MESSAGE aux communautés musulmanes et chrétiennes de Bourg-en-Bresse

Malgré de nombreuses semaines d’intense activité diplomatique, toutes les tentatives en faveur de la paix ont échoué. Une guerre meurtrière vient d’éclater en Irak. Depuis quelques jours, les écrans de télévision nous montrent des images de guerre et de sang. Des êtres humains sont atteints dans leur corps et souffrent de tous les maux qu’engendre la guerre.
Dans cette situation dramatique, la violence risque de se diffuser et d’envahir les esprits, ici chez nous comme dans le monde entier. On peut même faire croire qu’il s’agit d’une guerre de religions entre l’islam et le christianisme, entre les musulmans et les chrétiens.
Frères et soeurs, nous ne devons pas céder à cette tentation. Comme croyants et fils d’Abraham, nous ne pouvons laisser penser que la violence plaît à Dieu. « Nul ne peut utiliser le Nom de Dieu pour justifier des actions meurtrières. C’est un blasphème pour tous les croyants que de prétendre tuer ses frères humains au nom de Dieu. »
Aujourd’hui où le monde est une seule « nation », faire la guerre à un pays, c’est la faire à toute l’humanité, et tout le monde en subira les conséquences dans le présent et dans le futur. Ce n’est pas comme cela que l’on doit préparer l’avenir de nos enfants et des générations futures. La violence engendre la violence : cela doit impérativement cesser.
Tournons-nous vers Dieu le Tout-Puissant et le Miséricordieux. Prions-Le pour que le soeur de l’homme change et qu’advienne la paix autour de nous et dans le monde. Travaillons ici à nous accueillir et à nous comprendre. Engageons-nous courageusement à établir un nouvel ordre international fondé sur la paix et la justice pour tous. Que personne d’entre nous, devant la violence du monde, ne perde l’espérance.
A Bourg-en-Bresse, le 25 mars 2003 Latrech Ali, Imam de la Mosquée du Pont des Chèvres, Guy Bagnard, Évêque du diocèse de Belley-Ars, Jean Dietz, Pasteur de l’Église Réformée de France – 25 mars 2003