Evangélisation et communion fraternelle

Dans l’évangile du dimanche 30 septembre (Marc 9, 38-48) nous avons reçu un enseignement qui nous éclaire sur la manière dont nous devons vivre notre responsabilité missionnaire commune en Pays de l’Ain. C’est pourquoi je souhaite y revenir avec vous.

Jésus nous révèle que le groupe des Douze n’a pas le monopole de l’action évangélique, puisqu’il valide l’action de ceux qui chassent des esprits mauvais en son nom, même s’ils ne font pas partie de ceux qui suivent le groupe, pourvu qu’ils ne se positionnent pas contre Jésus et les Douze.

L’Esprit Saint s’autorise à souffler où il veut. Il ne saurait donc y avoir de concurrence entre disciples du Christ. Et il importe de ne pas absolutiser ce que fait le groupe particulier auquel on appartient ni de l’opposer à quelque autre !

En qualité de pasteur de ce diocèse, chargé de garantir à la fois la fidélité à l’Evangile et la communion fraternelle, je me dois de veiller à ce qu’aucun groupe ne se comporte en gérant exclusif de l’Evangile. Que chacun relativise donc sa manière de vivre et d’annoncer l’Evangile ! Celle-ci n’est jamais l’unique, la meilleure ni la seule autorisée ! L’histoire de l’Eglise nous montre que l’Esprit Saint déborde toutes les frontières que nous voudrions lui imposer par étroitesse de vue, sectarisme, intolérance, soif de pouvoir… Pensez par exemple à la diversité inépuisable des ordres religieux !

Non seulement il est nécessaire que chacun respecte ce que font les autres au nom du même Seigneur Jésus Christ ; qu’il reconnaisse que d’autres peuvent faire également du bien, d’une autre manière, avec une pédagogie différente, avec des points d’attention différents, avec des maladresses, bien sûr, et certainement de façon imparfaite.

Mais, bien plus, il faut aussi s’émerveiller de ce que l’Esprit Saint fait chez les autres, en rendre grâce, et recevoir ce que Dieu nous destine par leur intermédiaire afin de nous enrichir et nous faire progresser.

L’année de la foi est providentielle, puisque c’est en adhérant toujours davantage au mystère de la foi que, dans un même élan, nous nous engagerons davantage dans l’évangélisation et que nous grandirons dans la communion fraternelle.

Pour terminer, je retiens le critère ultime de la charité énoncé par Jésus : « Malheur à l’homme par qui le scandale arrive ». Nous devons en effet toujours avoir le souci de ne pas faire tomber les plus petits, les plus faibles, les plus nouveaux dans la foi, les plus fragiles. Et Jésus souligne les exigences radicales de la charité fraternelle : « Si ta main t’entraîne au péché, coupe-là. Il vaut mieux entrer manchot dans la vie éternelle, que d’être jeté avec tes deux mains dans la géhenne, là où le feu ne s’éteint pas ! » Autrement dit, nous devons avoir le courage de renoncer à ce qui nous entrave !

Chacun et ensemble demandons la docilité à l’Esprit Saint et un attachement plus étroit au Christ, afin que l’oeuvre de Dieu s’accomplisse en nous, et que la Bonne Nouvelle soit proclamée partout dans l’Ain !

+ Pascal ROLAND
Evêque de Belley-Ars