32a. La prière eucharistique

Elle est le sommet de toute la célébration. Seul le prêtre la prononce, agissant au nom du Christ et de l’assemblée. Pourtant, l’assemblée n’est pas passive. Dans le silence et l’écoute, elle s’unit au prêtre par la foi, exprimant son adhésion par son acclamation après la consécration et son grand « Amen » à la fin de la prière eucharistique.

 

En même temps qu’une prière, la prière eucharistique est aussi une action ; c’est la 2° des 4 actions du Christ à la Cène, exprimées par les 4 verbes du récit de l’Institution : Il prit le pain (préparation des dons), Il rendit grâce (prière eucharistique), Il le rompit (fraction du Pain), et le donna à ses disciples (Communion).

 

Mémorial et offrande
La prière eucharistique est aussi appelée « anaphore » (porter vers le haut) car, à l’exception du récit eucharistique, elle est une prière adressée au Père. Elle Lui présente et Lui offre son Fils, rendu présent sur l’Autel, pour que, par sa médiation, Il nous comble de ses dons.

 

La prière eucharistique I : aussi appelée Canon romain (le mot grec kanon désignant une règle fixe) parce qu’elle fut longtemps la seule formule fixée en usage à Rome. De composition très ancienne (hébraïsmes), elle se distingue par les saints, Apôtres et martyrs qu’elle évoque qui sont liés à la ville de Rome, et qui nous rappellent que le sacrifice du Christ est la source de toute la sainteté de l’Eglise.

 

La prière eucharistique II : inspirée du formulaire contenu dans La Tradition apostolique de saint Hippolyte de Rome (vers 170-235), elle est la plus courte des quatre prières eucharistiques. Ses expressions bibliques, simples et claires, en font une véritable catéchèse eucharistique. Elle comporte sa propre préface qui résume l’oeuvre de la Création et de la Rédemption.

 

La prière eucharistique III : elle emprunte à l’ancienne tradition gallicane et mozarabe. Elle insiste sur l’oeuvre du Salut dans laquelle l’Esprit Saint rassemble et constitue le peuple de Dieu, et sur la place centrale du Sacrifice du Christ, auquel ce même Peuple de Dieu doit s’unir pour entrer dans la gloire du Royaume.

 

La prière eucharistique IV : elle est tirée des prières eucharistiques élaborées à Antioche de Syrie, au IV° siècle, sous l’influence de Saint Basile, Saint Grégoire de Nazianze et Saint Jean Chrysostome. Elle développe une belle louange à Dieu pour toute l’oeuvre de la Création et de la Rédemption, dans un style très oriental. C’est une composition récente.

 

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Depuis mai 2013, toutes les prières eucharistiques font mention de Saint Joseph.