Au seuil de la nouvelle année pastorale

1/ Quel bilan personnel pouvez-vous dresser de ces années en tant qu’évêque du diocèse ?
Un bilan est bien évidemment constitué à la fois de zones de lumière et de points d’attention…
En ce qui concerne les points positifs, je note que chaque année, dans notre diocèse, il y a des ordinations. Les prêtres ne sont pas assez nombreux mais enfin, il y a une relève, et les prêtres jeunes développent la dynamique de leur jeunesse. Il s’ensuit que la présence sacerdotale auprès des chrétiens se maintient dans l’ensemble des paroisses. De plus, la constitution quasi généralisée de Conseils Pastoraux de Paroisse, de Conseils Economiques et de Conseils Pastoraux de Secteurs, dans lesquels les laïcs sont associés à la mission de l’Eglise est une avancée très positive au service de la pastorale. Par ailleurs, un pas considérable a été accompli dans l’organisation financière du diocèse, qui peut se prévaloir maintenant d’une gestion maîtrisée et transparente. Enfin la volonté de renforcer nos outils au service de la communication nous a conduit à encourager le lancement et le développement du site internet diocésain. Globalement, c’est une Eglise diocésaine plus apaisée qui progresse aujourd’hui sur la voie de l’unité : on vit davantage et de manière plus visible  » en  » Eglise…
Quelques points cependant retiennent mon attention, et en premier lieu le souci de la pastorale des jeunes : comment leur être mieux présents ? quels chemins nouveaux inventer pour les rejoindre ? Egalement cette préoccupation que le visage des plus faibles, des plus petits, des malades, soit davantage pris en compte dans notre vie en Eglise. Il conviendrait également qu’un effort réel se poursuive et même s’intensifie pour la formation à tous les niveaux et que soit renforcée notre présence dans les différents domaines de la société, en particulier celui de la culture, afin de servir cette visibilité de l’Eglise que beaucoup appellent de leurs voeux. Enfin, la fermeture d’un certain nombre de communautés religieuses constitue pour nous une zone d’ombre car leur impact sur la vie de l’Eglise locale est considérable. Aujourd’hui, la vie religieuse a tendance à s’effacer en raison du non renouvellement des vocations. Je note toutefois le renforcement de la Communauté des S?urs de Saint-Paul à Bourg et l’arrivée prochaine des Travailleuses Missionnaires à Ars.2/ Quels ont été selon vous les événements les plus marquants en 2004 pour l’Eglise (Eglise des pays de l’Ain, Eglise de France ou Eglise universelle ?
Si la béatification de S?ur Rosalie Rendu a constitué un événement marquant de cette année pour notre Eglise diocésaine, et si les célébrations au cours desquelles jeunes et adultes ont reçu le sacrement de la Confirmation ont marqué en profondeur la vie des secteurs pastoraux, je retiens aussi tout le travail pastoral accompli dans l’ensemble du diocèse à partir du document « Aller au soeur de la foi » qui rappelle à tous que la catéchèse ne concerne pas seulement les enfants mais toute personne désireuse de « repartir du Christ »… Ce document fait l’objet d’une réflexion à l’échelle de l’ensemble de l’Eglise de France. C’est dans son prolongement que se prépare dans notre diocèse un grand rassemblement des jeunes du catéchisme et de leurs catéchistes au Parc des Exposition de Bourg le samedi 16 octobre prochain.3/ Quels sont vos projets pour le diocèse ?
Dans la foulée de cette réflexion lancée en 2004, nous avons été amenés à nous interroger sur la place du dimanche – en particulier la messe dominicale, mais pas exclusivement – dans la vie chrétienne d’aujourd’hui. C’est donc avec beaucoup d’espérance que nous accueillons l’invitation du Pape et de l’Eglise universelle, à mettre l’accent cette année sur l’Eucharistie, ce grand sacrement « source et sommet de notre foi » qui fait l’Eglise et son unité. Comment mieux la comprendre ? comment mieux la mettre au centre de notre vie chrétienne et au soeur de la pastorale missionnaire de nos communautés ?
De manière particulière, les JMJ qui auront lieu à Cologne en août 2005 et dont le thème « Nous sommes venus l’adorer » s’inscrit parfaitement dans cette même ligne pastorale, constituent une opportunité pour orienter dans cette direction la pastorale des jeunes.
Il faut également signaler que l’on fêtera l’année prochaine le centenaire de la béatification du Curé d’Ars et qu’en raison de cet anniversaire aura lieu à Ars, d’une part, en février 2005 un colloque sur le thème : « Le prêtre et la société » et d’autre, part, en septembre 2005, une retraite internationale de prêtres.4/ Quels sont vos motifs d’espérance et d’inquiétude ?
Le grand motif d’espérance qui m’habite est de percevoir un peu partout une quête spirituelle, une recherche de sens, et donc une ouverture sur Dieu. On perçoit au soeur de la vie de beaucoup une écoute, un intérêt, une soif, une attente de Dieu. Comment allons-nous leur répondre ?
En effet, l’appauvrissement de la structure visible de l’Eglise est notable et peut constituer un motif d’inquiétude, mais en même temps cette faiblesse fait mieux ressentir le besoin qu’on a de sa présence et de sa vitalité.
Cette plus grande pauvreté ne peut-elle pas justement amener l’Eglise à vivre dans une cohérence plus grande avec l’Evangile ? C’est quand quelque chose vient à manquer u’on mesure mieux son importance.

5/ Pour conclure, quel(s) message(s) voudriez-vous adresser aux personnes qui contribuent généreusement au Denier de l’Eglise ?
C’est tout d’abord un message de profonde gratitude que je souhaite adresser à tous celles et ceux qui contribuent généreusement au Denier de l’Eglise. En effet, l’Eglise diocésaine vit grâce à vos dons et ne pourrait donc agir sans votre contribution !
Ces mots ne sont pas formulés à la légère… En effet, par votre don – de quelque montant qu’il soit… – vous rendez l’Eglise  » libre  » d’annoncer véritablement le message de l’Evangile. Elle n’est pas prisonnière des Pouvoirs et peut donc remplir pleinement sa mission…  » Défendez votre liberté !  » nous a rappelé le Pape Jean-Paul II à Lourdes. Par votre don, vous rendez l’Eglise libre. Soyez-en, par avance, vivement remerciés ! Propos recueillis par Elisabeth Lebert

– Mgr Guy-Marie Bagnard, 27 août 2004