Benoit XVI plaide pour la confiance et la coexistence civile en Irak

Après l’attentat commis dans la cathédrale syro-catholique de Bagdad, qui a coûté la vie à 58 personnes, et fait plus de 60 blessés, le pape a renouvelé sa condamnation des « attaques féroces » contre les chrétiens. Dans un télégramme de condoléances adressé à l’archevêque syro-catholique de Bagdad, Mgr Athanase Matti shaba Matoka, à l’occasion de la cérémonie des obsèques des victimes, il en appelle à la responsabilité internationale.

« Profondément bouleversé par la mort violente de nombreux fidèles et des
pères Tha’ir Saad et Boutros Wasim, je souhaite, à l’occasion du saint rite
de funérailles, vous assurer de ma participation spirituelle, tandis que je
prie afin que ces frères et soeurs soient accueillis par la miséricorde du
Christ dans la Maison du Père », écrit Benoît XVI.

Le pape déplore les souffrances des Irakiens et spécialement des
chrétiens : « Depuis des années ce bien-aimé pays souffre de peines
indicibles et les chrétiens eux-mêmes sont devenus l’objet d’attaques
féroces qui, au mépris total de la vie, don inviolable de Dieu, veulent
miner la confiance et la coexistence civile. »

Il renouvelle son appel « afin que le sacrifice de nos frères et soeurs
puisse être une semence de paix et de véritable renaissance et afin que
ceux qui ont à coeur la réconciliation, la coexistence fraternelle et
solidaire, trouvent la raison et la force d’oeuvrer pour le bien ».

« Un groupe d’hommes armés se revendiquant d’Al Qaïda ont perpétré un
massacre tuant deux prêtres et quarante-deux fidèles. Les forces de
sécurité irakiennes appuyées par des soldats américains ont donné l’assaut
peu après. Sept policiers ont été tués et quinze autres blessés lors des
combats. Cinq terroristes ont été abattus et huit autres ont été arrêtés »,
rappelle Radio Vatican qui commente : « Cette attaque est l’une des plus
meurtrières contre des chrétiens en Irak ».

Benoît XVI a suivi l’évolution de la situation dimanche et il a condamné
cette violence « féroce » et « absurde » après l’angélus de la Toussaint,
, lundi 1er novembre. Le pape a demandé que tous « unissent leurs
forces » afin que cesse toute violence.

« Je prie pour les victimes de cette violence absurde, d’autant plus
féroce qu’elle a touché des personnes sans défense, réunies dans la maison
de Dieu, qui est Maison d’amour et de réconciliation », a déclaré le pape.

Il a exprimé son « affectueuse proximité » à la communauté chrétienne, et
il a encouragé « les pasteurs et fidèles à être forts et fermes dans
l’espérance ».

Le pape en a appelé à la responsabilité internationale en disant :
« Devant les atroces épisodes de violence, qui continuent à déchirer les
populations du Moyen-Orient, je voudrais renouveler mon appel affligé pour
la paix : celle-ci est un don de Dieu, mais aussi le résultat des efforts
des hommes de bonne volonté, des institutions nationales et
internationales. Que tous unissent leurs forces afin que se termine toute
forme de violence ! »

L’urgence de la situation des chrétiens en Irak a été l’un des éléments
décisifs pour la convocation du synode pour le Moyen-Orient.

Le message final a mentionné les « souffrances sanglantes du peuple
irakien », et les « chrétiens assassinés en Irak », les « souffrances
permanentes de l’Église de l’Irak » (n. 3.3).

« Dieu veut que nous soyons chrétiens dans et pour nos sociétés
moyen-orientales, dit encore le Message. C’est le plan de Dieu pour nous,
et c’est notre mission et notre vocation que de vivre ensemble chrétiens et
musulmans. Nous nous comporterons dans ce domaine guidés par le
commandement de l’amour et par la force de l’Esprit en nous » (§ 3.4).

Les 44 « Propositions » finales mentionnent l’Irak, invitant au pèlerinage
au pays d’Abraham. La proposition 5 parle de « martyre »: « Il faudra
attirer l’attention du monde entier sur la situation dramatique de
certaines communautés chrétiennes au Moyen-Orient, qui souffrent de toutes
sortes de difficultés, allant parfois jusqu’au martyre ».

Le Message en appelle à la communauté internationale: « Il faut aussi
demander aux instances nationales et internationales un effort spécial pour
mettre fin à cette situation de tension, en rétablissant la justice et la
paix ».

Les évêques du synode mentionnent en effet les martyrs « d’hier et
d’aujourd’hui » (proposition 26), et ils souhaitent une célébration commune
des martyrs chrétiens (proposition 29).

Source Zenit