Une attente et un combat

Alors que nous sommes maintenant entrés dans le temps pascal, je vous invite à un petit regard en arrière sur la vigile pascale pour considérer combien celle-ci nous révèle ce qu’est la vie chrétienne.

Tout d’abord, j’attire votre attention sur le fait que la célébration de Pâques se déroule dans la nuit. Cela nous indique que toute l’existence chrétienne est comme un état de veille. Souvenez-vous d’ailleurs que les premiers chrétiens ont commencé à célébrer Pâques en donnant un nouveau sens à la pâque juive. Or celle-ci est présentée et vécue comme une « veille pour le Seigneur » (voir Exode 12, 42), vécue dans l’espérance que le Messie viendra cette nuit-là.

Nous aussi, nous demeurons dans l’attente. Mais l’attente « eschatologique », l’attente des derniers jours. Nous n’attendons plus un salut à venir, dans le sens où celui-ci est déjà donné par le Christ. Nous avons reçu dès maintenant les arrhes du salut. Mais nous attendons désormais le plein jour de gloire de Dieu, son plein déploiement. Le Royaume, qui est déjà là, est en train de transfigurer ce monde et chacune de nos existences. Pensez à l’acclamation qui suit la consécration : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».

Ensuite, à Pâques, la vie chrétienne nous est aussi présentée comme un combat contre les ténèbres et contre la mort, dont le Christ est victorieux. Les baptisés de la nuit pascale ont été interrogés en ces termes : « Renoncez-vous aux séductions du monde …au péché… à Satan, votre ennemi ? ». Quant à nous-mêmes, pour la rénovation de la profession de foi baptismale, nous avons été invités à répondre à la question suivante : « Renoncez-vous à Satan, au péché et à tout ce qui conduit au péché ? ».

Car si le Christ victorieux nous associe à sa victoire, il ne nous dispense pas pour autant de participer à son combat. Ce combat est lié au choix d’aimer, qui implique le rejet et la haine du péché qui abîme et dénature la création divine ; le choix de la vie, qui implique la rupture avec les puissances de la mort ; le choix d’obéir à Dieu, qui implique de renoncer à vivre selon ses fantaisies personnelles.

La vie chrétienne est donc une attente et un combat, mais le Seigneur Jésus est vivant et il vient à nous. Il est notre force et notre salut. Il vient à nous le jour de Pâques, mais aussi dans chaque Eucharistie. C’est pourquoi il nous donne rendez-vous chaque dimanche.

+ Pascal ROLAND
Evêque de Belley-Ars