L’Enfance de Jésus

Mgr Pascal Roland a lu « Jésus de Nazareth – L’enfance de Jésus » par Joseph Ratzinger, consacré aux évangiles de l’enfance. Cette « lecture vivifiante » a renouvelé son approche de Jésus et l’a enrichie.

En cette Année la foi, il m’a été agréable de lire le troisième tome du Jésus de Nazareth, de Joseph Ratzinger, consacré aux évangiles de l’enfance. J’ai apprécié qu’au moment où nous étions invités à approfondir l’acte de foi, cet ouvrage nous place d’emblée face à la question vitale de l’origine de Jésus. La réponse à cette interrogation est en effet déterminante pour nous prononcer sur son être et sa mission. De cette réponse découlent le type de relation que nous engageons avec lui et les choix concrets qui marquent notre vie. Joseph Ratzinger nous situe devant la question de la foi dès la troisième ligne de son livre en citant Pilate qui, lors du procès, demande abruptement à Jésus : « D’où es-tu ? » (Jean 19, 9). Jésus, qui ne répond à Pilate que par un silence, nous laisse comme à ce dernier, le soin de répondre nous-mêmes à cette grave interrogation.

J’ai été sensible au thème central de la recherche de la vérité, abordé dès la première page par la citation de Jésus déclarant : « Je ne suis né et je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité » (Jean 18, 37). Ce thème est particulièrement développé dans le chapitre sur les mages, qui « représentent l’attente intérieure de l’être humain, le mouvement des religions et de la raison humaine à la rencontre du Christ » (p. 137).

En méditant ce livre, je n’ai certes pas appris de choses fondamentalement nouvelles, mais l’attention à de multiples détails a renouvelé mon approche de Jésus et l’a enrichie. Essentiellement par les rapprochements constamment opérés par l’auteur entre plusieurs passages de l’Ecriture. A titre d’exemple des observations de type linguistique, telle la remarque sur l’étymologie commune des mots joie et grâce (p. 49) ou le développement sur le qualificatif de Nazôréen à partir du mot nezer, qui signifie rejeton (p. 164-167). J’ai été ainsi confirmé sur le visage du Christ comme clef de l’Ecriture : l’Ecriture éclaire son avènement et, inversement, son avènement donne sa pleine signification à l’Ecriture.

Parmi les choses qui m’ont le plus marqué, il y a le parallèle que Joseph Ratzinger établit entre les évangiles de l’enfance et le prologue de l’évangile selon St Jean. Il invite à lire ce prologue comme résumant la signification la plus profonde des généalogies de St Matthieu et St Luc, qu’il donne à recevoir comme explication de notre origine : « notre vraie généalogie est la foi en Jésus, qui nous donne une nouvelle origine, nous fait naître de Dieu » (p. 25).

Comme dans les deux autres tomes, j’ai aimé le dialogue honnête et sérieux que Joseph Ratzinger mène avec les exégètes. Il ne craint pas de rapporter des points de vue divergents, prend le temps de les examiner avec attention, s’interroge sur leur pertinence, n’hésite pas à trancher personnellement sur des questions disputées. Dans ces débats, il met particulièrement en relief l’enracinement historique précis et vérifiable qui manifeste que la foi chrétienne n’a rien à voir avec un mythe, un récit imaginaire servant à penser le monde et à réaliser une intégration sociale.

En lisant l’étude de ce frère aîné, je me suis senti encouragé et confirmé dans ma foi. Aussi je souhaite à beaucoup de bénéficier de cette lecture vivifiante !

Mgr Pascal Roland
Evêque de Belley-Ars

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Texte publié sur le site de la Conférence des Evêques de France