Comment renouveler la foi dans nos paroisses à l’exemple du curé d’Ars ?

Conférence de Mgr Pascal ROLAND à Ars, le 3 août 2013

Introduction

En cette année de la foi, pour avoir idée de la façon dont nous pouvons renouveler notre foi, et par là-même entrer plus avant dans le dynamisme de la nouvelle évangélisation, je vous invite à vous mettre à l’école du saint Curé d’Ars et à considérer attentivement la manière dont Jean-Marie Vianney a exercé son ministère.

Puisque ce grand saint a permis et permet encore à de nombreuses personnes de grandir dans la foi, je vous engage à observer comment il procède. Ainsi nous découvrirons assurément ce qui suscite et nourrit la foi chez ceux qui le rencontrent ; et nous trouverons des indications précieuses sur le chemin à emprunter pour raviver notre propre foi et susciter davantage la foi autour de nous.

Il ne s’agit certes pas de prétendre trouver des recettes aux effets garantis, ni d’opérer un copier-coller, comme on fait en traitement de texte à l’ordinateur, mais de nous inspirer de sa manière de faire et de transposer sa manière d’être dans le contexte qui est le nôtre, d’abord pour identifier les lieux de conversion qui s’imposent à nous ; mais aussi pour être des évangélisateurs plus ardents et plus audacieux.

1 – Un contexte particulièrement difficile

Lorsque nous considérons le passé, nous avons fréquemment la faiblesse d’imaginer que les choses étaient plus faciles autrefois. Mais quand on regarde objectivement le contexte historique dans lequel a vécu Jean-Marie Vianney et qu’on le compare au nôtre, on constate que les choses n’étaient alors pas plus aisées.

On peut même reconnaître une certaine analogie entre son temps et le nôtre. C’est une époque de laïcisation, dirions-nous aujourd’hui. Il y a un désert spirituel qui s’installe. On rencontre beaucoup d’indifférence. La pratique religieuse est très faible. C’est une période d’hostilité à la foi chrétienne. Autant de traits qui se retrouvent dans les temps que nous vivons.

Les défis d’hier et ceux d’aujourd’hui sont un peu semblables. Aussi cela doit-il nous stimuler et nous encourager. Une révolution spirituelle a été possible hier, du temps de Jean-Marie Vianney. Une nouvelle révolution spirituelle est encore possible aujourd’hui. D’ailleurs le nouveau pape François, dans le sillage de ses prédécesseurs immédiats, nous encourage vivement à cette révolution. Ne soyons surtout ni fatalistes, ni défaitistes ! Mais nourrissons notre espérance à partir de ce dont nous sommes témoins à l’époque du saint curé.

2 – Généalogie spirituelle

Vous savez qu’il n’y a pas de génération spontanée. Si le curé d’Ars a été un saint c’est parce qu’il s’est trouvé un terreau nourricier dans lequel il a pu grandir en sainteté. Ne perdons pas de vue que si Jean-Marie Vianney a été un prêtre zélé et a eu un grand rayonnement, qui continue de se déployer encore largement aujourd’hui, c’est parce que lui-même a pu bénéficier de maîtres qui l’ont fait grandir dans la foi. Aussi je vous propose de remonter la généalogie spirituelle du saint Curé d’Ars.

Que découvrons-nous ? Tout d’abord une famille, qui a créé un terreau propice au développement d’une vie chrétienne authentique, mais aussi à l’accueil et à l’éclosion d’une vocation consacrée. Le jeune Jean-Marie Vianney a eu la chance de naître et de grandir dans une famille où Dieu avait toute sa place. On priait, on aimait Dieu et on exerçait une charité exemplaire. Ses parents lui ont appris à vivre en présence de Dieu, en l’initiant à diverses pratiques de piété régulière : prière personnelle, prière familiale, pratique de la « bénédiction de l’heure », récitation du chapelet, benedicite, et bien sûr la fidélité à la messe dominicale.

Mais il voit aussi ses parents lui apprendre à accueillir, aimer et servir les pauvres. L’accueil des pauvres fait partie du quotidien. Lui-même aide volontiers à servir ceux qui frappent à la porte, quémandant quelque nourriture ou sollicitant un abri. Bref, la foi de la famille Vianney ne se paye pas de mots, et c’est pourquoi elle est communicative. « Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4, 8). « Moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi » (Jacques 2, 14-18). Chez les Vianney, la foi est vivante. L’amour de Dieu est bien présent !

Ensuite, il y a l’exemple non moins déterminant de pasteurs zélés. Tout jeune, Jean-Marie Vianney a côtoyé des prêtres réfractaires. Il vu vivre et agir des prêtres qui se cachaient et vivaient hors la loi, risquant leur vie par amour du Christ et par fidélité à l’Eglise, pour le service de leurs frères. Jean-Marie Vianney a vu des prêtres qui vivaient dans la clandestinité et qui venaient célébrer la messe en cachette, au péril de leur vie, comme de celle des chrétiens qui les accueillaient. A travers eux, il a perçu la beauté et la nécessité du ministère des prêtres, pour la croissance dans la foi. A travers leur exemple, il a appris le sens du don de soi dans la consécration à Dieu, la fidélité à l’Eglise et le service pastoral du peuple de Dieu, à l’image du Bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis (voir Jean 10, 11).

