COMMUNIQUE à l’occasion de l’élection du Pape Benoît XVI

Sérénité dans l’adversité – En à peine 24 heures, le nouveau Pape a été élu. En se présentant à la foule, ses premiers mots ont été emprunts d’une grande humilité « Chers Frères et Soeurs, après le grand pape Jean-Paul II, les cardinaux m’ont élu, un ouvrier simple, humble, dans le vignoble du Seigneur ». Succéder à Jean-Paul II n’est pas une petite affaire. Il l’a accepté alors qu’il vient d’avoir 78 ans. – Ce nouveau pape brille par son intelligence et son immense culture. Il a une compréhension aigüe des enjeux théologiques et il est habité par une très grande humanité. Avec Jean-Paul II, il a participé d’un bout à l’autre au Concile Vatican II. A la dernière visite ad limita des évêques de la Province de Lyon, nous avions été tous impressionnés par la profondeur et la clarté de ses réflexions. Mais ce n’est pourtant pas dans cette direction que se porte en premier mon regard. – C’est du côté de son équilibre humain et spirituel ! J’en ai pour preuve – au-delà de mon propre témoignage – ce que rapportait Vittorio Messori, journaliste italien, qui avait rencontré en novembre 1984 le Cardinal qui était alors, depuis trois ans, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ce dernier était l’objet d’une « bagarre mondiale » – ce sont les mots de Messori – et ajoute celui-ci : « J’avais rempli des tiroirs entiers de coupures de journaux… Quand je revis le Cardinal, je lui demandai s’il avait vu lui aussi tous ces articles. « Oui, mais pas tout » me répondit-il calmement. « Qu’entendez-vous faire ?  » lui répliquai-je. Il me regarda stupéfait. « Ce que je vais faire ? Laisser dire et attendre. Les polémiques passent, l’Eglise et la foi demeurent ». Cet homme garde une surprenante paix intérieure dans les moments de tempête ! Une sérénité pacifiante dans une grande adversité ! – Ce compagnon de longue date de Jean-Paul II – près de 24 années passées auprès de lui – n’aura pas à être initié longtemps dans cette haute mission. Sous l’égide de saint Benoît, patron de l’Europe, le nouveau Pape travaillera, à n’en pas douter, pour le service de l’unité en Europe et pour la paix entre les peuples. – Le Siège de Pierre n’aura pas souffert de vacance ! Et c’est un grand bienfait pour l’Eglise tout entière et pour le monde !
Mgr Guy-Marie Bagnard