Paroisse Pont-de-Vaux

« MOI, JE SUIS LE PAIN VIVANT, QUI EST DESCENDU DU CIEL »

 Dix-Neuvième Dimanche du Temps Ordinaire  

St Jean 6, 24—35

Elie, le prophète, sous le coup d’une condamnation à mort, doit fuir la reine Jézabel. Il souhaite mourir en s’endormant pour éviter une exécution violente. Avec une grande délicatesse, l’ange de Dieu réconforte cet homme profondément découragé. A deux reprises, il touche Elie et lui dit : « Lève-toi et mange ! » Il lui offre des galettes cuites sur la braise et une cruche d’eau. C’est le pain de la route. « Fortifié par cette nourriture, Elie marcha jusqu’à la montagne de l’Horeb ».

 

C’est avec la même délicatesse que Dieu nous offre aujourd’hui le pain de la route, pour la traversée de notre existence terrestre marquée par bien des déserts. Il nous oriente non plus vers un pain cuit sous la cendre, mais vers Quelqu’un : son propre Fils. Jésus est le pain descendu du ciel, le vrai pain de vie, donné par le Père. Il l’est même de trois manières :

 

  1. Il est la Parole du Père, le Verbe de Dieu, la pleine expression de la pensée divine. Que de fois, dans le Premier Testament, la Parole ou la Sagesse de Dieu ne sont-elles pas décrites sous l’image du pain, de la nourriture. « Voici venir des jours où j’enverrai la faim dans le pays, non pas une faim de pain, non pas une soif d’eau, mais d’entendre la Parole de Dieu » (Amos 8, 11 13). La Sagesse invite de son côté à son banquet : « Venez, mangez mon pain, et buvez du vin que j’ai mêlé. Abandonnez la niaiserie, et vous vivrez, et marchez dans la voie de l’intelligence » (Proverbes 9, 5 6).
  2. Pain de vie, le Fils l’est aussi parce qu’il s’est fait l’un de nous par l’Incarnation, remplissant l’homme et l’histoire de sa plénitude divine. « Il s’est fait chair et il est venu demeurer parmi nous » (Jean 1, 14).
  3. Pain de vie, il l’est enfin parce qu’il a donné sa vie pour nous. « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie » (6, 5 1).
  4. « Mais pour qui se prend-il donc ? », se sont demandés les adversaires de Jésus. Quelle prétention impie que de comparer son enseignement, sa présence et sa personne au don de la manne, le pain jadis descendu du ciel pour nourrir les Hébreux au désert !

 

Les affirmations de Jésus sont tellement énormes, qu’il faut l’accueil de la grâce divine pour entrer dans leur profondeur. Le lieu privilégié pour en vivre, c’est l’eucharistie, c’est la messe. Que venons-nous y chercher ? De la musique grégorienne ou de la musique moderne avec guitare et batterie ? Le refuge de positions sécurisantes conservatrices, ou l’exaltation d’options dans le vent ? Ces ambiances peuvent avoir leur utilité, mais là n’est pas l’essentiel.

 

Jésus, lui, nous dit que c’est Dieu que nous devons chercher. Le don de Dieu, invisible en soi, s’est rendu visible en Jésus Christ. L’amour de Dieu s’est montré en Jésus crucifié dans sa chair et dans son sang répandu. Le Verbe de Dieu ne nous a pas parlé par des mots, mais par des actes : le don total de son corps livré et de son sang versé. Accueillons cet amour offert pour nous en nourrir. Faisons en notre substance même, notre pain de vie éternelle.