Il a notamment fréquenté l’abbé GROBOZ, auprès de qui il se confessa pour la première fois (1797) et de qui il reçut également la première communion (1799). D’après le témoignage de l’Abbé Alfred MONNIN, c’est en fréquentant ces héros (hérauts) de la foi, ces confesseurs de la foi, que le jeune Jean-Marie a senti le désir de devenir prêtre.

A ces premières rencontres du temps de l’enfance, il faut bien sûr ajouter la fréquentation assidue de celui qui a été son maître, son formateur patient et persévérant, le chanoine Charles BALLEY. A son contact Jean-Marie Vianney a puisé le sens du don de soi par amour de Dieu. Il a appris ce que c’était que d’être pasteur.

Le contexte historique ayant été identifié ; les racines spirituelles ayant été également mises à jour, observons à présent comment Jean-Marie Vianney vit sa foi. Je proposerai sept points d’attention.

3 – Tout d’abord nous constatons que Jean-Marie Vianney donne un témoignage de vie.

S’il touche le coeur des gens, et s’il connaît un rayonnement considérable aujourd’hui encore, c’est parce qu’il manifeste dans sa propre existence combien l’amitié avec Dieu est bien réelle, combien elle est pour lui un trésor inestimable, qui transfigure sa vie toute entière.

Lorsqu’il prend la parole, il est crédible, parce qu’il vit ce qu’il enseigne, selon ce que demande l’évêque au cours de l’ordination, lorsqu’il remet l’Evangile au nouveau diacre : « Recevez l’Evangile du Christ, que vous avez la mission d’annoncer. Soyez attentif à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné ».

Souvenons-nous de Paul VI, qui écrivait dans sa belle exhortation apostolique sur l’évangélisation, Evangelii nuntiandi, au n° 41 : « … pour l’Eglise, le témoignage d’une vie authentiquement chrétienne, livrée à Dieu dans une communion que rien ne doit interrompre,
mais également donnée au prochain avec un zèle sans limite, est le premier moyen d’évangélisation. ? L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres
ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins ?. Saint Pierre l’exprimait bien lorsqu’il évoquait le spectacle d’une vie pure et respectueuse, ? gagnant sans paroles même ceux qui refusent de croire à la Parole ?. C’est donc par sa conduite, par sa vie, que l’Eglise évangélisera tout d’abord le monde, c’est-à-dire par son témoignage vécu de fidélité au Seigneur Jésus, de pauvreté et détachement, de liberté face aux pouvoirs de ce monde, en un mot, de sainteté. »

Le saint Curé d’Ars nous enseigne par son exemple que la nouvelle évangélisation et le renouveau de la foi passent nécessairement par le témoignage de vie. Si nous souhaitons que ceux qui nous entourent se convertissent, nous devons commencer par nous convertir nous-mêmes. Nous devons prendre davantage au sérieux l’Evangile, et conformer nos vies à la Bonne Nouvelle. Nous ne pouvons pas nous contenter d’être des « chrétiens sociologiques » : il nous faut être d’authentiques disciples de Jésus. Il faut qu’en nous voyant vivre très concrètement les personnes rencontrées constatent que Jésus Ressuscité est notre Maître et notre Seigneur, mais également notre ami intime. Tout récemment, lors des JMJ de Rio, le pape François a demandé aux jeunes (et c’est valable pour nous également) de ne pas être des « chrétiens à temps partiel », des chrétiens « ankylosés » ou « de façade ».

4 ? Deuxième constat : Jean-Marie Vianney consacre beaucoup de temps à l’enseignement.

L’enseignement est de fait la première mission des prêtres. Le jour de l’ordination, lors du dialogue préparatoire, l’évêque interroge l’ordinand et lui demande d’abord : « Voulez-vous accomplir avec sagesse et dignement le ministère de la Parole, en annonçant l’Evangile en en exposant la foi catholique ?»

