L’Avent : attendre Noël intensément

Ce dimanche commence l’Avent, temps d’attente joyeuse de Noël, qui marque aussi le début d’une nouvelle année liturgique. Couronne et calendrier de l’Avent, sapin, crèche nous aident à veiller et à préparer la venue de Jésus dans nos coeurs.

Ce dimanche commence l’Avent, temps d’attente joyeuse de Noël, qui marque aussi le début d’une nouvelle année liturgique. Couronne et calendrier de l’Avent, sapin, crèche nous aident à veiller et à préparer la venue de Jésus dans nos coeurs.

« Avent » : une venue

Le mot « Avent » vient de latin « adventus », qui veut dire « avènement ». Cela nous fait penser à ce cantique de Noël : « chantons tous son avènement ! » Cet avènement, cette venue, il s’agit de celle du Fils de Dieu sur la terre. Or le Messie est déjà venu une première fois, dans l’humilité. C’est la fête de Noël. Mais il promit qu’il reviendrait à la fin des temps, mais cette fois-ci, en manifestant sa gloire. L’Avent, nous aide à réaliser que nous sommes entre la première et la seconde venue. Ce temps de préparation à la fête de la venue dans l’humilité nous prépare en même temps à la venue dans la gloire lors de la Parousie du Seigneur.

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Une attente : un Sauveur

Cette période de l’année, qui débute l’année liturgique et qui se calcule en remontant au quatrième dimanche avant le 25 décembre, est donc caractérisée par l’attente de l’arrivée de quelqu’un, par la vigilance pour le guetter et par les préparatifs pour qu’il nous trouve prêt quand il sera là. Le but est de faire correspondre à la mémoire de la venue de Jésus il y a deux milles ans parmi les hommes, sa venue dans ma propre histoire et dans mon coeur. Car mystérieusement Dieu visite chacun de nous dans la fête de Noël.

Une couleur : le violet

Pour signifier cette attente, une couleur liturgique va accompagner l’Avent : c’est le violet des vêtements du prêtre et des parements de l’église. En Carême, il a une signification claire de pénitence. En Avent, il rappelle plutôt la couleur du ciel avant le levé du jour. Et même, pour le troisième dimanche, dit de « Gaudete » (premier mot de l’antienne latine de la messe dont voici la traduction : Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche), la lumière pointe davantage, et le violet devient rose. Cette lumière éclatera dans le blanc et l’or qui brillera dans la nuit de Noël.

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Des veilleurs : Isaïe, Jean-Baptiste et Marie

Pour nous accompagner dans cette attente, et pour nous donner l’exemple, l’Eglise nous montre en particulier trois témoins : Isaïe, un des prophètes annonçant la venue du Messie, est celui qui a prophétisé l’Emmanuel, c’est-à-dire que ce messie serait en fait Dieu parmi les hommes. Jean-Baptiste, le dernier prophète, est celui qui doit préparer les coeurs à la venue du Christ et le désigner à ceux qui l’attendent : « Voici l’Agneau de Dieu ». Et la Vierge Marie, celle en qui l’enfant Dieu commence par habiter, est celle qui lui prépare une place parmi les hommes. Voici les sentinelles de l’Aurore que nous allons suivre pendant l’Avent.

Une pédagogie : la couronne

Pour vivre intensément cette attente, sans se relâcher, l’Eglise nous aide par le signe tangible de la couronne de l’Avent dont la forme évoque le cycle des années solaires. La lumière brillera, le Christ reviendra, c’est notre espérance. Dont la couleur verte et rouge évoque la vie. Sur celle-ci, peuvent venir quatre bougies, que l’on allume à chaque dimanche de l’Avent, marquant visiblement le rapprochement de l’échéance, la joyeuse urgence d’être prêt. Ce rite n’est pas réservé à la messe, il peut très bien se vivre au début du repas familial du dimanche, en permettant à chacun de dire ce qu’il attend et comment il se prépare à la fête qui vient.

Une autre pédagogie : le calendrier

Le calendrier de l’Avent est l’invention d’un papa voulant faire patienter ses enfants avant Noël, tout en leur transmettant le sens de la fête. A chaque jour de l’Avent, on ouvre une case pour découvrir un personnage de la Bible dont peut lire la notice à la prière, ou une petite phrase de l’Evangile à vivre ce jour-là, ou un saint à découvrir. Le calendrier de l’Avent n’est pas qu’un emballage de chocolats ou autre confiseries ! Mais un moyen ludique pour acclimater nos coeurs en famille à la belle fête de Noël.

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Une tradition : la crèche

Au Moyen Âge, sur les parvis des églises, on jouait des « mystères », en même temps théâtre et catéchisme. S. François d’Assise a contribué à enrichir le répertoire des mystères en mettant en scène la naissance de Jésus, avec un b?uf et un âne et déposant l’Enfant dans la mangeoire, mais au dessus de celle-ci, il fit dresser un autel pour qu’on y célèbre la messe. Il nous apprenait à considérer en même temps l’abaissement de Dieu à Bethléem et dans la messe. C’est ce mystère que nous avons figé en santons dans nos églises et dans nos maisons. La crèche s’installe habituellement la dernière semaine avant Noël, mais y mettre l’enfant-Jésus. Dans beaucoup de maison, chaque membre de la famille est représenté par un mouton, dont la progression dans la crèche illustre les progrès dans sa vie de chrétien.

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Une autre tradition : le sapin

Toujours dans ces mystères médiévaux, un des thèmes représenté était la sortie du Paradis d’Adam et Eve et l’attente de la venue d’un Sauveur pour y retourner. L’arbre de la connaissance du bien et du mal, qui avait été l’occasion de la chute était représenté par un sapin décoré de pommes rouges bien tentantes, mais qui donnèrent la mort. Et l’arbre de la vie, lui aussi représenté par un sapin, mais cette fois-ci décoré d’hosties blanches, figurants le Pain qui donne la Vie, que nous recevons à la messe. Par la suite, il a bien évolué, et ce qui caractérise le sapin des chrétiens, c’est l’étoile à son sommet, qui guidera les mages jusqu’à l’Enfant de Bethléem.

Les ultimes préparatifs : la dernière semaine

A partir du 17 décembre, nous entrons dans la phase aiguë de l’attente. Ces jours-là, à la messe, on lit le récit de tout ce qui a immédiatement précédé la naissance du Christ : l’annonce de la naissance de Jésus à Joseph et à Marie, la visitation de Marie à Elisabeth et la naissance de Jean-Baptiste. Chacun de ces jours, à la prière du matin et du soir (laudes et vêpres), on chante les antiennes en Ô. Ce sont de longues phrases, commençant toutes par « Ô », puis un des titres donné à Jésus dans la Bible, ce titre changeant chaque jour. Ces antiennes nous révèlent tout le mystère que porte le Messie que nous célébrons. Dans ces ultimes préparatifs, à l’église, à la maison… on n’oubliera pas de préparer son coeur pour être vraiment joyeux pour la fête, par une bonne confession.

« Le Christ est celui que tous les prophètes avaient chanté, celui que la Vierge attendait avec amour, celui dont Jean Baptiste a proclamé la venue et révélé la présence au milieu des hommes. C’est lui qui nous donne la joie d’entrer déjà dans le mystère pour qu’il nous trouve, quand il viendra, vigilant dans la prière et remplis d’allégresse. » (Préface de l’Avent)

Père Roch Valentin
responsable de la Pastorale sacramentelle et liturgique

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