Humilité et liberté d’esprit

Si Jean-Paul II a été le pape qui a profondément marqué mon ministère presbytéral, Benoît XVI est celui qui a particulièrement accompagné mon apprentissage du ministère épiscopal. En effet, bien que ce soit Jean-Paul II qui m’ait appelé à l’épiscopat en janvier 2013, huit de mes dix ans d’épiscopat ont été vécus sous le pontificat de Benoît XVI.

Je n’avais pas pu me rendre disponible pour les obsèques de Jean-Paul II, mais je faisais partie des quelques évêques français présents à Rome pour la messe inaugurale du pontificat de son successeur, le dimanche 24 avril 2005. Ce jour-là, devant son humilité, sa bonté, sa rigueur intellectuelle, sa profondeur spirituelle, sa fermeté dans le service de la vérité, j’ai eu la confirmation que Josef Ratzinger était vraiment le pape dont nous avions besoin pour le chemin à poursuivre.

Lors de la récente visite ad limina, en novembre dernier, j’ai constaté que Benoît XVI était soumis à un rythme inhumain pour un homme de bientôt 86 ans. Il semblait physiquement épuisé, même s’il demeurait toujours aussi présent intellectuellement parlant. Avec beaucoup de lucidité, il a donc pris acte qu’il n’était plus en mesure d’assumer sa lourde responsabilité d’évêque de Rome. J’ai vu dans cette décision mûrement réfléchie sous le regard de Dieu une nouvelle preuve de l’humilité et de la liberté d’esprit de ce grand serviteur de Dieu.

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Le conclave va se réunir (le mardi 12 mars) pour élire un nouveau pape. A l’abri des pressions et des intrigues mondaines, les cardinaux discerneront les besoins de la mission et détermineront quelles doivent être les principales qualités du futur pape. Se laissant guider par l’Esprit Saint, ils choisiront celui qui leur apparaît le plus apte à accomplir la lourde mission de successeur de saint Pierre. Faisons donc pleinement confiance à l’Esprit Saint et aux cardinaux électeurs, et préparons-nous à recevoir dans la foi le successeur de saint Pierre que Dieu nous donnera !

Quel qu’il soit, le pape poursuivra l’oeuvre de ses prédécesseurs : en adoptant pour boussole les textes du Concile Vatican II, il nous centrera sur la personne du Christ mort et ressuscité, nous rappellera notre vocation missionnaire, nous indiquera les exigences de la communion fraternelle et nous encouragera à résister courageusement à l’esprit du monde, tout en conservant un regard bienveillant et plein d’espérance sur notre humanité. Bref, il nous apprendra à grandir dans la sainteté.

+ Pascal Roland
Evêque de Belley-Ars

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