Il est intéressant de noter que les grandes orientations données récemment par les évêques de France dans le Texte National d’Orientation de la Catéchèse, rejoignent la pratique du Curé d’Ars.
– La place première qu’il donne à l’enseignement sous toutes ses formes : prédication, catéchisme, instructions. Il consacrait beaucoup de temps, dans ses débuts particulièrement, à préparer ses homélies dominicales.
– La notion de la catéchèse pour tous et pas uniquement pour les enfants : il a le souci de s’adresser non seulement aux enfants mais également aux adultes, car c’est à tout âge que l’on a besoin de se former.
– La catéchèse le dimanche. Il faisait deux temps d’enseignement le dimanche, contribuant ainsi à valoriser le dimanche comme Jour du Seigneur, et ne dissociant pas ainsi les deux tables, celle de la Parole et celle de l’Eucharistie.
– Le centrage de la catéchèse non pas sur la morale mais sur la personne du Christ. Il vise un attachement aimant à la personne de Jésus. Il met en avant l’amour de Dieu et non pas la crainte de l’enfer, contrairement aux caricatures que l’on a pu faire de lui, parfois. « Il avait le courage de dénoncer le mal sous toutes ses formes ; sans complaisance, car il y allait du salut éternel de ses fidèles (…). Cette responsabilité était son angoisse de curé. Mais, généralement, « il préférait montrer le côté attrayant de la vertu plus que la laideur du vice » et, s’il évoquait ? en pleurant parfois ? le péché et le péril pour le salut, il insistait sur la tendresse de Dieu offensé et le bonheur d’être aimé de Dieu, uni à Dieu, de vivre en sa présence, pour lui » (Jean-Paul II, lettre aux prêtres, jeudi saint 1986, n° 9)

Précisons maintenant deux choses au sujet de son enseignement.

La source de son enseignement est la Parole de Dieu puisée dans l’Evangile :
« Le moyen le plus sûr d’allumer ce feu de l’amour de Notre Seigneur dans le coeur des fidèles, c’est de leur expliquer l’Evangile, ce livre de l’Amour où Notre Seigneur se montre à chaque ligne dans l’amabilité de sa douceur, de sa patience, de son humilité, toujours le consolateur et l’ami de l’homme, ne lui parlant que d’amour et l’engageant à se donner tout à lui, et ne lui répondant que par l’Amour »

Le pape Jean-Paul II a rappelé que le concile Vatican II a placé l’annonce de l’Evangile au premier rang des fonctions du prêtre. « Nul ne peut être sauvé sans avoir d’abord cru. Les prêtres, comme coopérateurs des évêques, ont donc pour première fonction d’annoncer l’Evangile de Dieu à tous les hommes » (Décret sur le ministère et la vie des prêtres, Presbyterorum Ordinis, n° 4).

Et Jean-Paul II nous donne explicitement l’exemple de Jean-Marie Vianney : « Le Curé d’Ars tenait encore à ne négliger en rien le ministère de la Parole, absolument nécessaire pour prédisposer à la foi et à la conversion. Il allait jusqu’à dire : « Notre Seigneur, qui est la vérité même, ne fait pas moins de cas de sa Parole que de son Corps » (lettre aux prêtres, jeudi saint 1986, n° 9).

Il est intéresser de noter que Jean-Marie Vianney qui faisait grand cas de l’Eucharistie, n’en méprisait pas pour autant la Parole de Dieu. Il la tenait en haute estime, car il croyait en sa puissance. Il disait : « Celui qui écoute la Parole de Dieu avec un vrai désir d’en profiter, est plus agréable à Dieu que celui qui Le reçoit dans la Sainte Communion ».

Nous ne pouvons que nous réjouir aujourd’hui, lorsque nous voyons des personnes de plus en plus nombreuses se nourrir de la Parole de Dieu en lisant et méditant les Ecritures. Le chrétien, comme le rappelle le Concile Vatican II, se nourrit indissociablement aux deux tables de la Parole et de l’Eucharistie.

Il centre son enseignement sur l’Evangile, mais également sur la vie des saints.
Parce que St Jean-Marie Vianney sait que la vie des saints c’est l’Evangile vécu. « Qu’est-ce que la vie des saints, sinon autre chose que l’Evangile mis en oeuvre ? », disait St François de Sales. Et St François de Sales qui, comme Jean-Marie Vianney, aimait recourir à des images, poursuivait : « Il n’y a pas plus de différence entre l’Evangile écrit et la vie des saints qu’entre une musique notée et une musique chantée ». L’Evangile du Christ constitue en effet comme une partition musicale sans pareille. Mais il est nécessaire que quelqu’un prête sa voix
pour chanter cette musique exceptionnelle, afin de lui donner de ravir l’oreille et de séduire le coeur des auditeurs.

Là aussi, constatons combien l’intuition de Jean-Marie Vianney rejoint ce que fait le Concile Vatican II et ce que déploiera le pape Jean-Paul II, d’une part en mettant en valeur l’appel commun à la sainteté, d’autre part en illustrant cet appel par les exemples de saints toujours plus nombreux, en multipliant les béatifications et les canonisations.

5 – Troisième constat : Jean-Marie Vianney place l’Eucharistie au centre de tout.

