HOMELIE pour la messe chrismale 2005

En cinq années de séminaire, vous avez pu découvrir et approfondir les réalités de la Foi ; vous avez participé chaque jour à la vie liturgique de l’Église ; vous avez expérimenté ce qu’est la vie fraternelle dans le cadre du séminaire, et vous avez fait aussi vos premiers pas dans la pastorale, en assurant une catéchèse dans les paroisses, en animant des groupes de jeunes en Aumônerie, etc…
C’est ce qui vous vaut aujourd’hui d’être entourés par tous ces jeunes venus participer à votre ordination diaconale, en signe d’amitié et avec le désir de prier pour vous, d’être proches au moment où vous offrez votre vie toute entière à Dieu, à l’Église et à vos frères !
Beaucoup de choses vous ont été données au cours de ces 5 années de formation ; et vous savez, en particulier, ce qu’est un diacre, ce qu’il est appelé à faire et pourquoi il y a le diaconat. Mais est-ce que vous tous, vous les jeunes et vous les membres de cette assemblée, vous savez ce qu’est le diaconat ?
C’est une étape sur le chemin de l’ordination sacerdotale. A la différence du diaconat permanent qui, lui, est un diaconat qui demeure, pour vous c’est un diaconat transitoire, une étape vers la prêtrise, un passage. Mais ce transitoire n’empêche pas au diaconat d’avoir une identité spécifique, un contenu qui lui appartient en propre.
Trois réalités en sont la marque particulière :
– le célibat : le diacre veut revivre la vie de Jésus. Il veut l’imiter d’aussi près que possible. Il pourrait, certes, fonder une famille, avoir une épouse et des enfants. Non, il choisit le célibat consacré ! Il accepte de ne pas laisser une trace de lui-même dans le monde à travers ses enfants. Il choisit d’être ordonné pour laisser une trace de Dieu ! L’Église est arrivée très tôt à la conviction qu’être prêtre signifie donner ce témoignage. Elle pouvait se référer à une préfiguration dans l’Ancien Testament. La prière de consécration – qui sera reprise tout à l’heure – en a gardé la mémoire. Lorsque Israël entre dans son pays, dans la Terre promise, les onze tribus se voient remettre chacun sa terre, son territoire. Seule la tribu de Lévi, la tribu des prêtres, ne reçoit pas de terre. Son héritage c’est Dieu seul. Cela signifie pratiquement que ses membres ne vivront que des offrandes du culte, et non comme les autres tribus de l’exploitation d’une terre. Le point essentiel, c’est qu’ils n’ont pas de biens propres. C’est ce que chante le psaume 16 : « Seigneur, tu es ma part d’héritage et ma coupe, c’est toi qui es mon lot. » Le pays de la vie du prêtre – et déjà celle du diacre ordonné en vue du sacerdoce – c’est Dieu. Dieu est sa terre ! Le diacre, en disant que Dieu devient son héritage, rend crédible aux autres l’existence du Royaume de Dieu. Il en donne le témoignage, non seulement par des paroles, mais par ce mode de vie spécifique du célibat qui a été choisi par Jésus lui-même. Ainsi le diacre devient le serviteur de Dieu en un sens très particulier.
– La Liturgie des heures : c’est la prière de l’Église. Il s’agit de donner du temps à Dieu. Alors que vous serez, certains jours, surchargés d’activités, vous vous arrêterez volontairement pour réserver le temps de la louange et de l’intercession au nom de l’Église et pour le monde. Vous serez amené, en certaines circonstances, à dire à ceux qui vous entourent : Permettez-moi de me retirer un instant, l’office de l’Église m’appelle. Il me faut consacrer quelques instants à la prière de l’Eglise dont j’ai accepté la charge ! Se dégager d’un groupe, quitter une activité immédiate sont la traduction vivante du « Dieu, premier servi » ! Vous vous unirez ainsi à la prière incessante du Coeur du Christ en faveur des hommes et du monde qu’il est venu sauver.
– L’obéissance à l’Église, enfin, et tout spécialement à l’Évêque. L’obéissance est le signe d’une désappropriation de soi. C’est la traduction concrète de votre donation au Christ et à l’Église : je ne m’appartiens pas, à la manière de Jésus qui s’en remettait à son Père. L’obéissance du diacre et du prêtre a pour modèle celle de Jésus et c’est pourquoi elle est toujours une obéissance filiale.
