Bienheureux !

La liturgie d’aujourd’hui parle entièrement de sainteté. Cependant, pour savoir quelle est la voie de la sainteté, nous devons monter avec les Apôtres sur le Mont des Béatitudes, nous approcher de Jésus et nous mettre à l’écoute des paroles de vie qui sortent de sa bouche. Aujourd’hui aussi, il répète pour nous : Bienheureux ceux qui ont une âme de pauvres, car le Royaume des cieux est à eux ! Le divin Maître proclame « bienheureux » et, nous pourrions dire, « canonise » tout d’abord ceux qui ont une âme de pauvres, c’est-à-dire ceux qui ont le cœur libre de tout préjugé et conditionnement, et qui sont donc totalement ouverts à la volonté divine. L’adhésion totale et confiante à Dieu suppose le dépouillement et  un  détachement cohérent de soi-même.

 

Bienheureux les affligés ! C’est non seulement la béatitude de ceux qui souffrent pour les nombreuses difficultés liées à la condition humaine mortelle, mais également de ceux qui acceptent avec courage les souffrances dérivant de la profession sincère de la morale évangélique. Bienheureux les cœurs purs ! Ceux qui sont proclamés bienheureux sont ceux qui ne se contentent pas de pureté extérieure ou rituelle, mais qui recherchent la rectitude intérieure absolue qui exclut tout mensonge ou duplicité.

 

Bienheureux les affamés et assoiffés de la justice ! La justice humaine est déjà un but très élevé, qui ennoblit l’âme de celui qui le poursuit, mais la pensée de Jésus va vers une justice plus grande encore qui se trouve dans la recherche de la volonté salvifique de Dieu: c’est surtout celui qui a faim et soif de cette justice qui est bienheureux. En effet, Jésus dit : »C’est en faisant la volonté de mon Père qu’on entrera dans le Royaume des cieux » (cf. Mt 7, 21).

 

Saint Jean Paul II