L’Eucharistie célébrée et adorée a été au coeur du ministère de Jean-Marie Vianney. Pourquoi cette place centrale ? Tout simplement parce que l’Eucharistie est l’oeuvre de Dieu ! C’est le mystère de la Croix qui est présent. C’est l’amour infini de Dieu qui est là. Si Jean-Marie Vianney soigne la célébration de l’Eucharistie quotidienne et s’il passe de longues heures devant le tabernacle, c’est pour demander au Seigneur de répandre sa grâce sur ses paroissiens. Il a bien conscience que ce n’est pas lui-même qui peut convertir ses paroissiens, mais la grâce de Dieu qui peut agir dans leur coeur. Sa mission, il la reçoit de Dieu et c’est pourquoi il supplie le Seigneur devant le tabernacle : « Mon Dieu, convertissez ma paroisse ».

Pourquoi encore cette place centrale de l’Eucharistie ? Tout simplement parce que c’est là qu’il reçoit Dieu qui se donne, et c’est également là qu’il apprend à s’offrir par amour,
en réponse à son amour infini. « Son ministère n’est qu’une Eucharistie déployée au long des heures du jour et de la nuit » écrivait Mgr Guy-Marie Bagnard.

Il est important de souligner combien est capitale chez Jean-Marie Vianney la dimension d’intercession et d’offrande pour les autres. C’est effectivement un déploiement de ce qu’il vit dans l’Eucharistie, conformément à ce qui est demandé au prêtre le jour de l’ordination : « Voulez-vous, de jour en jour, vous unir davantage au souverain prêtre Jésus-Christ qui s’est offert pour nous à son Père en victime sans tache, et vous consacrer à Dieu avec lui pour le salut du genre humain ? ». C’est dans la logique et la dynamique de la recommandation que l’évêque fait au prêtre lorsque qu’il lui remet pour la célébration de sa première Eucharistie qui va suivre, la patène avec le pain et la coupe contenant le vin et l’eau mélangés : « Recevez l’offrande du peuple saint pour la présenter à Dieu. Ayez conscience de ce que vous ferez, imitez dans votre vie ce que vous accomplirez par ces rites, et conformez-vous au mystère de la croix du Seigneur »

Cette configuration au Christ et cette solidarité avec les pécheurs, c’est un aspect sur lequel je souhaite insister, car beaucoup de chrétiens, et de prêtres en particulier, n’ont pas suffisamment conscience de cette dimension de la vie chrétienne. Jean-Marie Vianney était particulièrement sensible au renoncement à soi-même pour vivre dans une communion étroite avec le Christ offert pour nous. Dans cet état d’esprit, il a accueilli humblement les croix qui se sont présentées à lui. La première, sans doute, était l’acceptation de la charge curiale, qui lui semblait vraiment lourde pour le pauvre homme qu’il était, et qui l’effrayait. Vous savez qu’à au moins trois reprises il a voulu quitter sa paroisse. Il aurait volontiers été vivre caché dans un monastère : « Ah, si j’avais su ce que c’était qu’un prêtre, au lieu d’aller au séminaire, je me serai bien vite sauvé à la Trappe ! » Mais le souci des âmes l’a toujours fait revenir à sa mission. Les croix n’ont certes pas manquées pour Jean-Marie Vianney : parmi elles, les calomnies, le mépris de la part de confrères, notamment de son vicaire.

Mais le saint Curé ne se contentait pas d’accueillir les croix qui survenaient. Il savait aussi faire pénitence pour ses paroissiens. Il ne craignait pas de mener une vie ascétique. Le jeûne, la prière prolongée, la veille, coucher par terre… Mais soyons bien clairs. Il n’y avait rien de morbide ni de volontariste dans ces pratiques. Le motif des pénitences qu’il se sentait appelé à vivre était profondément ajusté. Il agissait ainsi pour l’amour de Dieu et pour la conversion des pécheurs. En bon pasteur, Jean-Marie Vianney était profondément solidaire du peuple confié. Constatant avec peine que certains n’aimaient pas Dieu, il voulait aimer Dieu pour eux. Constatant combien certains peinaient, il entendait les soulager d’une partie du fardeau en prenant sur lui une part de leur pénitence. Nous connaissons tous ses brèves confidences faites au confessionnal : « Je pleure de ce que vous ne pleurez pas ». Ou encore : « Je donne de petites pénitences et je fais le reste ».

Face à cet exemple édifiant de Jean-Marie Vianney, nous nommes appelés à nous interroger sur la place de la croix dans nos vies. Est-ce que nous la prenons au sérieux ? Lorsque celle-ci se présente sur notre chemin, comment l’accueillons-nous ? Nous sommes également conduits à nous demander quelle est la place de l’ascèse dans nos vies. Sous prétexte de ne pas tomber dans les déviances possibles, nous pouvons aisément nous enfermer dans un confort égoïste et omettre totalement cette dimension de l’existence chrétienne. Quel est notre engagement d’offrande personnelle au service de nos frères ? Quel est notre engagement dans le cadre du mystère de la communion des saints ? Est-ce que nous pouvons dire, comme l’apôtre Paul : « Je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l’Eglise » (Col. 1, 24). Est-ce que nous supportons courageusement la croix, comme saint Paul confessant : « Ainsi la mort fait son oeuvre en nous, et la vie en vous » (II Cor 4, 12).

