Le Curé d’Ars sur les routes du monde : en Argentine

 

 

 

Novembre 2009 : En Argentine, avec le P. Karlo Tyberghien

« Là où les saints passent, Dieu passe avec eux! » Comment le saint Curé d’Ars aurait-il imaginé que cette phrase s’appliquerait à lui ? Pourtant, c’est vrai, là où le Curé d’Ars passe, nous pouvons voir un nouveau souffle venant du Seigneur. Le récent voyage de la relique du coeur de saint Jean-Marie Vianney en est un témoignage. Du 6 au 29 novembre, l’Argentine a eu la grâce de recevoir le coeur intact du pasteur mort il y a 150 ans, mais encore si populaire auprès des gens.

Cure_d_Ars_en_Argentine_1

 

En Argentine, le saint Curé d’Ars était connu, prié, aimé bien avant l’ouverture de l’année sacerdotale. Le 6 novembre, dès son arrivée à l’aéroport de Buenos Aires, le coeur de Jean-Marie Vianney recevait un accueil chaleureux de la part de l’évêque, de quelques prêtres et du directeur de l’aéroport !

On peut noter que l’évêque de Buenos aires était à ce moment le cardinal Bergoglio, qui deviendra pape 4 ans plus tard sous le nom de François.

 

Puis, dans un monastère du Carmel, le reliquaire a été préparé et installé avant de débuter un pèlerinage de 23 jours, parcourant 27 diocèses. Le saint Curé d’Ars a été honoré avec beaucoup d’enthousiasme par des foules immenses à la piété populaire, dont la foi n’est pas encore limitée au seul cadre privé et personnel. Partout où le coeur passait, on priait pour les vocations et, bien sûr, pour la sanctification des prêtres. En effet, si certains diocèses accueillent suffisamment de vocations, beaucoup d’autres en manquent. Ce sont bien souvent les prêtres de ces diocèses qui ont été les plus touchés par la venue de leur saint patron, leur modèle et leur grand frère dans le sacerdoce.

Cure_d_Ars_en_Argentine_2

 

Dans chaque diocèse, le coeur arrivait à la cathédrale ou dans un haut-lieu. Accueillie par l’évêque, la relique était laissée à la vénération des fidèles. En général, la venue de la relique avait été soigneusement et pieusement préparée, souvent par des neuvaines et des conférences pour faire connaître Jean-Marie Vianney. Dans ces diocèses, les foules étaient grandes dès l’arrivée. Ailleurs, où les préparations s’étaient faites avec peut-être moins d’effort ou de volonté, les gens venaient d’abord petit à petit par curiosité, puis de plus en plus nombreux par dévotion. Après la vénération, la messe était célébrée par l’évêque entouré de ses prêtres. Tout le presbyterium réuni, dans certains diocèses, ça ne s’était pas vu depuis des années, même pour les messes chrismales ! Après la messe, la vénération continuait et des prêtres se rendaient disponibles pour confesser. Les églises, dont les portes ne pouvaient pas toujours fermer avant minuit ou plus tard dans la nuit, à cause de la foule, étaient des lieux de louanges, de chants, de prières. Puis le coeur devait partir pour être accueilli dans un diocèse voisin, ou plus loin.

Chaque diocèse organisait l’accueil et l’évènement selon ses besoins : récollections pour les prêtres, journées sacerdotales… Toujours dans un cadre festif, joyeux, dévot, plein d’espérance en l’intercession et la prière de ce saint d’Ars, ce petit village que les argentins connaissent plus que la ville de Lyon.

Cure_d_Ars_en_Argentine_3

 

Un jour, le coeur passait à Cordoba, ville de plus d’un million d’habitants. Il n’avait pas plu depuis sept mois dans la région et les agriculteurs étaient proches du désespoir. A l’occasion de la venue du Curé d’Ars, l’archevêque avait demandé de prier le saint pour obtenir cette grâce. Jean-Marie Vianney, lui-même issu d’une famille de paysans, a certainement dû comprendre le chagrin de ces pauvres gens : c’est lors de la procession de la relique que les premières gouttes d’eau sont tombées ! Pleins de joie, et surtout ravivés dans la confiance, ils ont remercié le saint. D’autres grâces aussi ont été reçues bien sûr, peut-être moins spectaculaires ou visibles, mais pas moins grandes. Les grâces de conversions, de vocations et de la sanctification des prêtres, nous les percevrons plus tard. Quoi qu’il en soit, dans cette Argentine à la culture si tactile, ou chacun venait poser sa main sur la relique du saint, le Curé d’Ars a touché beaucoup de coeurs. « Vive l’Argentine, vive la France, vive le Curé d’Ars ! » : les remerciements au Curé d’Ars, à la paroisse d’Ars, au diocèse de Belley-Ars et à son évêque, à la France aussi, ont été nombreux.

 

Grâce pour un pays et un diocèse de recevoir la relique du coeur de saint Jean-Marie Vianney. Une grâce pour les prêtres et pour les fidèles. L’Argentine était, après Rome, le premier pèlerinage de la relique du coeur pendant cette année sacerdotale. D’autres sont programmés dont beaucoup dans des diocèses de France pour rassembler les prêtres. La prière pour les vocations et le sacerdoce ne peut qu’en être renforcée. Et tout cela grâce à ce pauvre garçon qui a dit « oui » à l’appel du Seigneur et qui s’est laissé transformer en pasteur à l’image du Christ !

 

P. Karlo Tyberghien