Décès du P. Pierre Courouble

 

Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille

Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars,

Les prêtres des diocèses de Lille et de Belley-Ars et la famille Courouble

recommandent à vos prières

 

l’abbé Pierre Courouble,
prêtre du diocèse de Lille,

décédé le 3 mars 2016, à Seillon Repos, à l’âge de 94 ans.

 

P. Courouble

 

Né le 16 septembre 1921, à Roubaix, ordonné prêtre le 31 mars 1945, pour le diocèse de Lille, il a été professeur de grec ancien et de latin, à l’Institution du Sacré-Cœur de Tourcoing (1949-1987).

De 1993 à 2009, il a été chapelain au Carmel d’Ars-sur-Formans.

Il était retiré à Seillon Repos depuis le 25 janvier 2012.

Ses funérailles auront lieu à la chapelle du Carmel d’Ars, lundi 07 mars à 11h.

Il sera ensuite inhumé au cimetière d’Ars-sur-Formans.

 

Le Carmel

Le Carmel

 

Voici le texte de l’homélie du P. Michel-Jean Pillet, à l’occasion de ses obsèques :

 

Chères sœurs, chère famille, chers confrères, chers amis,

 

C’est toujours émouvant de célébrer le retour à Dieu d’un père, d’un frère aîné dans le sacerdoce. Personnellement, je suis rempli d’admiration et de reconnaissance pour cette génération de prêtres qui ont été formés à l’école austère des séminaires d’autrefois et qui ont traversé les turbulences de l’après-concile sans perdre pied, sans perdre l’ardeur et l’élan de leur premier oui, de leur attachement au Christ et à l’Eglise, tout en s’ouvrant, avec discernement et équilibre, à l’aggiornamento considérable que Vatican II a entrepris.

 

En 2015, l’abbé Pierre Courouble a eu 70 ans de sacerdoce. Il a été ordonné le 31 mars 1945 pour le diocèse de Lille : c’est dire combien sa formation a dû être marquée par les années de guerre. Il a obtenu à Rome une licence d’histoire ecclésiastique. Et durant presque quarante ans, il a été professeur de latin et de grec à l’institution du Sacré-Cœur à Tourcoing. Prêtre-enseignant : toute une époque… Il a même rédigé une méthode pour apprendre le grec ancien.

 

C’est en 1993 que Mgr Bagnard l’a accueilli à Ars pour lui confier la charge de chapelain du Carmel, ministère qu’il assura durant seize années. Il était très heureux ici au Carmel, dans son ermitage de l’aumônerie, auprès de nos sœurs contemplatives et dans la proximité et le rayonnement du Saint Curé d’Ars. Le père Courouble était très attaché à la dignité du sacerdoce. Prêtre lettré et cultivé, il lisait et travaillait beaucoup, veillant à préparer pour les religieuses carmélites des homélies, des enseignements les invitant à se nourrir des Saintes Ecritures en profondeur, en allant souvent puiser à l’étymologie du texte. Il leur a communiqué son grand amour de Dieu, son grand amour de l’Eglise.

 

Durant des années, il a rejoint les assemblées et les travaux du groupe « Fidélité et Ouverture » (tout un programme !), fondé et dirigé par son ami Gérard Soulages. Dans notre diocèse, il a longtemps participé aux rencontres du groupe de l’association sacerdotale « Lumen Gentium » qui se retrouvait chaque mois ici à Ars et dont il appréciait le climat fraternel et le souci doctrinal.

 

Il portait le prénom de Pierre : c’est sûrement son attachement au successeur de Pierre qui est une des pierres de touche de sa longue fidélité. « Là où est Pierre, là est l’Eglise ». A la suite de Saint Jean-Paul II, il avait hâte que l’Eglise réapprenne à respirer de ses deux poumons. Et s’il ne pourrait pas le voir de ses yeux, du moins il espérait le jour où son calice pourrait célébrer la communion effective, l’unité enfin retrouvée des Eglises de l’Orient et de l’Occident.

 

Depuis quatre ans, le père Courouble a été accueilli à la maison de retraite de Seillon-Repos. Mystère d’humilité et de pauvreté de nos vies, où l’homme est invité à se dépouiller de tout pour vivre sa pâque à la suite du Christ, à tout quitter pour Le suivre.

 

Nous prions. Nous prions dans l’action de grâce et dans l’intercession. Comme Jésus dans sa prière sacerdotale, nous prions et nous rendons grâce pour tous ceux qui, « grâce à sa parole » (c’était un professeur) et à sa vie donnée, ont pu grandir dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour.

 

Et nous prions pour notre père et notre frère. Dans l’Eucharistie de chaque jour qu’il a célébrée, il a annoncé, il a anticipé la béatitude céleste qui retentit dans l’Apocalypse, au terme de toute la Révélation : « Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau ! » (19,9). Que cette invitation et cette joie soient pour lui aujourd’hui !

 

Et pour fortifier notre espérance, à l’approche de Pâques, je voudrais en terminant vous partager deux textes, de deux vieillards au soir de leur vie :

 

Et d’abord ces quelques lignes du vieux pape Paul VI qui, pour moi, sont très précieuses, car elles résument tout le catéchisme, toute la théologie, et toute l’espérance qui est la nôtre et qui est celle de Pierre Courouble.

 

Et puis, beaucoup plus ancien, ce texte de Saint Ignace, évêque d’Antioche, martyrisé à Rome vers l’an 110, et qui transmet aux chrétiens de Rome cet ultime message, cette prière que nous pouvons déposer dans le cœur de notre défunt.

 

Abbé Michel-Jean Pillet

 

Bienheureux Paul VI
« La Bonne Nouvelle consiste en ceci : Dieu nous aime. Il s’est fait homme pour partager notre vie et pour que nous partagions la sienne. Il marche avec nous, à chaque pas de notre chemin, faisant siens tous nos soucis, car Il prend soin de nous. Et c’est pourquoi les hommes ne sont jamais seuls, car Dieu est présent dans leur histoire, celle des peuples et celle des individus. Il nous conduira, si nous n’y mettons pas d’obstacle, à un bonheur éternel qui dépasse les bornes de toute attente humaine ! »

 

Saint Ignace d’Antioche
« Il est bon de se coucher loin du monde pour s’en aller vers Dieu, pour se relever en Lui. C’est maintenant que je commence à être vraiment un disciple. Que rien ne m’empêche plus de rejoindre le Christ. C’est Lui que je cherche, Lui qui est mort pour nous ; c’est Lui que je désire, Lui qui est ressuscité pour nous ! Mon enfantement approche. Laissez-moi recevoir la pure lumière ! A présent, tout désir terrestre a été crucifié ; il n’y a plus en moi d’ardeur pour aimer la matière, mais une source d’eau vive qui murmure tout au fond de moi : « Viens vers le Père ! ».