6 ? Quatrième constat : Au coeur de l’apostolat de Jean-Marie Vianney il y a le sacrement du pardon.

Le pape Jean-Paul II, évoquant sa rencontre avec la figure du curé d’Ars, écrivait : « Cette rencontre avec la figure du Curé d’Ars m’a convaincu que le prêtre accomplit une part essentielle de sa mission au confessionnal… » (« Ma vocation, don et mystère »). Toute la vie du saint Curé d’Ars est en effet centrée sur le témoignage rendu à la miséricorde de Dieuet la célébration du sacrement du pardon. Aujourd’hui, si l’on se rend à Ars, c’est d’abord pour se confesser et être renouvelé par la réception du pardon de Dieu.

Dans sa récente lettre encyclique sur la foi, « Lumen fidei », le pape François écrit : « Croire signifie s’en remettre à un amour miséricordieux qui accueille toujours et pardonne, soutient et oriente l’existence, et qui se montre puissant dans sa capacité de redresser les déformations de notre histoire. La foi consiste dans la disponibilité à se laisser transformer toujours de nouveau par l’appel de Dieu » (n° 13).

Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui est dur et ne connaît pas le pardon. Un monde qui ignore l’amour gratuit, l’amour créateur, l’amour qui ouvre toujours un avenir à l’homme pécheur. Nous devons donc être plus réceptifs pour accueillir le don qui nous est offert et moins frileux pour proposer la grâce de ce sacrement. Car nous avons mission d’apporter le pardon comme un don gratuit de Dieu, redonner vigueur à l’homme blessé par le péché, éclairer et éduquer les consciences, former au désir de repentir et à l’amour reconnaissant…

7 – Cinquième constat : Jean-Marie Vianney entretien une juste relation aux autres

Pour commencer, Jean-Marie Vianney manifeste le sens du presbyterium. Lorsqu’on parle de Jean-Marie Vianney, ce n’est pas un aspect sur lequel on attire l’attention. Pourtant celui-ci mérite d’être souligné. Jusqu’à ce qu’il soit « coincé au confessionnal » par l’afflux de pénitents, Jean-Marie Vianney avait l’habitude de répondre généreusement aux sollicitations de ses confrères des environs et de les seconder, notamment à l’occasion des missions populaires. On rapporte aussi qu’il les traitait fort bien quand il les recevait à sa table.

Notons également que quand en 1845 l’évêque lui envoie un prêtre auxiliaire, l’abbé RAYMOND, Jean-Marie Vianney l’accueille on ne peut plus fraternellement. Il le traite avec délicatesse puisqu’il va jusqu’à lui offrir son propre lit ! Alors que ce confrère se comporte mal avec lui, Jean-Marie Vianney ne s’en plaint jamais, et lorsque les gens le critiquent, il prend sa défense, y compris devant l’évêque, allant jusqu’à déclarer à ses paroissiens : « Si on lui fait de la peine, nous partirons tous les deux ». Exemple édifiant de fraternité sacerdotale et de charité fraternelle ! Par ailleurs, enfin, on sait qu’il se montre généreux et qu’il soutient matériellement ses confrères des équipes missionnaires, qui organisent des missions populaires. « J’aime tant les missions que si, après ma mort, en vendant mon corps, on pouvait en fonder encore une, je le ferais ».

Sa manière d’être nous rappelle donc que le prêtre n’est pas un travailleur indépendant qui mènerait ses affaires à sa guise. Mais que tout prêtre s’inscrit dans un ordre. Il est membre d’un corps sacerdotal et participe à une mission commune.

Ensuite Jean-Marie Vianney établit un juste rapport entre prêtres et laïcs. Comme chacun le sait, Jean-Marie Vianney a une très haute idée du prêtre. « Si je rencontrais un prêtre et un ange, je saluerais le prêtre avant de saluer l’ange. Celui-ci est l’ami de Dieu, mais le prêtre tient sa place.» Jean-Marie Vianney a conscience que le prêtre est envoyé comme dispensateur des mystères de Dieu, pour les rendre présents et accessibles à ses frères humains : pour distribuer à ses frères les fruits de la passion et de la mort du Christ Sauveur. « Le Bon Dieu a placé dans ses mains tous les mérites de sa mort et de sa passion pour nous les distribuer, comme un empereur qui remettra à son ambassadeur un trésor à distribuer comme bon lui semblerait »

Rappelons que par son ministère, le prêtre signifie constamment au peuple de Dieu que c’est Dieu qui a l’initiative de venir à nous et que tout est don. Voilà bien un point délicat sur lequel nous avons progresser aujourd’hui. Dans la mesure où nous n’adoptons pas d’emblée cette perspective de foi qui voit dans les prêtres ceux qui dispensent les fruits de la mort salvatrice du Christ, nous tombons aisément dans des oppositions et des querelles de pouvoir.

