Le Christ, Roi de paix pour l’Univers

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous sommes invités à fêter le Christ, Roi de l’Univers. Mais de quelle royauté s’agit-il ?

Son institution : L’encyclique Quas Primas

Pour bien comprendre le sens de la fête, il est important de revenir aux intentions ce celui qui l’a voulue.

Un remède contre le « laïcisme »

Le Pape Pie XI, au terme de l’année sainte 1925 (11/12/25), au cours de laquelle on avait fêté les 1 600 ans du concile de Nicée (dont le Credo nous fait dire chaque dimanche : « et son règne n’aura pas de fin »), a institué la fête du Christ-Roi. Il l’a voulu comme moyen de favoriser la paix dans le monde en montrant à tous celui qui peut conduire toute l’humanité (nous sommes au lendemain de la Grande Guerre), et comme remède à la maladie du « laïcisme » qui tend à exclure le Christ de la vie des personnes, des familles et des sociétés. La foi doit avoir un rayonnement social.

Un titre biblique

Dans sa lettre, le Pape démontre combien ce titre du Christ est important. Dès l’Annonciation, Marie est prévenue que le règne de son fils n’aura pas de fin (Lc 1, 33-34). Au terme de sa prédication, Jésus lui-même se désigne comme roi jugeant le monde (Mt 25, 31-40). Dans sa Passion, il répond à Pilate que son Royaume n’est pas de ce monde (Jn 18, 36-37). Et après sa Résurrection, il peut affirmer que tout pouvoir lui a été remis au Ciel et sur la terre (Mt 28, 18). Et encore, l’Apocalypse le désigne comme Roi des rois et Seigneurs des seigneurs (Ap 19, 16).

Un avertissement pour les « rois » de la terre

Il explique ensuite l’opportunité de mettre en valeur la royauté de Jésus. En rappelant que le Royaume du Christ n’est pas seulement spirituel (Roi des coeurs), mais aussi temporel (sauf que Jésus s’est abstenu d’exercer cette royauté pour la confier aux gouvernants), le Pape veut mettre en lumière la dignité de l’autorité temporelle comme venant du Seigneur. Il aide à faire prendre conscience, à ceux qui l’exercent, de l’exigence de vertu et de sagesse qu’elle implique, se souvenant qu’ils sont là pour servir et non pour être servis. Ils ne doivent donc pas s’opposer au règne du Christ ni empêcher l’Eglise d’accomplir sa mission. En effet, toute société bâtie sur des lois contraires à celle de l’Evangile tend à son écroulement, et alors, il vaut mieux se soumettre à Dieu qu’aux hommes.

wP1010253-2

Sa célébration

Les éléments de la célébration de la fête peuvent encore nous aider à en comprendre la portée.

Sa place dans l’année

Primitivement placée le dimanche avant la Toussaint (le Roi par son triomphe ouvre les portes du Royaumes aux saints), la fête du Christ-Roi est célébrée, dans le calendrier issu de la réforme du concile Vatican II, le 34e et dernier dimanche de l’année (les lectures de cette période nous rappelant la fin des temps où le Christ triomphera de son dernier ennemi, la mort). Son culte est traditionnellement lié au culte eucharistique et au Sacré-Coeur (adoration solennelle, procession…).

Les lectures

Les évangiles lus sont successivement, l’année A, la parabole du jugement dernier (Mt 25, 31-46) qui montre la venue du Fils de l’homme, pasteur, roi et juge de l’univers, l’année B, la comparution de Jésus devant Pilate (Jn 18, 33b-37) où il déclare que sa Royauté n’est pas de ce monde, et l’année C, la Crucifixion (Lc 23, 35-43) nous montrant un roi couronné d’épines qui inaugurera son Règne dans la Résurrection.

wP1010260-2

Une hymne du bréviaire : Jesu, Rex admirabilis

Jésus, roi adorable,
Noble triomphateur,
Ineffable douceur,
Jésus tout aimable.

Roi puissant, roi de gloire,
Roi d’immense victoire,
Toi qui donne la grâce,
Joie des anges du ciel.

C’est toi que chantent les anges,
Toi, l’objet de leur louanges,
Tu donnes la joie au monde,
Tu réconcilies avec Dieu.

Jésus est le roi de la paix
Qui surpasse tout sentiment,
La paix que désirent nos coeurs,
Qu’ils aspirent à posséder.

Poursuivons Jésus de nos chants,
De nos hymnes, de nos prières,
Pour qu’il nous accorde une place
Avec lui en paradis.

Jésus, fleur d’une vierge mère,
Amour qui comble notre coeur,
A toi la louange sans fin,
Le règne de béatitude. Amen.

P. Roch Valentin,responsable de la Pastorale liturgique et sacramentelle