Lettre aux prêtres du diocèse

Le 14 avril dernier, jour de ses 75 ans, Mgr Guy Bagnard a adressé une lettre aux prêtres du diocèse.

Cher Frère dans le sacerdoce,

J’ai 75 ans aujourd’hui !

C’est donc le jour où je remets entre les mains du Saint-Père le service que l’Église m’a confié il y a 25 ans. Avant de quitter cette mission, je voudrais dire à chacun d’entre vous ma joie d’avoir assumé cette tâche en collaboration avec vous.

L’Évêque n’est rien sans les prêtres ; c’est une conviction qui m’a toujours habité. Sans doute les chrétiens ont-ils toute leur place dans la mission ; avec combien d’entre eux ai-je pu partager des moments de réflexion et des moments de convivialité ; vous-mêmes, vous en faites l’expérience quotidienne dans les paroisses, comme moi-même je le vis au jour le jour, ici à l’évêché.

Il reste que le prêtre a dans la communauté la grâce de transmettre la vie du Christ, tout spécialement l’Eucharistie et le Pardon ! Le Curé d’Ars, notre aîné à tous, nous en fournit l’exemple, lui qui a été curé d’une paroisse de notre diocèse. Il savait dire à ses gens : « Le prêtre n’est pas prêtre pour lui mais pour vous. » Merci à chacun d’entre vous d’avoir donné toute votre existence pour que cette vie du Christ continue de parvenir aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui.

Remettre sa charge ne signifie pas que je lis l’avenir comme en un livre ouvert sur ce qui va se passer dans les semaines et les mois qui viennent. Le Nonce m’indique que le successeur ne devrait pas tarder. J’ai accepté, si cela est nécessaire, de rester jusqu’en mai-juin, pour faciliter le changement… mais je souhaite passer le relais dès que possible ; vous l’avez tous compris ! Non pas que ma santé m’interdise tout travail ; mais 25 années vécues avec une certaine intensité appellent raisonnablement le changement et le renouvellement !

Ma prière se fait vraiment fervente pour vous tous. Demain je serai à la cathédrale de Belley. J’offrirai l’Eucharistie pour chacun d’entre vous !

Lors de notre rencontre, le Mardi Saint, j’ai pris le point de départ de l’entretien du matin dans les deux mots que j’avais choisis comme devise en arrivant dans le diocèse : « Sint Unum » ! Si le Christ dans son ultime adresse au Père, prie pour l’unité, donc pour « notre » unité à nous, c’est qu’il sait que celle-ci sera exposée aux plus graves dangers ; qu’elle aura à surmonter les pires épreuves. L’intensité de sa prière nous révèle, en creux, la puissance missionnaire contenue dans l’unité. Jusqu’à la fin, le Diviseur travaillera à « disperser » et le Ressuscité dans la force de l’Esprit Saint, à « rassembler » ! Nous l’exprimons dans la belle prière du Missel : « Toi qui rassembles ce qui est dispersé et qui fais l’unité de ce que tu rassembles ».

Aussi, mon voeu le plus cher, au moment où je suis sur le point de laisser la charge, c’est de reprendre la prière du Seigneur et de la redire avec vous : « Père saint, que tous ils soient un, comme Toi, Père, tu es en moi et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17, 21).

Le moyen le plus profond et le plus sûr, c’est d’aimer l’Eglise comme l’époux aime l’épouse ! De nous laisser mesurer par ses enseignements, de nous laisser conduire par ses appels. Car, comme le disait sainte Jeanne d’Arc : « du Christ et de l’Eglise, m’est avis que c’est tout un ! »

Avec vous je prie pour notre communion dans l’exercice de notre ministère

? Père Guy Bagnard
Évêque de Belley-Ars