Car la haute idée que Jean-Marie Vianney se fait des prêtres ne l’empêche pas d’être proche des laïcs ni de confier des missions aux laïcs. Et nous constatons d’ailleurs que s’instaurent de belles collaborations. Par exemple, il n’hésite pas à confier la direction de l’école de La Providence à deux jeunes femmes : Catherine LASSAGNE et Benoîte LARDET. Et cela est novateur et audacieux pour l’époque. Chez lui, aucune idée de domination, aucune recherche d’un quelconque pouvoir. Il se situe de manière juste. Il se situe comme un serviteur : « Le prêtre n’est pas prêtre pour lui. Il n’est pas pour lui, il est pour vous ! » La haute idée qu’il se fait du prêtre ne lui donne pas un sentiment de supériorité. Loin de là, car il garde constamment conscience de ses pauvretés et de ses limites humaines. Et il a trop conscience d’être indigne du sacerdoce qu’il a reçu.

« Sa paroisse prit vite un nouveau visage- Lui-même ne manquait pas d’aller sur place visiter les malades, les familles. Il se souciait spécialement des pauvres, des orphelines de « La Providence », des enfants sans instruction. Il réunissait les jeunes filles. Il fortifiait les pères et mères de famille dans leurs responsabilités éducatives. Il regroupait des confréries. Il suscitait la coopération des paroissiens qui, en un sens, prenaient en charge les oeuvres. Il s’adjoignait des collaborateurs qu’il formait. Il mettait en oeuvre les missions populaires. Il éduquait à la prière et à l’entraide missionnaire (…) Ainsi le Curé d’Ars encourageait les vocations diverses au service de l’Eglise, avec les moyens, selon les méthodes et suivants les besoins de son temps. Avec les laïcs, il édifiait ici le temple de Dieu, en communion avec ses confrères prêtres, son Evêque et le Pape » (Jean-Paul II, homélie de la messe à Ars, le 6 octobre 1986, n° 8).

Enfin il se montre proche des plus petits. Il a une attention toute particulière pour les malades qu’il va visiter, les enfants pour lesquels il met en place une école, les orphelins pour lesquels il organise un pensionnat. Tout récemment se tenait ici le pèlerinage des gens du voyage. Plusieurs familles, pour qui il est de tradition de venir à Ars depuis fort longtemps, conservent vivant le témoignage de leurs aïeux
rapportant combien ils avaient été bien accueillis par Jean-Marie Vianney lorsqu’ils étaient venu « chiner » (quémander quelque chose à manger) chez lui.

Au passage, notons que chez Jean-Marie Vianney, il n’y a pas d’opposition entre liturgie et diaconie. Jean-Marie Vianney a toujours attaché beaucoup d’importance à la liturgie. Dès son arrivée il a entrepris de restaurer son église. Et il n’a jamais cessé de l’embellir. Il mettait son honneur à acquérir de beaux objets liturgiques : achat de vêtements liturgiques et vases sacrés, d’un beau tabernacle, mais également construction de nouvelles chapelles dans son église. Car à ses yeux, rien n’était trop beau pour honorer le Seigneur. Il recommandait toujours d’acheter ce qu’il y avait de plus beau. Mais cette dévotion était équilibrée. Car en même temps il avait soin de développer des oeuvres sociales : école, orphelinat. Liturgie et diaconie ne s’opposaient pas l’une l’autre, mais, au contraire, s’appelaient mutuellement.

Dans la juste relation aux autres, il convient d’évoquer aussi la figure de Marie Jean-Marie Vianney avait une belle dévotion mariale, qui s’est concrétisée notamment par l’édification d’une chapelle latérale dans l’église paroissiale, et l’acquisition d’une grande statue de Marie placée au-dessus du porche d’entrée. Mais notons aussi une initiative pastorale originale : il avait acheté un coeur en vermeil, qu’il avait suspendu au cou de la statue de la Vierge. Ce coeur contenait un ruban sur lequel étaient inscrits les noms de tous les paroissiens. C’était une façon de signifier que chacun était accueilli et protégé dans le coeur de Marie. C’était une invitation pour chacun à demeurer proche de cette mère qui nous conduit à son fils Jésus. C’était une invitation à se laisser transformer au contact de celle qui garde et médite en son coeur le mystère du Salut ; à entrer avec elle dans une attitude d’écoute confiante de la Parole de Dieu ; à se situer résolument avec la Servante du Seigneur dans la dynamique du service ; et à se laisser entraîner dans son action de grâce, son Magnificat.

