J.M.J. du souvenir à l’avenir !

Tout au long de ces JMJ, j’ai eu le vif sentiment que c’était les jeunes qui nous entraînaient vers le Christ. Depuis le jour du départ de Bourg, le mercredi 10 août, jusqu’à celui du retour, le lundi 22 août, c’est l’élan joyeux qui a habité les coeurs. Sur les visages se lisait la joie d’être chrétien. Je n’ai entendu aucune plainte ! Partout, c’était la joie, la joie d’être membre de l’Église et de répondre au rendez-vous du Pape.
Pourtant, ces journées ont été rudes. Il a fallu renoncer à ses aises et porter le poids de la fatigue quotidienne : manque de sommeil – nourriture limitée – déplacements fréquents – attentes prolongées – multiples marches à pied. Ces renoncements n’ont pas entamé la joie. Ils l’ont plutôt purifiée et approfondie !
Une grande amitié s’est nouée entre ces jeunes venus de tous les lieux du diocèse, les nombreux jeunes prêtres, les séminaristes eux aussi venus en nombre ! Ce fut un grand moment de vie ecclésiale ! L’Église apparaissait dans sa vitalité, à travers les langues et les cultures ! Elle se découvrait dans sa dimension universelle, capable de rassembler une foule de personnes, sans pour autant faire sombrer chacun dans l’anonymat. La fraternité était tangible entre ceux qui, pourtant, se voyaient pour la première fois ! Ce fut aussi un moment de rencontre avec le Christ. J’ai été profondément frappé par le déroulement de la veillée du samedi soir : 6 à 700.000 jeunes – peut-être plus ! – qui ensemble, dans un recueillement impressionnant, ont adoré le Christ eucharistique, en pleine nuit, dans le froid et l’inconfort. Plusieurs m’ont dit : « C’est dommage que la veillée n’ait pas été plus longue. Nous commencions d’entrer dans le recueillement de la prière et c’était déjà le moment où elle s’achevait !  »
« Nous sommes venus l’adorer !  » Ces paroles de l’Évangile ont résonné profondément dans l’esprit et le coeur de ces jeunes. A l’église de Saint Pantaléon, où je me trouvais, près de la cathédrale, il y a eu toutes les nuits l’adoration eucharistique. Des jeunes de toutes nationalités étaient là. Ils venaient prendre le relais, sans qu’il y soient forcés. J’ai perçu une profonde ferveur chez beaucoup.
Tous ces jeunes ne sont pas revenus exactement comme il étaient partis. L’Évangile signale que les Sages d’Orient, venus adorer l’Enfant, étaient rentrés dans leur pays « par un autre chemin » ! le chemin du retournement du coeur ! J’ai entendu une jeune dire dans le témoignage qu’elle a donné auprès des chrétiens de sa paroisse : « Je ne suis plus tout à fait comme avant ! J’ai mûri !  »
Aujourd’hui, nous voilà revenus à la vie ordinaire ! Beaucoup de ces jeunes reprennent le chemin du lycée, de la faculté ou du travail ! Une rencontre est prévue à Ambronay, le 19 novembre, où ils se retrouveront pour échanger. Ils ont reçu à Cologne le message du Pape dont la simplicité était évidente. Parlant de l’Eucharistie, centre de toute vie chrétienne, il leur a dit :
« Puisque nous recevons le même Seigneur et que Lui nous accueille et nous attire en lui, nous sommes une seule chose aussi entre nous. Cela doit se manifester dans la vie. Cela doit se voir dans la capacité à pardonner. Cela doit se manifester dans la sensibilité aux besoins de l’autre. Cela doit se manifester dans la disponibilité à partager. Cela doit se manifester dans l’engagement envers le prochain, celui qui est proche comme celui qui est extérieurement loin, mais qui nous regarde toujours de près. Il existe aujourd’hui des formes de bénévolat, des modèles de service mutuel, dont notre société a précisément un besoin urgent. »
Ainsi se dessine le programme d’avenir ! Je fais confiance à ces jeunes pour qu’ils entraînent tout le diocèse dans leur sillage, le sillage d’une vie chrétienne joyeuse, qui n’a pas peur de se montrer, sans pour autant se donner en spectacle ! Une vie chrétienne qui accueille un héritage et qui est prête à la transmettre !

Mgr Guy-Marie Bagnard, 9 septembre 2005