Qu’est-ce qui fait la qualité de cet engagement que prend ainsi le diacre vis à vis de ces trois réalités ? C’est sa liberté personnelle ; elle est l’aspect le plus décisif dans son engagement. C’est pourquoi l’Évêque va interroger tout à l’heure les ordinands en leur demandant en substance : « Est-ce que vous savez bien ce que vous faites ? Est-ce que vous le faites librement ?  »
Tout engagement est lié à une adhésion personnelle, à un consentement libre. L’une des responsabilités du séminaire consiste justement à apprécier le degré de liberté de celui qui se présente à l’ordination. Est-ce qu’il s’est contenté de se modeler sur son environnement ? N’a-t-il fait que s’aligner sur la conduite et la pensée des autres ? S’est-il seulement laissé porter par un climat, une ambiance, une opinion générale ? Il est si facile d’agir en se conformant aux influences extérieures !
Mesurer le degré de la liberté personnelle est chose au-dessus des forces humaines et pourtant, il revient à l’Église de s’en approcher, autant qu’il est possible à la faiblesse humaine ! D’où, chez les Pères du séminaire, comme chez l’Évêque, la prière instante pour demander la lumière de l’Esprit Saint. Si nos deux frères, Laurent et Gaspard, sont là aujourd’hui, chacun comprend que leur demande a été jugée comme l’expression de leur authentique liberté ! Une ordination est donc ainsi un engagement humain ! Mais la liturgie nous invite aussi à entrer dans une autre dimension, celle du Sacrement, cette oeuvre qui s’accomplit dans un homme et qui a Dieu Lui-même comme auteur. Car c’est le Christ, Lui-même, qui agit dans le Sacrement.
Il y a deux sortes de sacrements. Ceux qui se répètent : tels l’Eucharistie et le sacrement du Pardon et de la Réconciliation. Et ceux qui ne se répètent pas, que l’on ne reçoit qu’une seule fois parce qu’ils imprègnent l’être qu’ils touchent. Ils le marquent définitivement comme un cachet de cire sur un parchemin, comme une effigie sur une pièce de monnaie, comme le sceau royal sur une édit signé du souverain. C’est le cas du Baptême, c’est aussi celui de l’Ordination. Inutile donc de réordonner quelqu’un. Il l’est à jamais. Son être d’ordonné est lié pour toujours au Christ Serviteur !
Quelles seront alors les tâches concrètes du diacre ? Les voici énoncées d’après le livre de la liturgie, le rituel.
Le diacre est consacré serviteur, à l’image du Christ pour le ministère de la parole, de l’Eucharistie et de la charité. » Qu’est-ce que cela veut dire en pratique ? Il proclame l’Évangile, il prêche, baptise, bénit les mariages, distribue la sainte Eucharistie. Il la porte aux malades et préside les funérailles. Il se fait volontairement proche des pauvres à l’exemple du Christ Serviteur !
A la réflexion, toutes ces tâches sont relativement faciles ! Mais en même temps, combien elles dépassent par leur source et leur ampleur les capacités de celui qui les reçoit. Un dessin humoristique a paru au moment de l’élection du pape Benoît XVI. On y voyait les cardinaux réunis en conclave s’approcher un à un d’une imposante chaussure. Celle-ci était placée au pied de la cheminée qui, selon la tradition, devait annoncer au monde extérieur l’élection du nouveau Pape ! A voir la taille du soulier, il n’était pas difficile de deviner qu’aucun des pieds des cardinaux n’allait le remplir, et de loin ! A l’évidence, tous avaient les pieds trop petits ! Donc, tous, d’avance, étaient dans l’impossibilité d’assumer la mission pour laquelle l’un d’entre eux allait être, pourtant, désigné ! La mission de représenter le Christ !
Ce qui vaut pour le pape vaut aussi pour l’évêque, le prêtre et le diacre. C’est ce qui fonde l’humilité de l’ordinand, c’est-à-dire cette inadéquation entre la grandeur du don qu’il reçoit et ses propres limites personnelles. Car, par l’ordination, il devient une image, une icône du Christ Bon Berger ; il agira désormais en Son Nom, en sa Personne ! C’est bien ce qui fait que la chaussure est trop grande pour un homme, quel qu’il soit ! Le sacrement le lie au Christ d’une manière unique, au point que, quand il prêchera, par exemple, il le fera « dans » la Personne du Christ ! Ce sera le Christ rendu présent… agissant lui-même, mais dans une humanité forcément limitée, donc fragile et imparfaite ! Mais il rendra présente la Personne de Jésus dans la communauté !
Ce don conféré par l’ordination, cher Laurent et cher Gaspard, vous le recevez gratuitement. Et vous aurez à le donner gratuitement, sans attendre des éloges ou des remerciements ! Votre seule récompense, ce sera la joie d’accomplir la Volonté de Celui qui s’est lié à vous pour toujours par le Sacrement.
Voilà pourquoi, nous sommes ici, nous tous, pour prier à votre intention, pour vous aider et vous soutenir au moment où vous faites le pas décisif ; pour vous dire aussi notre profonde gratitude. Et déjà, nous nous préparons à voir à travers votre personne ce que vous allez devenir par le sacrement de l’ordination : une présence tout à fait originale du Christ dans les communautés chrétiennes que vous servirez !