8) Sixième constat : Jean-Marie Vianney a une conscience aigüe de sa responsabilité missionnaire

Le mot de salut est certainement celui qui revient le plus souvent dans les propos de Jean-Marie Vianney. Le curé d’Ars se sait responsable du salut de ses frères. Il ne déclare pas d’un air dégagé : « c’est leur problème ». Il ne se laisse pas prendre par l’indifférence. La première fois qu’il s’ouvre à sa mère de son désir de devenir prêtre, il l’exprime en ces termes : « Je voudrais gagner beaucoup d’âmes au Bon Dieu ! »

Par sa manière d’être, il nous rappelle que nous sommes tous responsables de l’Evangile et que le Seigneur nous confie une mission inaliénable. L’évangélisation n’est pas une dimension facultative ni une fonction optionnelle. C’est la nature même de l’Eglise que d’être évangélisatrice. Il convient de relire et méditer la belle exhortation apostolique du pape Paul VI « Evangelii nuntiandi » (L’évangélisation dans le monde moderne, 1975) : « … la tâche d’évangéliser tous les hommes constitue la mission essentielle de l’Eglise, tâche et mission que les mutations vastes et profondes de la société actuelle ne rendent que plus urgentes. Evangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l’Eglise, son identité la plus profonde. » (n° 14).

Il y a aujourd’hui un danger d’engourdissement spirituel. Les chrétiens européens sont menacés d’insouciance, de tiédeur. Nous risquons de prendre trop facilement notre parti d’une situation d’indifférence générale. Nous risquons de laisser les choses aller, comme par fatalisme. Mais derrière cette attitude, prenons conscience qu’il y a un problème spirituel grave. C’est un manque d’espérance. C’est ne pas croire à la possibilité de conversion de nos frères, de ceux qui paraissent aujourd’hui les plus indifférents ou les plus hostiles. Pourtant l’histoire regorge de situations de renversements admirables, à commencer par celui de saint Paul. C’est donc ne pas croire à la grâce, c’est ignorer la puissance de l’Esprit Saint qui agit au coeur de l’humanité. C’est en fin de compte imaginer que tout vient des hommes et oublier que « Rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1, 37).

9) Septième constat : Le secret au coeur du renouveau apporté par Jean-Marie Vianney, c’est l’humilité.

Lui-même affirmait que l’humilité « est aux vertus ce que la chaîne est au chapelet ; ôtez la chaîne, tous les grains s’en vont ; ôtez l’humilité et toutes les vertus disparaissent ». Cette humilité est capitale, car l’action puissante de Dieu se manifeste habituellement dans la fragilité et la pauvreté de la créature humaine. Le saint Curé d’Ars ne se prend pas au sérieux. Il est conscient de ses manques et de sa pauvreté. Mais cette situation ne le décourage pas. Bien au contraire. Catherine Lassage témoigne : « Les bas sentiments qu’il avait de lui-même ne le décourageaient jamais, mais ils semblaient au contraire lui inspirer une plus grande confiance en Dieu ». Lorsque nous observons la vie de Jean-Marie Vianney, nous ne pouvons pas ne pas être frappés par le contraste saisissant entre la pauvreté de cet homme et la fécondité extraordinaire de son action. Face à cet homme simple et sans prétention, on ne peut qu’être saisi par la puissance de la grâce divine qui agit dans la pauvreté.

A l’école du saint Curé d’Ars, nous devons nous souvenir aujourd’hui que le Seigneur nous commande de partir les mains vides. Il convient de nous méfier et d’éviter le piège qui consisterait à imaginer que l’évangélisation relèverait uniquement d’une question de moyens techniques ou serait le fruit exclusif d’un savoir-faire humain spécifique. Rappelez- vous l’envoi en mission des 72 : « Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales… » (Luc 10, 3-4). Nous sommes fondamentalement pauvres et démunis face à une mission impossible. Cela nous protège d’imaginer que nous serions les maîtres de l’évangélisation ! Dès lors, on voit bien que c’est la puissance de Dieu qui agit au coeur de notre pauvreté. Comme l’écrit saint Paul aux Corinthiens : « Notre capacité vient de Dieu » (2 Co 3, 6). Ou encore : « Ce trésor, nous les Apôtres, nous le portons en nous comme dans des poteries sans valeur ; ainsi on voit bien que cette puissance extraordinaire ne vient pas de nous, mais de Dieu » (2 Co 4, 7). Récemment, le pape François rappelait qu’il est dans la nature de l’Eglise d’être fragile : « La barque de l’Eglise n’a pas la puissance des grands transatlantiques qui franchissent les océans ». Il ne faut pas oublier non plus que l’Esprit Saint nous précède et travaille dans le coeur de nos interlocuteurs. C’est lui « le Maître de l’impossible ». A Dieu rien n’est impossible et il peut retourner les coeurs des plus endurcis.

