Le Pape François célèbre la messe à Bethléem

Dans le cadre de son pèlerinage en Terre Sainte (24-26 mai 2014), le Pape François a célébré la messe place de la Mangeoire à Bethléem, en Palestine, dimanche 25 mai 2014. Dans son homélie, il a demandé de protéger les enfants, signe d’espérance. Il a ensuite invité le Président Abbas et le Président Peres à venir prier pour la paix au Vatican.

Vers la place de la Mangeoire convergent la rue des Bergers (qui conduit au village palestinien de Beit Sahur, lieu d’apparition de l’Ange), la rue de la Grotte du Lait (sanctuaire dans une grotte de tuf blanc où Marie aurait allaité l’Enfant Jésus), et la rue Paul VI (en souvenir de la visite du Pape Montini le 6 janvier 1964).

Le Président palestinien Mahmoud Abbas et des groupes de fidèles de Gaza et de Galilée (Etat d’Israël), ainsi que de nombreux travailleurs provenant d’Asie ont assisté à la messe. Durant le parcours entre le palais présidentiel et l’esplanade de la Mangeoire, le Pape François est descendu de son véhicule pour prier un instant au pied du mur de séparation d’Israël. Avant de remonter, il s’est appuyé au mur : « Quelle grande grâce de célébrer l’Eucharistie en ce lieu où est né Jésus !, a dit le Pape. « Je remercie Dieu et je remercie qui m’a accueilli au cours de ce pèlerinage, le Président Mahmoud Abbas et les autorités palestiniennes, le Patriarche latin de Jésusalem et tous les autres évêques de Terre Sainte, les prêtres, les personnes consacrées et tous ceux qui oeuvrent pour tenir vive la foi, l’espérance et la charité en ces territoires. Je remercie aussi les représentations de fidèles provenant de Gaza, de la Galilée, les migrants d’Asie et d’Afrique ».

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Les enfants sont un signe

« L’Enfant Jésus, né à Bethléem, est le signe donné par Dieu à qui attendait le salut, et il reste pour toujours le signe de la tendresse de Dieu et de sa présence dans le monde. Voici le signe qui vous est donné: vous trouverez un enfant? Aujourd’hui également les enfants sont un signe. Signe d’espérance, signe de vie, mais aussi signe diagnostic pour comprendre l’état de santé d’une famille, d’une société, du monde entier. Quand les enfants sont accueillis, aimés, défendus, protégés dans leurs droits, la famille est saine, la société est meilleure, le monde est plus humain. Pensons à l’oeuvre que réalise l’Institut Effetà Paolo VI en faveur des enfants palestiniens sourds-muets: c’est un signe concret de la bonté de Dieu. Dieu nous répète à nous aussi, hommes et femmes du XXIème siècle: Voici le signe qui vous est donné, cherchez l’enfant. L’enfant de Bethléem est fragile, comme tous les nouveau-nés. Il ne sait pas parler, et pourtant il est la Parole qui s’est faite chair, venue changer le coeur et la vie des hommes. Cet enfant, comme tout enfant, est faible et a besoin d’être aidé et protégé. Aujourd’hui également les enfants ont besoin d’être accueillis et défendus, depuis le sein maternel… Malheureusement, dans notre monde qui a développé les technologies les plus sophistiquées, il y a encore de nombreux enfants dans des conditions inhumaines, qui vivent en marge de la société, dans les périphéries des grandes villes ou dans les zones rurales. De nombreux enfants aujourd’hui encore sont exploités, maltraités, tenus en esclavage, objets de violence et de trafics illicites. De nombreux enfants sont aujourd’hui déracinés, réfugiés, parfois noyés dans les mers, spécialement dans les eaux de la Méditerranée. De tout cela nous avons honte aujourd’hui devant Dieu, ce Dieu qui s’est fait Enfant. Et nous nous demandons ce que nous sommes devant l’Enfant Jésus? Qui sommes-nous devant les enfants d’aujourd’hui ? Sommes-nous comme Marie et Joseph, qui accueillent Jésus et en prennent soin avec amour maternel et paternel? Ou bien sommes-nous comme Hérode, qui veut l’éliminer ? Sommes-nous comme les bergers, qui vont en toute hâte, s’agenouillent pour l’adorer et offrent leurs humbles présents? Ou sommes-nous indifférents? Sommes-nous peut-être des rhéteurs et des piétistes, des personnes qui exploitent les images des enfants pauvres à des fins lucratives? Sommes-nous capables de nous tenir à côté d’eux, de perdre du temps avec eux ? Savons-nous les écouter, les défendre, prier pour eux et avec eux ? Ou bien les négligeons-nous, pour nous occuper de nos intérêts ? « 

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Vers des relations de fraternité, de pardon et de réconciliation

« Voici le signe qui vous est donné: Vous trouverez un enfant… Peut-être cet enfant pleure-t-il! Il pleure parce qu’il a faim, parce qu’il a froid, parce qu’il veut rester dans les bras? Aujourd’hui également, les enfants pleurent, ils pleurent beaucoup, et leurs pleurs nous interpellent. Dans un monde qui met au rebut chaque jour des tonnes de nourriture et de médicaments, il y a des enfants qui pleurent, en vain, de faim et de maladies facilement curables. En un temps qui proclame la sauvegarde des mineurs, se commercialisent les armes qui finissent dans les mains d’enfants-soldats; se commercialisent des produits confectionnés par de petits travailleurs-esclaves. Si leurs pleurs sont étouffés, ils doivent combattre, ils doivent travailler, ils ne peuvent pas pleurer! Mais leurs mères, Rachel d’aujourd’hui, pleurent pour eux…et ne veulent pas être consolées… Voici le signe qui vous est donné. L’Enfant Jésus né à Bethléem, chaque enfant qui naît et qui grandit en chaque partie du monde, est un signe diagnostic, qui nous permet de vérifier l’état de santé de notre famille, de notre communauté, de notre nation. De ce diagnostic franc et honnête, peut jaillir un nouveau style de vie, où les relations ne soient plus de conflit, d’oppression, de consommation, mais soient des relations de fraternité, de pardon et de réconciliation, de partage et d’amour ».

Le Pape François a conclu son homélie par une prière à la Vierge : « Ô Marie, Mère de Jésus, toi qui as accueilli, enseigne-nous à accueillir; toi qui as adoré, enseigne-nous à adorer, toi qui as suivi, enseigne-nous à suivre. Amen ».

Source : VIS du 25 mai 2014

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Les présidents Abbas et Peres invités à prier au Vatican

« En ce lieu, où est né le Prince de la paix, a dit le Pape François, je désire inviter le Président Abbas et le Président Peres, à prier intensément avec moi pour solliciter de Dieu le don de la paix. J’offre ma maison, le Vatican, pour accueillir cette rencontre de prière. Nous tous désirons la paix que beaucoup de personnes construisent chaque jour par de petits gestes. Nombreux sont ceux qui souffrent et supportent patiemment les efforts de beaucoup de tentatives pour la construire. Et tous, spécialement ceux qui sont placés au service de leur peuple, nous avons le devoir de nous faire instruments et artisans de paix, avant tout dans la prière. Construire la paix est difficile, mais vivre sans paix est un tourment. Tous les hommes et toutes les femmes de cette terre et du monde entier nous demandent de porter devant Dieu leur ardente aspiration à la paix ».

Source : VIS du 25 mai 2014

Article publié sur le site de la Conférence des Evêques de France

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