Journée du Presbyterium – 29 avril 2010

Prêtres à l’école de….

Le 29 avril, 75 prêtres se retrouvaient à l’espace Salvert d’Attignat pour la deuxième journée du Presbyterium. Ces rencontres sont toujours un moyen de mieux se connaître, une occasion de vivre un partage fraternel et de recevoir un enseignement qui relance les prêtres avec enthousiasme vers le ministère qui leur est confié.

Le père-évêque a ouvert la journée en rappelant l’importance de ses rencontres entre prêtres : « Elles permettent de développer l’unité pas toujours facile à réaliser entre nous, car nous avons du caractère, nous avons l’habitude de diriger ! Alors, quand nous nous réunissons, il faut accepter d’accorder nos caractères. L’unité est essentielle pour l’évangélisation ; le curé d’Ars disait à son évêque : « Si vous voulez convertir votre diocèse, il faut faire de tous vos prêtres des saints ! » En cette année sacerdotale, trois grandes figures de prêtres ont été mises en lumière. Saint François de Sales a été présenté par le père Alain Viret, du diocèse d’Annecy, responsable international des prêtres de saint François ; le père Chevrier a été présenté par le père André Etcheverry, responsable du Prado de France ; et saint Vincent de Paul par le père Bernard Massarini, lazariste, directeur des Filles de la Charité. De leurs interventions, nous ne garderons que l’actualité de ces belles figures sacerdotales.

Saint François de Sales

« Il y a des gens qui passent leur temps à bâtir des châteaux en Espagne alors qu’ils habitent en France ! Fleuris là où Dieu t’a planté ! Soyons ce que nous sommes et soyons-le bien ! »
François de Sales est un humaniste à la personnalité riche et équilibrée. Il se méfie des manifestations exaltées. C’est un homme de coeur qui sait aussi être ferme, faisant preuve d’une douceur qu’il a acquise. C’est un homme de justice qui sait aussi être conciliant, un homme intelligent qui sait trouver les images pour parler des choses compliquées. « Le coeur parle au coeur, la bouche ne parle qu’aux oreilles », « Ce n’est pas par la grandeur de nos actions que nous plaisons à Dieu, mais par l’amour que nous y mettons. » Il a su révéler un Dieu cordial, amoureux, montrant qu’il ya une grande convenance entre Dieu et le coeur de l’homme. C’est ainsi qu’il parle d’un Dieu « maternellement paternel ». Il ouvre une sainteté pour tous et souligne que, comme dans un bouquet, la variété est source de richesse. « Il faut tout faire par amour et rien par force. Il vaut mieux aimer l’obéissance que craindre la désobéissance. »

Le père Chevrier

A Noël 1856, le père Chevrier a cette illumination : « Le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous sauver et que voyons-nous ? Les gens continuent à se damner, alors je me résolus à suivre Notre Seigneur de plus près. »
A partir de ce jour, il se met à travailler quotidiennement l’évangile. Il a rencontré le curé d’Ars, il l’aimait pour sa pauvreté et sa manière de catéchiser. Il va accueillir des enfants pauvres dans une salle de bal qu’il vient d’acheter. Il veut les reconstituer au plan humain en leur donnant catéchèse et instruction – trois heures de scolarité et cinq heures de catéchèse !- pour leur permettre de trouver une place dans la société. Pour l’épauler dans cette mission, le père Chevrier aura l’idée de former des prêtres pauvres, pour qu’ils deviennent apôtres des pauvres.
« Connaître, aimer, suivre Jésus-Christ » : ces trois mots constituent le fil rouge de sa catéchèse. Il faut parler des mystères de Dieu comme les gens simples parlent de ce qui leur tient à coeur. La méditation fidèle et patiente de l’évangile permet de parler simplement du mystère de Dieu. C’est ainsi que, dans « Le véritable disciple », des pages sont barrées avec la mention : « Pas assez priées, à reprendre ! »
Le Prado insiste sur la double identité du prêtre, disciple et apôtre. Il invite les prêtres à prendre un temps quotidien ou hebdomadaire pour la méditation de l’Evangile, un temps pour la vie fraternelle,  de s’imposer des ruptures salutaires pour étudier l’évangile et voir quelle part nous réservons aux pauvres, aux ignorants et aux pécheurs.

Saint Vincent de Paul

La situation des prêtres n’était pas toujours reluisante à son époque ! Bien des prêtres avaient des bénéfices sans accomplir le ministère afférant. Ivrognerie, avarice, impureté régnaient un peu partout parmi eux. L’insulte du moment, c’était : « Paresseux comme un prêtre » ! Mgr Camus, évêque de Belley, disait : « L’hérésie sourd de l’ignorance et de la vie déréglée des pasteurs ». Toutefois, des prêtres essaient de reprendre le chemin du sacerdoce en mettant en valeur le concile de Trente. Mr Bourdoise, par exemple, disait : « Oh que peu de prêtres vivent en prêtres ! »