Conclusion

Le témoignage du saint Curé d’Ars est toujours d’actualité. La contemplation de la manière de vivre de Jean-Marie Vianney nous manifeste comment renouveler la foi dans nos paroisses à son exemple. A l’issue de son voyage apostolique qui l’avait conduit à Ars, le 7 octobre 1986, le pape Jean-Paul II avait déclaré, juste avant de reprendre l’avion : « La figure du Saint Curé d’Ars ne cesse pas de parler même à l’homme d’aujourd’hui. Sa vie extraordinaire, remplie de prière et de mortifications, son service héroïque de la Parole de Dieu et des sacrements, spécialement le sacrement de pénitence, continuent à être un point de référence vivant pour les prêtres de l’Eglise contemporaine ».

Perspective eschatologique. Lors des récentes JMJ de Rio, le pape invitait les jeunes à « se nourrir de la foi et à ne pas se remplir d’autres choses. La foi accomplit dans notre vie une révolution que nous pourrions appeler copernicienne, elle nous enlève du centre et met Dieu au centre. La foi nous immerge dans son amour qui nous donne sécurité, force, espérance… » (25 juillet 2013). Le Curé d’Ars peut aider la génération présente à répondre à l’appel du pape qui leur demande d’être révolutionnaires en se rebellant contre une culture du provisoire. Car Jean-Marie Vianney a le souci du salut des âmes, le salut éternel, et pas seulement l’amélioration des conditions de vie matérielle. Nous le voyons pleinement investi dans l’amélioration de la vie des personnes, notamment en matière d’éducation, puisque six ans après son arrivée, il fonde pour les filles l’école de La Providence, qui deviendra ultérieurement un orphelinat. Quatorze ans après, il fonde une école pour les garçons, qu’il confie aux Frères de la Sainte Famille. Mais son action va plus loin. Elle vise la personne humaine dans toutes ses dimensions.

Dans sa lettre aux prêtre du jeudi saint 1986, le pape Jean-Paul II écrivait (n° 2) : « Nous avons plus que jamais besoin de son témoignage, de son intercession, pour affronter les situations de notre temps où, malgré un certain nombre de signes d’espérance, l’évangélisation est contrariée par une laïcisation croissante, où l’on néglige l’ascèse surnaturelle, où beaucoup perdent de vue les perspectives du Royaume de Dieu, où souvent, même dans la pastorale, on se préoccupe trop, exclusivement de l’aspect social, des objectifs temporels. Le curé d’Ars a dû affronter au siècle dernier des difficultés qui avaient peut-être un autre visage, mais qui n’en étaient pas moins grandes. Par sa vie et par son action, il a constitué, pour la société de son temps, comme un grand défi évangélique qui a porté des fruits étonnants de conversion. Ne doutons pas qu’il présente aujourd’hui encore pour nous ce grand défi évangélique ».

Aujourd’hui, nous courrons le risque de nous enfermer dans la seule recherche de l’amélioration des conditions de vie matérielle. Il est d’ailleurs symptomatique de constater que les gens parlent davantage de recherche de bien-être que de salut. Or nous expérimentons que le bien-être physique, le confort matériel ne suffisent pas à combler le coeur des hommes. Il faut aussi que leur vie ait un sens. Il faut aussi une orientation spirituelle.

Retenons enfin la persévérance de Jean-Marie Vianney. A plusieurs reprises il a éprouvé le désir de quitter Ars. Mais il est resté par fidélité à la mission confiée. Il avait une très haute idée de sa responsabilité. Ne cédant ni à la tentation de l’individualisme, ni à celle du relativisme, mais, constamment hanté par le salut de ceux qui étaient confiés à son ministère curial, il a renoncé à son confort personnel et s’est accroché à sa mission.

« Demeurez solides sur le chemin de la foi avec une ferme espérance dans le Seigneur. Là se trouve le secret de notre chemin ! Lui nous donne le courage d’aller à contre-courant. Écoutez bien, les jeunes : aller à contre-courant ; cela fait du bien au coeur, mais il nous faut du courage pour aller à contre-courant et lui nous donne ce courage ! Il n’y a pas de difficultés, d’épreuves, d’incompréhensions qui doivent nous faire peur si nous demeurons unis à Dieu comme les sarments sont unis à la vigne, si nous ne perdons pas l’amitié avec lui, si nous lui faisons toujours plus de place dans notre vie. Ceci aussi et surtout si nous nous sentons pauvres, faibles, pécheurs, parce que Dieu donne force à notre faiblesse, richesse à notre pauvreté, conversion et pardon à notre péché. Il est si miséricordieux le Seigneur : si nous allons à lui, il nous pardonne toujours. Ayons confiance dans l’action de Dieu ! Avec lui nous pouvons faire de grandes choses ; il nous fera sentir la joie d’être ses disciples, ses témoins. Misez sur les grands idéaux, sur les grandes choses. Nous chrétiens nous ne sommes pas choisis par le Seigneur pour de petites bricoles, allez toujours au-delà, vers les grandes choses. Jeunes, jouez votre vie pour de grands idéaux ! » (Pape François, homélie à des confirmands, à Rome, le 28 avril 2013)

+ Pascal Roland