Match de Foot à la prison de Villefranche

Presque chaque année les séminaristes d’Ars se rendent à la prison de Villefranche pour un match de foot avec les prisonniers. C’est une belle expérience, très enrichissante.

 

 

La rencontre se déroule habituellement le mercredi après midi. Le rendez vous est donné pour 14 h à la prison. Cette année il nous a été demandé d’arriver en tenue de sport, pour ne pas avoir à nous changer. Question sûrement de gagner un peu de temps et peut être de sécurité. Comme d’habitude nous franchissons deux contrôles, nos sacs passent comme à l’aéroport sous un scanner, puis on nous réclame nos cartes d’identité. Il y a un côté impressionnant, l’ouverture et les fermetures des portes effectuées par un gardien à distance, les barbelés, on est en prison quoi !

 

Le temps de déposer quelques affaires personnelles dans un bureau, puis nous nous retrouvons sur le terrain de foot. Au dessus du terrain des fils sont tendus pour empêcher toute venue impromptue d’un éventuel hélicoptère. Deux équipes de 11 personnes vont s’affronter pendant deux mi-temps de 35 mn. Avant de nous rencontrer nos adversaires font un tournoi entre eux. Ce sont les finalistes qui nous rencontrent. Ils n’ont pas l’habitude de jouer sur un grand terrain. Ils jouent souvent, mais en salle, ceci leur vaut d’avoir une bonne technique et cela s’est ressenti très vite au début du match. Au début ils ont bien dominé la partie et ont même été « gentils » : ils auraient pu mettre plus de buts qu’ils ne l’ont fait. A un moment donné le score était de 4-1 pour eux. Le temps a joué en notre faveur. Il est vrai qu’à Ars nous jouons toujours sur un grand terrain, au niveau résistance, cela s’est ressenti et nous sommes parvenus à remonter le score. Au final ils ont remporté la victoire par 6 buts à 5 ! Je pense que beaucoup d’entre nous ont été frappés par le fair-play des joueurs !

 

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Après la rencontre, nous nous sommes retrouvés autour d’un pot d’amitié. Une belle table avait été dressée avec jus de fruits, gâteaux salés, sucrés. Ceci a permis quelques échanges. Parmi nos adversaires, l’un d’entre eux a écopé de 32 ans de prison. Il en a déjà fait 7. Il doit en faire 10 en France et 22 dans un autre pays. « Mon Père, je suis content de parler avec vous. », m’a dit l’un d’entre eux.

 

Ces rencontres sont importantes pour les prisonniers, cela leur permet d’avoir une ouverture sur l’extérieur. Vers 17h, le directeur de la prison est venu remercier l’ensemble des participants, et a exprimé sa joie que de telles rencontres puissent avoir lieu. Il est très favorable à ce que cela continue à l’avenir.

 

Une telle rencontre est à la fois source de joie, joie d’avoir « visité le prisonnier » avec en même temps la conscience que cette petite visite n’est pas grand-chose devant cet océan de souffrance dans lequel sont souvent immergés ces personnes. Cette prise de conscience nous incite à prier pour eux, à prier celui qui s’est fait le prisonnier de notre amour.

 

Père David Declerck