Décès de l’abbé Joël Lambert

Père Lambert5 051 - Copie

 

Mgr Pascal Roland, Évêque de Belley-Ars,

recommande à vos prières

l’Abbé Joël Lambert,

 

décédé à l’hôpital de Mâcon, le 25 février 2017, en milieu de journée, dans sa soixante deuxième année.

 

Né le 08 juin 1955 à Charleville (Ardennes), ordonné prêtre le 08 juillet 1990 à Ars-sur-Formans, il fut successivement membre de l’équipe sacerdotale du Séminaire d’Ars, curé des paroisses de Jassans-Riottier (1994-2006) et doyen du secteur de Trévoux (1995-2006), curé des paroisses de Vonnas (2006-2015),

 

responsable diocésain de la Pastorale liturgique (1996-2009), responsable de la Commission Diocésaine d’Art Sacré (1999-2015) et membre du conseil presbytéral (1996-2010 ; 2013-2015).

 

Depuis 2015, il était en mission dans le diocèse d’Autun.

 

Père Lambert

 

Son corps sera exposé à la maison funéraire des Pompes Funèbres Générales de Bourg-en-Bresse (près de l’église St-Pierre Chanel), à partir de lundi 26 février, après-midi.

 

Ses funérailles auront lieu en la co-cathédrale Notre-Dame de Bourg-en-Bresse,

mercredi 1er mars 2017, à 14h30.

Il sera ensuite inhumé au carré des prêtres du cimetière de Bourg-en-Bresse.

 

Gravement malade, son état de santé s’était aggravé jusqu’à son transfert en unité de soins palliatifs, vendredi après-midi, où il a pu recevoir les derniers sacrements, lucidement et paisiblement, entouré de quelques amis venus le visiter. Tous les messages de soutien parvenus à l’évêché lui ont été transmis et il les a reçus avec reconnaissance.

 

En communion de prière pour le repos de son âme et pour ses proches.

 

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Homélie de Mgr Pascal Roland pour les obsèques de l’Abbé Joël LAMBERT

Notre-Dame de Bourg, 1er mars 2017

Job 19, 23-27 ; Psaume 22 ; Luc 23, 33-34, 39-46, 50 Mercredi des cendres

Avez-vous remarqué ?

 

Le corps de l’abbé Joël LAMBERT n’est pas tourné vers l’autel, comme dans la célébration d’obsèques de laïcs, mais il est disposé la tête tournée vers vous.

 

Vous avez aussi observé que les insignes de sa prêtrise, son aube et son étole, qui ont été solennellement déposés sur le cercueil, l’ont été également face à vous.

 

Autrement dit, l’abbé Joël LAMBERT, continue d’être situé face à vous, comme il l’a été dans l’exercice de son ministère ordonné, 

 

Avec vous, et comme chacun de nous tous, il est d’abord un baptisé, un disciple du Christ. Mais pour vous, il a été aussi un prêtre, un ministre du Seigneur. 

 

C’est-à-dire qu’il a signifié sacramentellement, la présence du Christ au milieu de vous. Agissant en son nom, il vous a enseignés, il vous a nourris des sacrements et guidés dans la vie chrétienne, autant qu’il le pouvait.

 

Lorsqu’il était devant vous, vous enseignant ou célébrant les divers sacrements, que faisait-il ? Il vous annonçait et manifestait le Christ ! Il vous pressait de l’accueillir et de le suivre toujours davantage. Il vous apprenait à vivre l’Evangile, pour trouver le bonheur authentique et pour répondre à votre mission dans le monde, que ce soit comme paroissiens, foyers d’une Equipe Notre-Dame, membres d’une équipe d’ Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens, collaborateurs dans l’Art Sacré ou dans les recherches historiques, chevaliers de l’Ordre du Saint Sépulcre…

Si aujourd’hui il continue d’être disposé face à vous, c’est bien parce qu’il a encore un dernier enseignement à vous donner ! Il vient en effet de vous donner l’opportunité d’entendre la Parole de Dieu.