HOMELIE pour la messe chrismale 2005

La Messe chrismale a rassemblé en la co-cathédrale Notre-Dame de Bourg plus d’une centaine de prêtres autour du Père Évêque et un bon nombre de fidèles laïcs et de religieuses. Mgr Xavier Baronnet, s.j., évêque émérite des Seychelles, concélébrait également. La chorale de Notre-Dame animait les chants. Un repas convivial a réuni ensuite prêtres, diacres et séminaristes à la Maison Jean-Marie Vianney, Salle des Pays de l’Ain. Le service était assuré par des paroissiens(nes) de Notre-Dame.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (4, 18-21)
(…) « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il ma consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »
Homélie
Les événements que nous rapporte l’Évangile sont – comme tous les autres événements – des éléments de l’histoire. Ils ont des causes. Ils entraînent des effets. L’historien peut les analyser, les étudier comme tous les autres. Ils ont pourtant une particularité que Jésus relève à la fin de la lecture qu’il vient de faire à la synagogue de Nazareth, le village de son enfance et de sa jeunesse : « cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »
Ce qui arrive dans l’Évangile y arrive comme l’accomplissement d’une parole annoncée et conservée dans un texte. L’événement n’est donc pas le fruit d’une série de simples contingences. Bien sûr, il se produit à la suite d’un enchaînement, d’une trame qui relie les uns aux autres une multitude de faits. Pris isolément, ils n’ont qu’une portée limitée, par exemple ici : l’arrivée de Jésus dans son village, le rassemblement des croyants dans la synagogue, le jour du sabbat ; le rouleau des Écritures qui est choisi par le servant et qui est présenté au lecteur – et enfin Jésus qui proclame l’Écriture et la commente !
Autant de petits faits insignifiants, mais qui, reliés entre eux, forment un tout et débouchent sur un point d’orgue, tout aussi important que l’Écriture elle-même puisqu’il L’achève en La réalisant : « cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »
Jusqu’alors, l’Écriture n’avait pas encore trouvé toutes ses dimensions. Comme un plan d’architecte avant la construction qu’il ébauche, elle couvre seulement l’espace d’un manuscrit où elle est consignée. Mais, à la synagogue de Nazareth, elle acquiert son ultime dimension : la profondeur ! On la voit en relief comme toute chose qui devient réalité ! Ce qui était annoncé par la vision du prophète, trouve ainsi place dans l’histoire. Ce qui veut dire que Jésus a la mission de faire exister l’Écriture, de la faire passer dans les faits. Il ne procède pas pour cela à la manière d’un esclave qui, bêtement, suivrait une route toute tracée, en appliquant comme de l’extérieur ce qui était annoncé ! Car c’est dans sa propre Personne que doit s’incarner l’Écriture ! C’est en Lui qu’elle se réalise en premier ; et la condition de cet accomplissement, c’est qu’Il s’ouvre à elle dans la liberté.
La seule manière de la faire exister c’est de se donner à Elle librement. S’ouvrir à la Sainte Écriture, c’est équivalemment pour Jésus se donner à son Père ! « Ma nourriture, c’est de faire Ta volonté ! « , c’est-à-dire : faire « Ta » volonté me maintient en vie ; « Ta » volonté me fait grandir, c’est Elle qui éclaire et oriente mon existence ; c’est Elle qui me donne la croissance et l’être ! Il n’est pas indifférent que ce passage de l’Évangile soit retenu le jour où, nous, prêtres, nous renouvelons les promesses de notre ordination. Ce jour-là, nous recevons, de la bouche de Jésus, un message bien précis : notre mission – dans le prolongement de la sienne – est un don de nous-mêmes pour faire passer dans la réalité le dessein du Père sur l’humanité : il s’agit de faire exister dans les faits la Parole de la Sainte Écriture, de lui donner son relief, à la façon dont Jésus lui-même l’a accomplie, c’est-à-dire en la faisant exister dans notre personne. Bref, en nous livrant à elle.
C’est au moment de la Sainte Cène, heure suprême de sa vie – « Père, l’heure est venue !  » – que se manifeste avec le plus de force la réalisation de l’Écriture par Jésus. Et c’est cela que le Christ laisse à l’humanité : « Un sacrifice tellement décisif pour le salut du genre humain, explique le Pape, que Jésus-Christ ne l’a accompli et n’est retourné vers le Père qu’après avoir laissé le moyen d’y participer comme si nous y avions été présents. Tout fidèle peut ainsi y prendre part et en goûter les fruits d’une manière inépuisable !  »
« Après avoir laissé le moyen d’y participer comme si nous y avions été présents », écrit le Pape. C’est notre ministère de prêtres qui assure à l’Écriture sa capacité à entrer dans la réalité des hommes. Et, comme le Christ, nous le faisons en livrant notre vie. L’Écriture prend d’abord racine dans notre personne !
