La vocation des chrétiens : un service rendu à toute l’humanité !

Savez-vous qu’au moins 75 % des cas de persécution religieuse dans le monde concernent des chrétiens ? Même chez nous, on constate, d’une part, que les attitudes d’hostilité au christianisme ne sont pas rares ; d’autre part, que bien des actes de dérision, de mépris ou de violence commis à l’égard de chrétiens ne seraient généralement pas tolérés à l’égard d’autres religions, en particulier du judaïsme et de l’islam.

Mais pourquoi nous étonner de cet état de fait ? Jésus ne nous a-t-il pas clairement dit : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi ! Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait, car vous seriez à lui (…) Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi.» (Jean 15, 18-20). Autrement dit, l’hostilité à l’égard de l’Eglise fait partie de ce à quoi nous devons nous attendre si nous vivons en vrais disciples du Christ.

Notre critère étant l’amour, tel que le Christ nous le révèle dans sa croix, nous ne recherchons ni les gloires passagères, ni la possession de biens matériels, ni le pouvoir temporel ; nous dénonçons toutes les formes d’idolâtrie et nous défendons la dignité de toute personne humaine. Bref nous dérangeons, exactement comme le Christ dérange. La position n’est guère confortable et l’on peut parfois être tenté de démissionner. Il s’agit alors de ne pas oublier que le Christ nous a fait le don de l’Esprit Saint, qui vient toujours au secours de notre faiblesse.

La Lettre à Diognète (qu’on date d’avant la fin du 2ème siècle) décrit bien la condition des chrétiens dans ce monde : « Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel (…)
Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. (…) En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde (…) la chair déteste l’âme et lui fait la guerre, sans que celui-ci lui ait fait du tort, mais parce qu’elle l’empêche de jouir des plaisirs. De même le monde déteste les chrétiens, sans que ceux-ci lui aient fait de tort, mais parce qu’ils s’opposent à ses plaisirs. »

Et l’auteur de conclure : « Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter. » Certes, la vocation des chrétiens en ce monde est belle. C’est un service rendu à toute l’humanité que nous ne pouvons pas abandonner. Si nous l’abandonnons, notre monde se déshumanisera !

+ Pascal ROLAND