 

Comme Job, il vous a livré son témoignage et il vous a dit avec assurance : « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant et que, le dernier, il se lèvera sur la poussière… De ma chair je verrai Dieu. » 

 

Alors qu’inévitablement vos pensées risquent de se tourner nostalgiquement vers le passé, il vous invite à vous recentrer sur la personne du Christ Ressuscité. Il vous conduit à tourner votre regard vers le Crucifié Ressuscité. Celui qui a donné sens à sa propre existence. Celui en qui il a mis toute sa confiance. Celui qu’il a essayé de suivre de son mieux.

 

L’abbé Joël LAMBERT s’est endormi dans la foi et vous a dit avec le psalmiste : « Le Seigneur est mon Berger, je ne manque de rien… Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal… J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. »

 

Ces dernières semaines, il a connu l’épreuve de la maladie grave. Comme les deux malfaiteurs du Calvaire de Jérusalem, il a éprouvé la souffrance physique et il a vu sa mort approcher inéluctablement. Mais comme eux aussi, il a réalisé que Jésus l’avait rejoint et même précédé ; Il a constaté que Jésus était à côté de lui, partageant pleinement son humanité souffrante, épousant librement, par amour, son agonie, ses angoisses et sa mort.

 

Dans cette épreuve, il ne s’est pas révolté, il n’a pas injurié le Christ, mais, recevant le sacrement des malades par deux fois, il s’est tourné humblement vers le Christ Crucifié
en qui il a reconnu son Maître et Seigneur. Cette démarche revenait à supplier comme l’un des deux malfaiteurs : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume »

 

L’abbé Joël LAMBERT a effectivement réalisé que Jésus a donné sa vie pour lui. Il n’a pas oublié que Jésus est mort en priant : « Père, entre tes mains je remets mon esprit ». Il s’est donc comme coulé progressivement dans cet abandon filial, s’en remettant lui aussi, dans la foi, au Père du Ciel.

 

Se reconnaissant un pauvre pécheur méritant la mort, l’abbé Joël LAMBERT, a fait confiance à Jésus, qui, comme au condamné qui se tournait vers lui en l’implorant, lui a promis : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». 

 

Mais vous savez que Jésus et les deux malfaiteurs n’étaient pas seuls. L’Evangile nous rapporte qu’il y avait quelques femmes, dont Marie sa Mère, Et puis se tenait là également le disciple bien-aimé, Jean. L’abbé Joël LAMBERT n’était pas seul, lui non plus,
dans son approche de la mort. Outre le personnel soignant, dont il a reconnu le dévouement et la gentillesse, il y a eu de multiples personnes qui l’ont entouré de leur présence. Des frères et soeurs chrétiens qui ont compati, qui ont prié, qui, par leur charité concrète, et la foi partagée ont été un signe d’espérance. Bref, des frères et soeurs qui l’ont soutenu et accompagné dans sa pâque.

 

Une des dernières paroles que m’a exprimées l’abbé Joël LAMBERT jeudi dernier a été celle-ci : « J’aime l’Eglise ». Derrière ces deux mots tout simples, mais prononcés avec peine et visiblement chargés de sens, il y avait manifestement l’expression de la reconnaissance profonde envers ces frères et soeurs chrétiens qui l’ont aimé comme il était, qui l’ont entouré de leur affection, et qui lui ont manifesté que l’Eglise est une vraie famille, dans laquelle chacun est reconnu et trouve sa place.

 

Pour terminer, n’oublions pas que nous célébrons ces obsèques au moment même où nous entrons dans le temps du Carême, dans le temps privilégié qui nous prépare à la fête des fêtes : Pâques, c’est-à-dire la victoire du Christ sur la mort et sur toutes les puissances des ténèbres.

 

Nous entrons dans un temps de conversion pour nous attacher à l’essentiel, aux réalités qui ne passent pas. Alors, puisse cette célébration d’obsèques contribuer à nous recentrer sur le Christ mort et ressuscité. Puisse-t-elle nous faire éprouver l’urgence qu’il y a à nous renouveler, pour être les témoins de la Miséricorde divine, dont notre temps a cruellement besoin. Puisse-t-elle nous aider à progresser dans la foi, l’espérance et la charité. En prenant part à la célébration de ce jour, puissions-nous être conscients que la meilleure manière de rendre hommage à l’abbé Joël LAMBERT, ce sera précisément de prendre davantage au sérieux l’Evangile, dont lui-même a été témoin du mieux qu’il pouvait.

 

+ Pascal ROLAND