C’est cette composante essentielle de notre ministère qui oriente la juste réponse à la question de l’actuelle pénurie de vocations sacerdotales. Si nous mettions cette vérité du don de soi entre parenthèses, notre ministère se réduirait très vite à sa seule fonction, à une extérorité. A l’égal, par exemple, des agents des Pompes funèbres, avec lesquels nous avons de fréquentes relations. Nous les voyons accompagner le cercueil, introduire les membres de la famille dans l’église ; ils accueillent souvent admirablement ; ils disposent cierges et fleurs, présentent le bénitier ; en certains cas, ils animent même la prière en rédigeant eux-mêmes les textes. Mais si on leur posait la question : « Êtes-vous croyants ? « , ils seraient sans doute les premiers surpris et trouveraient la question déplacée. Car ils sont là pour accomplir leur métier, et non pas pour exprimer leur foi ! Leur travail, si bien fait soit-il, n’implique pas de soi un engagement personnel dans une relation avec Dieu.
Il en va autrement pour nous, prêtres : notre ministère est d’abord l’expression du don de notre être au Christ et à son Église. Nous ne pouvons pas rester extérieurs à la mission que nous accomplissons ! Et c’est bien pour cette raison que, chaque année, nous renouvelons les promesses de notre ordination.
Elles expriment notre attachement au Christ et à l’Église dans tous les actes de notre ministère quotidien. Notre fidélité à ce rendez-vous liturgique donne, en outre, une visibilité à notre fraternité sacerdotale. Ce n’est jamais dans l’isolement que nous travaillons. Car c’est la même Parole et la même Vie du Christ que nous offrons aux hommes et aux femmes de ce diocèse.
Notre fraternité est d’autant plus nécessaire aujourd’hui que nous sommes renouvelés plus fréquemment dans nos missions. Autrefois, un curé pouvait être nommé pendant trente ou quarante ans dans la même paroisse. Cette stabilité avait ses avantages et aussi… ses inconvénients ! Aujourd’hui, les changements se produisent sur un rythme plus fréquent, ce qui accentue l’exigence de la solidarité entre prêtres. Car nous avons à tenir compte davantage du travail que le prédécesseur a effectué et de mener le nôtre dans l’esprit où nous serons remplacés à notre tour ! La communion sacerdotale est une composante de la mission. Ce n’est donc pas d’abord nos particularités que nous avons à mettre en avant. C’est la pastorale commune et les appels de l’Église diocésaine – elle-même reliée à l’Église universelle – que nous avons à inscrire dans notre ministère.
Qu’il me soit permis d’exprimer à vous, les fidèles, qui êtes venus nombreux participer à cette liturgie une demande de pardon : il vous arrive d’être parfois bousculés par ces changements, de souffrir de ces modifications dont les raisons parfois vous échappent. Sachez rappeler à vos prêtres que ce n’est ni la « créativité » ni « l’arbitraire » qui doivent l’emporter dans la vie et l’orientation de la communauté ; mais le bien pastoral commun tel qu’il est exprimé et voulu dans l’Église. Le fait de s’en tenir à des repères objectifs – qui ne sont donc pas tributaires des personnes – permet à la communauté de mieux accomplir l’unité entre ses membres et d’être relié à l’ensemble de l’Église.
Mais, en même temps, je voudrais vous rappeler qu’un prêtre, quel qu’il soit, a donné sa vie pour vous. Il n’a pas pu recevoir le Sacrement de l’Ordination sans que soit inscrit au fond de lui-même le sens aigu du service, à l’imitation du Christ, et la volonté de le traduire dans sa vie !
S’il arrive que l’unité soit blessée, l’Eucharistie est là pour la reconstruire et la développer. Le Pape nous le rappelait : dans ce sacrement, le don du Christ « accomplit avec une surabondante plénitude les désirs d’unité fraternelle qui habitent le coeur humain ; de même, elle élève l’expérience de fraternité inhérente à la participation commune à la même table eucharistique jusqu’à un niveau bien supérieur à celui d’une simple expérience de convivialité humaine. Par la communion au corps du Christ, l’Eglise réalise toujours plus profondément son identité : elle « est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire, le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. » » (Ecclesia de Eucharistia n°24).
Don de soi et fraternité sacerdotale dans le service de l’évangélisation, tel est le message vivant de cette célébration. Recueillons-en tous les fruits, pour nous-mêmes et pour les communautés que l’Église nous confie.

Mgr Guy-Marie Bagnard, 2005