Vocations

J’entends régulièrement dire que nous manquons de prêtres et de vocations religieuses. Mais vous êtes vous interrogés sérieusement ? Pourquoi n’avons-nous pas beaucoup de vocations sacerdotales et religieuses dans notre pays ? La réponse est aisée : il n’y a pas assez de chrétiens !

J’entends régulièrement dire que nous manquons de prêtres et de vocations religieuses. Mais vous êtes vous interrogés sérieusement ? Pourquoi n’avons-nous pas beaucoup de vocations sacerdotales et religieuses dans notre pays ? La réponse est aisée : il n’y a pas assez de chrétiens ! Ce qui manque dans notre pays, c’est d’abord des enfants. Ce qui fait défaut ensuite, parmi le petit nombre d’enfants, ce sont des jeunes qui vivent de la foi.

Aussi, ce n’est pas l’importation de prêtres venus d’ailleurs, d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine, qui résoudrait durablement le problème. C’est un peu brutal d’exprimer les choses de la sorte, mais un peuple a généralement les prêtres qu’il mérite ! S’il n’est pas habité par la foi, d’une part, il ne croit pas beaucoup à la vie et ne fait pas beaucoup d’enfants. D’autre part, il ne génère pas beaucoup de chrétiens. Il n’a donc pas de vivier d’où des vocations consacrées seraient susceptibles de jaillir.

Beaucoup prient ardemment que le Seigneur leur donne des vocations. Et ils ont raison. Mais cette prière ressemble à une demande de consommateurs si elle ne s’accompagne pas d’un engagement sincère et actif en faveur des vocations. Il n’est en effet pas juste de demander des vocations si l’on ne vit pas soi-même en authentique disciple du Christ, et si l’on ne crée pas un environnement favorable à la croissance des vocations.

Au moins trois conditions sont requises pour que des vocations puissent naître et grandir :
-# Il s’agit d’aider à découvrir Jésus et à l’aimer.
-# Il s’agit de faire découvrir l’Eglise comme un lieu de liberté et d’épanouissement.
-# Il s’agit enfin de donner à expérimenter que le service des autres rend heureux.

Lorsque je reçois les lettres des confirmands, je suis touché de constater que beaucoup de jeunes souhaiteraient participer plus fréquemment à la messe dominicale, mais ne le peuvent pas pour des raisons d’éloignement géographique et parce que leurs parents eux-mêmes ne font pas la démarche de s’y rendre. Positivement, je constate que bon nombre de ces jeunes confirmands cherchent à entretenir une relation personnelle avec le Seigneur dans la prière quotidienne. Par ailleurs ils aspirent à se donner généreusement. Beaucoup envisagent une profession où ils pourront faire du bien. Nombreux sont ceux qui rêvent de consacrer du temps et de l’argent au service de ceux qui souffrent à travers le monde.

Si des jeunes n’ont pas à leurs côtés des adultes enthousiastes, des adultes véritablement engagés dans une vie de foi, animés de l’espérance et impliqués dans un exercice concret de la charité, comment voulez-vous que ceux-ci envisagent une vie consacrée, toute donnée à Dieu ? Il peut certes y en avoir un par exception, de temps à autre. Mais l’expérience nous montre que les vocations solides surgissent habituellement là où il y a des familles véritablement chrétiennes dans leur mode de vie ; des familles qui mènent non pas une existence commandée par l’immédiateté et la consommation, mais une existence tournée vers les réalités éternelles. La réponse au manque de vocations de prêtres et de religieuses est simple : convertissons-nous ! Prenons l’Evangile davantage au sérieux !

+ Pascal ROLAND