L’Amour de l’Eglise !

Mot de remerciement à Mgr Bagnard
Père Georges Guiffray
Ancien vicaire général
Dimanche 2 septembre 2012 – Co-cathédrale Notre-Dame de Bourg

On m’a demandé de dire un mot à la fin de cette cérémonie. Je me suis fait un peu tirer l’oreille. Mais comment refuser puisque j’ai été, pendant vingt ans, proche collaborateur du Père Bagnard, comme vicaire épiscopal pendant six ans et surtout comme vicaire général pendant quatorze ans. Aviez-vous fait le bon choix, Père Bagnard ? J’en ai toujours douté ! Mais je vous ai fait confiance et j’ai fait confiance à l’Esprit Saint qui a trouvé le moyen de me faire cesser brusquement toute activité à cause de la maladie.

Je serai discret sur notre collaboration pendant vingt ans. Mais je me fais un devoir de rappeler d’abord quelques idées force et ce qui m’a semblé être votre ligne directrice, la préoccupation primordiale de votre ministère épiscopal. Je n’hésite pas à dire que tout pourrait être contenu dans un mot : « L’Eglise » : votre sens de l’Eglise, votre amour de l’Eglise, votre souci d’unité. D’ailleurs, n’est-ce pas votre devise : « Sint Unum » : « Qu’ils soient Un » ! Et je crois que rien ne vous a fait autant souffrir que les divisions.

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Toute votre action a été animée par cet Amour de l’Eglise, par le souci de l’évangélisation, l’annonce de la Bonne Nouvelle, d’où votre préoccupation constante des vocations, de la formation, de la vie des prêtres, de leur unité. Ce serait trop long de reprendre tout ce que vous avez entrepris pour cela ; mais je ne peux passer sous silence la création du Séminaire international d’Ars, la Société Jean-Marie Vianney pour le soutien spirituel des prêtres, l’accueil des prêtres venant de l’extérieur, le rayonnement de la spiritualité de saint Jean-Marie Vianney dans le monde… Et je ne veux pas oublier votre attention pour les prêtres âgés ou malades, pour qu’ils puissent avoir une vie digne et la plus confortable possible ; et malgré les difficultés, vous êtes parvenu à faire construire la résidence de Seillon-Repos qui fête ces jours-ci sont 20e anniversaire. Je signale en passant que 75 prêtres ont pu en profiter depuis l’ouverture de la maison et actuellement nous sommes 17 prêtres présents.

Dans votre souci permanent d’évangélisation, vous aimiez être présent sur le terrain ; vous avez parcouru toutes les routes du diocèse ; c’était une joie pour vous de visiter même les plus petits villages, d’aller seconder ou remplacer le curé le dimanche ou les jours de fête, quand votre emploi du temps le permettait. Vous n’aimiez pas être absent de votre diocèse, sauf quand votre ministère épiscopal vous y obligeait. Aussi, inutile de vous demander où et quand vous preniez vos vacances !

Le Père Bagnard était extrêmement discret sur lui-même, sur ses soucis personnels ! – On a toujours tendance à juger selon les apparences – Tout en respectant cette discrétion, je me permets simplement de dire un mot sur notre collaboration vécue pendant de longues années dans une confiance mutuelle totale, malgré des tempéraments différents. On sait que le Père Bagnard n’aimait pas perdre de temps ; il fallait que les choses aillent vite. Il ne laissait pas traîner le courrier et prenait rapidement contact dès qu’un problème surgissait quelque part, en donnant toujours la possibilité de rencontrer, d’accueillir ceux qui le souhaitaient ou l’acceptaient. Et pourtant, j’ai pu admirer la force de caractère du Père Bagnard pour se dominer dans certaines circonstances particulières, parfois longtemps.

Plus on a une responsabilité élevée, plus on est isolé, plus on est seul pour la porter. Par discrétion, par respect pour les personnes. Je sais, Père Bagnard, avec quelle délicatesse et quels sentiments paternels, vous avez su accueillir et aider ceux qui ont vécu des situations douloureuses, et que quelquefois vous hésitiez à m’en parler pour ne pas me causer trop d’inquiétude.

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Alors, c’est pour moi aujourd’hui, Père Bagnard, l’occasion de vous dire publiquement ma reconnaissance personnelle pour tout ce que vous avez été avec moi et ce que nous avons pu vivre ensemble, bien conscient que je ne portais qu’une part bien infime du fardeau. Merci, Père, pour tout ce que vous avez fait pendant 25 ans pour accomplir votre mission de Pasteur du Diocèse de Belley-Ars, dans des conditions souvent difficiles, ferme dans vos convictions, dans votre fidélité à l’Eglise, à votre mission. Vous vous êtes donné à fond pour servir le peuple qui vous a été confié, accueillant les critiques et les incompréhensions. Et vous auriez voulu faire encore davantage.

Mais votre mission n’est pas terminée. Elle continuera ailleurs autrement, en vous consacrant encore à ce ministère qui vous tient tant à coeur : le service des vocations, la vie, la formation et le ministère des prêtres. De tout coeur, nous souhaitons que vous puissiez continuer longtemps encore ce ministère, et je pense pouvoir, au nom de tous, vous assurer de notre prière, persuadé qu’il y aura toujours, dans votre prière et dans votre coeur, une petite place pour le diocèse du Saint Curé d’Ars.

Père Georges Guiffray
Ancien vicaire général