Questions de société : l’espérance pour tous !

Ces mois derniers vous avez été nombreux à vous mobiliser pour défendre le mariage et la famille, en choisissant les moyens que vous avez jugés appropriés pour promouvoir et défendre ce bien commun, notamment en participant à des manifestations publiques rassemblant des personnes de diverses orientations politiques et confessionnelles.

Aujourd’hui certains d’entre vous pourraient penser que le combat a été vain, puisque le projet de loi du mariage pour les personnes de même sexe a été voté malgré tout. C’est le jeu des institutions démocratiques. Il faut le respecter. Nous prenons douloureusement acte que le monde a changé et qu’il nous faut assumer paisiblement la différence qui nous marque du fait de la suite du Christ. Nous veillerons à ne pas nous laisser enfermer dans le piège d’un repli sur soi, qui serait contraire à notre vocation. Et nous ne nous laisserons pas aller au pessimisme, car nous savions déjà que tout ce qui est légal n’est pas pour autant ni juste ni moral.

Le Cardinal André Vingt-Trois nous a mis en garde contre les dérapages possibles : « Notre approche des problèmes n’est jamais conduite par un désir de dominer les contradicteurs par la violence, qu’elle soit verbale ou physique (…) Nous ne pouvons pas encourager une action publique qui détournerait les enjeux du débat pour en faire un moyen de déstabiliser le pouvoir politique (…) Aucune action guidée par la haine, aucune action qui suscite la haine, ne peut se revendiquer de l’Evangile du Christ. Elle ne peut pas prétendre à se réclamer de l’Eglise » (Discours de clôture de l’assemblée plénière des évêques de France, le 18 avril dernier).

Ceci dit, la mobilisation des chrétiens a été fructueuse, puisque, d’une part, elle a contribué à faire entendre un autre son de cloche et à ouvrir un débat public ; d’autre part, elle nous a stimulés à la conversion. Comme nous le rappelait utilement le cardinal André Vingt-Trois : « la pointe du combat que nous avons à mener n’est pas une lutte idéologique ou politique. Elle est une conversion permanente pour que nos pratiques soient conformes à ce que nous disons : plus que dénoncer, il s’agit de s’impliquer positivement dans les actions qui peuvent changer la situation à long terme. » (Discours d’ouverture de l’assemblée plénière des évêques de France, le 16 avril dernier).

Un vaste chantier demeure ouvert devant nous. Il s’agit, positivement, de poursuivre la réflexion sur les questions de fond, pour éclairer notre conscience et celle des autres ; de promouvoir une éducation affective et sexuelle des enfants et des jeunes respectueuse de la vérité ; de développer la préparation au mariage et tout ce qui peut soutenir le couple et la famille ; d’accompagner les personnes en souffrance ; d’être des artisans de paix et de communion dans une société qui se désolidarise des personnes les plus fragiles. C’est en nous engageant dans des actions simples et concrètes que nous assurerons la promotion dans les faits d’une conception de l’homme porteuse d’espérance pour tous.

+ Pascal ROLAND
Evêque de Belley-Ars