Que chaque chrétien sache se dépouiller pour aller à la rencontre de celui qui est pauvre !

Le 17 octobre est la Journée mondiale de refus de la misère. L’occasion de relire ce que le Pape François a écrit sur la pauvreté et le dépouillement…

A Assise, le 4 octobre 2013

Chers frères et soeurs,

(…) François se dépouilla de tout, devant son père ; devant l’évêque, et les habitants d’Assise. Ce fut un geste prophétique, et ce fut également un acte de prière, un acte d’amour et d’abandon au Père qui est dans les cieux.

A travers ce geste, François fit un choix : le choix d’être pauvre. Ce n’est pas un choix sociologique, idéologique, c’est le choix d’être comme Jésus, de l’imiter, de le suivre jusqu’au bout. Jésus est Dieu qui se dépouille de sa gloire. Nous le lisons chez saint Paul : le Christ Jésus, qui était Dieu, se dépouilla, s’anéantit, et devint semblable à nous, et dans cet abaissement, il arriva jusqu’à la mort sur la croix (cf. Ph 2, 6-8). Jésus est Dieu, mais il est né nu, il a été placé dans une crèche, et il est mort nu et crucifié.

François s’est dépouillé de toute chose, de sa vie mondaine, de lui-même, pour suivre son Seigneur Jésus, pour être comme Lui. L’évêque Guy comprit alors ce geste et se leva immédiatement, embrassa François et le couvrit de son manteau, et fut toujours son aide et son protecteur (cf. Vita prima, sf, 344).

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Le dépouillement de François nous dit simplement ce qu’enseigne l’Evangile : suivre Jésus signifie le mettre à la première place, nous dépouiller des nombreuses choses que nous avons et qui étouffent notre soeur, renoncer à nous-mêmes, prendre la croix et la porter avec Jésus. Nous dépouiller du moi orgueilleux et nous détacher de l’avidité de l’avoir, de l’argent, qui est une idole qui possède.

Nous sommes tous appelés à être pauvres, à nous dépouiller de nous- mêmes ; et pour cela, nous devons apprendre à être avec les pauvres, partager avec ceux qui sont privés du nécessaire, toucher la chair du Christ ! Le chrétien n’est pas quelqu’un qui se remplit la bouche avec les pauvres, non ! C’est quelqu’un qui les rencontre, qui les regarde dans les yeux, qui les touche. Je suis ici non pas pour « faire la une », mais pour indiquer que cette voie est la voie chrétienne, celle qu’a parcourue saint François. Saint Bonaventure, en parlant du dépouillement de saint François, écrit : « Ainsi le serviteur du Roi suprême demeura dépouillé de tout afin de marcher à la suite de celui qu’il aimait, à la suite de son Seigneur attaché nu à la croix » (sf, 1043).

Mais je voudrais, comme Pasteur, me demander également : de quoi l’Église doit-elle se dépouiller ?

Se dépouiller de toute mondanité spirituelle, qui est une tentation pour tous ; se dépouiller de toute action qui n’est pas pour Dieu, qui n’est pas de Dieu ; de la peur d’ouvrir les portes et d’aller à la rencontre de tous, en particulier des plus pauvres, des personnes dans le besoin, éloignées, sans attendre ; certainement pas pour se perdre dans le naufrage du monde, mais pour apporter avec courage la lumière du Christ, la lumière de l’Evangile, même dans l’obscurité, là où on ne voit pas, où il peut arriver de trébucher ; se dépouiller de la tranquillité apparente que donnent les structures, certainement nécessaires et importantes, mais qui ne doivent jamais obscurcir l’unique force véritable qu’elle porte en elle : celle de Dieu. C’est Lui notre force ! Se dépouiller de cela est essentiel, car la référence est le Christ ; l’Église est celle du Christ ! De nombreux pas, en particulier au cours de ces décennies, ont été accomplis. Continuons sur cette voie qui est celle du Christ, celle des saints.

Pour tous, pour notre société également qui donne des signes de fatigue, si nous voulons nous sauver du naufrage, il est nécessaire de suivre la voie de la pauvreté, qui n’est pas la misère ? celle-ci est à combattre ? mais savoir partager, être plus solidaire de ceux qui sont dans le besoin, se fier davantage à Dieu et moins de nos forces humaines. Mgr Sorrentino a rappelé l’oeuvre de solidarité de l’évêque Nicolini, qui a aidé des centaines de juifs en les cachant dans les couvents, et le centre de triage secret se trouvait précisément ici, à l’évêché. Cela aussi est un dépouillement, qui part toujours de l’amour, de la miséricorde de Dieu !

Dans ce lieu qui nous interpelle, je voudrais prier afin que chaque chrétien, l’Église, chaque homme et femme de bonne volonté, sache se dépouiller de ce qui n’est pas essentiel pour aller à la rencontre de celui qui est pauvre et demande à être aimé. Merci à tous !

François

Renseignez-vous sur la Journée mondiale du refus de la misère, avec Emmaüs et ATD Quart-Monde.