Mr Vincent sera un homme de son temps, il est conduit par la recherche de l’ascension sociale en restant toutefois animé par une exigence intérieure. Par deux fois, il sera touché par les événements qu’il vit dans l’exercice de son ministère. Comme pour Mr Vincent, les hommes et les femmes auxquels nous sommes envoyés peuvent devenir le chemin de notre conversion.
Ses entretiens aux ordinands sont pleins de bons conseils : « Nous ne pouvons enseigner l’oraison si nous ne la pratiquons pas », « C’est une offense faite à Dieu que de devenir prêtre sans en avoir la vocation », « Dans l’état ecclésiastique, il s’agit d’accomplir avec plaisir toutes les fonctions de cet état, même les plus humbles. Il nous faut vivre le plus saintement possible pour devenir des exemples. » Il demandait la vertu de la simplicité pour faire toute chose par amour de Dieu, sans aucun autre but que la gloire de Dieu ; la vertu d’humilité parce que, plus on est humble plus on est charitable : accepter de ne pas être mis en valeur et que nos imperfections soient connues de tous ; la douceur : ce que tu dois enseigner, dis-le avec coeur ; la vertu de mortification : il ne s’agit pas d’abord de faire des sacrifices, mais de faire confiance à ceux qui nous gouvernent ; le zèle : ne jamais tomber dans l’insensibilité, la résignation par rapport à ceux qui sont loin.

Père Pierre-Yves Monnoyeur


Témoignage du Père Pierre-Yves Monnoyeur

Ce serait dommage de se croiser sans se rencontrer !

Le presbyterium de l’Eglise qui est à Belley-Ars s’est retrouvé pour sa 2° journée annuelle. Cette année, c’est le bel espace culturel Salvert à Attignat qui avait été choisi pour ce rassemblement. L’animation de cette était centrée sur l’année sacerdotale, c’est pourquoi nous avons développé notre réflexion à partir d’une présentation de différentes figures sacerdotales : St François de Sales, le Père Chevrier, St Vincent de Paul, autant de frères aînés qui nous laissent en héritage le témoignage d’une spiritualité incarnée. Pour ma part, je retiendrai le souci pour François de Sales de chercher l’unité de l’être dans un accompagnement spirituel, discernant dans la douceur et la fermeté pour chacun. Il savait respecter la liberté, ce qui est bon et équilibrant pour le corps, l’esprit et l’âme. Quant au Père Chevrier, comment ne pas souligner son souci du service des « petits » par une vie sacerdotale vécue dans un esprit de simplicité et de pauvreté. Il invitait aussi les frères prêtres à l’exigence d’une relecture de vie à la lumière de l’évangile. En ce qui concerne, St Vincent de Paul, il a été fortement souligné le rayonnement de sa charité et de sa justice qui ne connaissaient pas de frontières : elle s’exerçait envers ceux qui détiennent du pouvoir, comme envers les déshérités de l’existence. En conclusion, on peut dire que chacun vivait une spiritualité centrée sur le Christ pour consolider son action, sans oublier le travail intellectuel, la contemplation, la vie sacramentelle, la vie fraternelle, l’ascèse, le zèle missionnaire, l’amour de l’Eglise ! Nous avons ensuite pu réagir par un partage sur ces présentations du matin et voir comment actualiser aujourd’hui ces intuitions qui demeurent des fondamentaux pour la vie spirituelle et la mission.
Au coeur de notre assemblée, notre évêque, nous a partagé son ministère de rencontres d’autres Eglises avec leurs « tristesses et leurs angoisses, leurs espérances et leurs joies » Prière Eucharistique pour des rassemblements.
Comme dit le cantique : « ce serait dommage de se croiser sans se rencontrer ! ». Au final, cette journée nous permet vraiment de nous rencontrer ; l’étendue du département risquerait de nous faire traverser le ministère sans nous connaître, sans nous estimer, sans nous pardonner, sans nous aimer, sans nous encourager. Nous avons besoin de prier ensemble, de partager nous qui vivons dans le même état de vie, nous qui appartenons à une même Eglise diocésaine pour faire « un seul corps et un seul esprit dans le Christ » Prière Eucharistique n°3 ! Nous avons besoin les uns des autres pour vérifier, dans un élan miséricordieux, que notre ministère est authentique et fécond, tourné vers la mission !
Quand les frères m’ont élu pour cette mission de secrétaire du Conseil Presbytéral, je trouvais cette charge supplémentaire un peu lourde, le quotidien de la paroisse est déjà bien rempli ! Puissent-ils en être remerciés. J’ai trouvé dans ce service comme une invitation à prendre, modestement, ma place dans ce concert de l’animation de notre diocèse. Si chacun accepte de jouer sa partition, l’esprit d’évangélisation deviendra puissant ! Au moment même où l’augmentation de nos charges permettent moins de rencontres au plan local, ces rencontres diocésaines deviennent essentielles. Elles nous aident à entendre l’appel à une conversion sans cesse à renouveler pour rester fidèles au ministère reçu ; elles font retentir de manière constante la parole de Paul, parole à la fois paisible et forte : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile » ! 1 co 9-16