Carême 2004 : LETTRE pastorale & Courrier aux prêtres du diocèse

Chers Amis, Paroissiens de … J’ai la joie de vous adresser ces quelques mots au moment où nous allons entrer dans le temps liturgique du Carême. Ce temps fort dans notre vie en Église nous tourne vers la célébration de la mort et de la résurrection de Jésus, dont le sommet est la Vigile pascale. Pour deux raisons, cette année, cette préparation prend un relief particulier :
1°) L’appel des évêques, adressé à tous les catholiques de France, nous invite à « aller au coeur de la Foi ». Ils nous demandent de redécouvrir le mystère pascal comme centre de notre foi. Il s’agit, pour chacun, de prendre conscience qu’il est responsable de sa foi et qu’à ce titre, il est appelé à en avoir une connaissance plus approfondie. Plus on connaît le Christ, plus on L’aime. Et plus on L’aime, plus on veut Le découvrir. La catéchèse est souvent regardée comme une affaire réservée aux enfants. En fait, tout chrétien, quel que soit son âge, doit faire grandir sa foi, car celle-ci n’est jamais parfaitement achevée. Renouveler dans la nuit de Pâques les promesses de son Baptême, ce n’est pas qu’un rite. Aucun d’entre nous ne peut prétendre avoir fait le tour du Mystère de la Foi. Renouveler dans la nuit de Pâques les promesses de son Baptême, ce n’est pas qu’un rite. C’est un engagement à mieux saisir la richesse de sa foi – et donc à prendre les moyens de la développer – et répondre positivement à cette question : « Veux-tu être saint ?  »
Quatre fiches de Carême ont été éditées pour tout le diocèse par le Service de la formation (SEDIF). Elles se présentent comme des outils pour nous faire grandir ensemble dans notre attachement au Christ et à l’Église. En voici les titres : « Lumière au coeur du monde » »Une Parole vivante » »Saisis par le Christ » »Devenir le Corps du Christ »
2°) Il se trouve que, cette année, la date de Pâques est commune pour tous les chrétiens : orthodoxes, catholiques et protestants. Cela arrive rarement. C’est pourquoi l’assemblée des évêques orthodoxes de France nous adresse une lettre significative :
« Le Seigneur, créateur et maître du temps, permet qu’en 2004 tous les chrétiens du monde fêtent la résurrection du Christ le même jour, le dimanche 11 avril. (…) Nous invitons les chrétiens de toutes les communautés à s’unir dans une unique démarche de prière et de purification : l’expérience du jeûne de Pâques, suivant la tradition des saints Pères d’Orient et d’Occident, jeûne qui n’est pas le nôtre, mais celui du Christ lui-même. (…) Cette initiative pourrait être considérée comme un appel à communier dans l’expérience de la puissance du jeûne et de la prière… »
C’est une invitation pour nous, catholiques, à retrouver le sens et la place du jeûne dans notre vie spirituelle et à donner à la prière une place privilégiée. Cela rejoint ce que Jean-Paul II a écrit à l’occasion du Carême : « La liturgie du Mercredi des Cendres nous invite à unir le jeûne à la prière, celui-ci étant une pratique pénitentielle qui réclame un effort spirituel plus profond, c’est-à-dire la conversion du coeur avec la ferme décision de s’éloigner du mal et du péché pour mieux se disposer à accomplir la volonté de Dieu. A travers le jeûne physique, et à plus forte raison, le jeûne intérieur, le chrétien se prépare à suivre le Christ et à être son témoin fidèle en toute circonstance. Par ailleurs, le jeûne aide à mieux comprendre les difficultés et les souffrances de nos frères si nombreux, oppressés par la faim, par la pauvreté et par la guerre. En outre, le jeûne encourage un mouvement concret de solidarité et de partage avec ceux qui se trouvent dans le besoin. » (Angelus 2 mars 2003)
Dans leur lettre, les évêques orthodoxes nous proposent de reprendre avec eux quotidiennement, tout au long du Carême, la prière de Saint Ephrem, en grande vénération dans les Églises d’Orient : « Seigneur et maître de la vie, éloigne de moi l’esprit d’oisiveté, d’abattement, de domination et de vaines paroles. Mais donne-moi un esprit d’intégrité, d’humilité, de patience et d’amour à moi ton serviteur. Oui, Seigneur roi,
donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère, car tu es béni dans les siècles des siècles. Amen. »
Je souhaite que ce Carême soit pour tous une véritable montée vers Pâques, un moment de purification et de conversion intérieure, qui conduise à des gestes de partage avec ceux qui vivent dans une grande pauvreté.
Mgr Guy-Marie Bagnard, Carême 2004