« QUE DEVONS-NOUS FAIRE ? »

 

La prédication de Jean Baptiste, rapportée dans l’évangile du dimanche dernier, a produit une onde de choc au sein du peuple. De grandes foules composées essentiellement de publicains, de soldats et bien d’autres personnes de mauvaise renommée, viennent se faire baptiser en signe de conversion. « Que devons-nous faire ? », demandent-ils ensuite au Baptiste. La requête ainsi formulée témoigne assurément de leur désir d’aller plus loin que le simple rituel de purification. Ils éprouvent le besoin de changer radicalement leur vie, conscients du mal qui les éloignait du Seigneur. A chacune des catégories de personnes venues se faire baptiser, Jean propose alors un chemin de conversion balisé par le respect de l’autre, l’attention aux plus faibles et l’honnêteté  dans l’accomplissement des tâches temporelles.

 

« Que devons-nous faire » ? Question d’autant plus cruciale qu’elle mérite de retenir notre attention. Elle nous ramène en fait à l’essentiel de la vie chrétienne. Jésus dira : «C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez [les vrais disciples]. Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mt7, 20-21). La foi vient de ce que l’on entend dit saint Paul ; ce que l’on entend c’est la Parole de Dieu ; et la Parole de Dieu doit porter du fruit dans notre vie si nous voulons faire partie des héritiers du Royaume.

 

Ecoutons saint Jacques : «Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt quel il était. Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité » (Jc 1, 23-25). Que devons-nous faire ? C’est à nous aujourd’hui de nous interroger sur le sens de notre présence au monde. Les sacrements reçus et en particulier le baptême ne sont pas de simples formalités visant à nous attribuer un quelconque statut social, mais des engagements pris en présence de l’Eglise pour vivre dans le monde en enfants de Dieu.

 

Que devons-faire ? Le temps de l’Avent nous est donné pour méditer à nouveau sur l’impact de la Parole de Dieu dans notre vie. Notre foi n’est vivante que dans la mesure où elle se traduit par la pratique des œuvres imprégnées de l’évangile. Le mensonge, la malveillance, la malhonnêteté, la corruption …sont autant d’ anti-valeurs qui infestent notre témoignage à la face du monde. Alors, allons au devant de celui qui vient  en rejetantles activités qui ternissent notre identité chrétienne.

Père Davy