne-moi à boire. »

 

Ayant la grâce d’accompagner notre jeune adulte, Sarah, qui sera baptisée au cours de la Nuit de Pâques, nous méditons l’Evangile de la Samaritaine en ce 3ème dimanche de Carême. Cette belle page nous montre ce dialogue entre Jésus et la femme de Samarie à l’heure de midi sur la margelle d’un puits. Magnifique récit évangélique qui nous indique comment Jésus veut nous faire progresser sur le chemin du Salut. A partir d’une simple demande « donne-moi à boire », Jésus amène cette femme à faire la vérité sur sa vie « je n’ai pas de mari » et Il la conduit jusqu’au coeur du Père « Seigneur, donne-la moi cette eau ! ». Puis, de pécheresse, cette femme devient missionnaire : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie ? ». « Donne-moi à boire ». Cette demande n’est-elle pas la nôtre en ce temps du Carême ? Quand on marche dans le désert on éprouve la soif. Mais quand on vit sans Dieu, éprouve-t-on le manque ? M’est avis que, plus que jamais, les hommes et les femmes de notre temps ont soif de Dieu. J’aime à me redire cette parole, prophétique, du Saint Curé d’Ars : « Viendra un temps où les hommes seront si fatigués des hommes qu’on ne pourra plus leur parler de Dieu sans qu’ils se mettent à pleurer ». Jésus nous promet de « répandre sur nous son Esprit ». Il nous montre la voie qu’il faut emprunter pour jouir de la Vie Eternelle.

 

Il nous révèle dans notre marche vers Pâques, que notre bonheur ne peut se trouver qu’en Dieu et en Dieu seul. Comme la Samaritaine, Jésus nous convie à faire examen de conscience sur notre vie. Comme la Samaritaine, Jésus souhaite une conversion à 180 degrés afin que nous retrouvions en Lui notre dignité de Fils de Dieu dont le péché nous écarte sans cesse. « En demandant à la Samaritaine de lui donner à boire, Jésus faisait à cette femme le don de la Foi. Il avait un si grand désir d’éveiller la Foi dans son coeur, qu’il fit naître en elle l’amour même de Dieu » (Préface du 3ème dimanche de Carême). En tout homme il existe cette soif de l’infini. « Tu nous as fait pour Toi, Seigneur, et notre coeur est inquiet tant qu’il ne repose pas en Toi » disait St Augustin. Le temps du Carême nous offre cette possibilité de redonner du sens à notre vie. Nous sommes comme la Samaritaine et nous crions vers Jésus : « Seigneur, donne-la moi cette eau ». Nous croyons au plus profond de nos coeurs que Jésus est notre Sauveur. Nous entendons le Christ dire à l’oreille de nos âmes « si tu savais le don de Dieu ! ». Toute la montée vers Pâques est un entraînement à une vie nouvelle. A travers les sacrifices, les pénitences, les efforts de prière et de partage nous voulons permettre à Dieu de prendre toute sa place dans notre quotidien. Nous ressentons bien ce vide sidéral que nous essayons de combler comme nous le pouvons mais qui ne nous rend pas heureux. Le Carême nous permet de mettre de l’ordre dans notre vie, comme Jésus a mis de l’ordre dans celle de la Samaritaine. Ce temps de grâce nous offre la possibilité de remettre le curseur de nos vies à la bonne place.

Puissions-nous regarder, par exemple, paisiblement la qualité de nos relations. L’Evangile de la Samaritaine nous montre Jésus qui prend le temps de la rencontre. Il prend le temps de s’asseoir et il échange longuement sur la vie de la Samaritaine. Qu’en est-il pour nous dans nos relations les uns avec les autres ? Un Africain disait un jour à un Européen : « Vous avez de belles montres chez vous ! Nous, nous avons le temps ! ». Parmi les axes du Carême il y a celui du partage et de la charité. Quel temps accordons-nous gratuitement à ceux que nous rencontrons ? Quelles sont les petites attentions que nous pouvons donner au quotidien sans attendre de retour ? Comment manifestons-nous la délicatesse de Jésus ? Quelle gratitude apportons-nous à ceux qui nous témoignent de leur amitié, de leur affection ? Pensons-nous à remercier en retour ? Sommes-nous attentifs à répondre aux messages que nous recevons de différentes manières ? Une relation se construit à deux, elle nécessite de la réciprocité, elle engage un dialogue et une attention mutuelle. Comment se dire disciple de Jésus, témoin du Christ, si nous vivons dans la disposition de celui à qui tout est dû ?

A Marie qui défait les noeuds en ce temps du Carême, confions le noeud du manque de gratuité dans nos rapports humains. Ainsi nous refléterons le visage de Jésus. Bon et Saint Carême à tous !

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +