Fête de sainte Louise de Marillac

Le 15 mars, l’Eglise fête sainte Louise de Marillac, collaboratrice de saint Vincent de Paul, qui a œuvré à structurer les premières Charités et a fondé avec lui les Filles de la Charité. Pour cette fête, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, présidera une messe à l’église Saint-André de Châtillon le mercredi 15 mars à 10h.

 

Louise de MARILLAC Statue en bois, Maison-Mre des SÏurs de la CharitŽ de ZAMS, Autriche

Louise de MARILLAC

 

Issue d’une famille puissante, Louise naît en 1591 et est élevée chez les Dominicaines. Elle songe à devenir religieuse, mais sa famille la pousse au mariage : elle épouse Antoine Le Gras en 1613. Elle donne naissance à un fils, mais rapidement, son mari tombe malade. Louise, rongée de scrupules, voit cette épreuve comme un châtiment pour ne pas avoir répondu à sa vocation religieuse.

 

Mgr Camus

Mgr Jean-Pierre Camus, évêque de Belley et cousin de Louise de Marillac

 

Elle est alors aidée par l’un de ses cousins, Jean-Pierre Camus, évêque de Belley, qui tente de soulager sa culpabilité. Après une période de doute radical, Louise s’apaise soudainement à la Pentecôte 1623. L’année suivante, Mgr Camus la confie à la direction spirituelle de Vincent de Paul. Son mari meurt en 1625, et Louise s’appuie alors beaucoup sur Vincent pour découvrir ce qu’elle peut faire de sa vie : elle n’a que 34 ans, un fils adolescent pour lequel elle s’inquiète beaucoup, et un grand désir de devenir religieuse. Vincent tempère son impatience et les mortifications qu’elle s’impose : « Dieu est amour et veut que l’on aille par amour ».

 

Il l’invite à orienter vers les plus pauvres son énergie, et s’appuie sur son aide pour gérer les confréries de la Charité. A partir de 1629, Louise visite toutes les Charités qui se sont créées à la suite des missions de Vincent. Elle parcourt la France, contrôle, encourage, suscite des vocations. Elle s’épanouit pleinement dans cette fonction, même si elle retombe parfois dans sa morosité quand elle se dépense trop. Vincent la reprend alors : « C’est une ruse du diable, dont il trompe les bonnes âmes, que de les inciter à faire plus qu’elles ne peuvent, afin qu’elles ne puissent plus rien faire. »

 

Arrivent alors Marguerite Naseau et un groupe de « filles des champs », qui souhaitent instruire les jeunes filles. Vincent les confie à Louise. Elle leur donne une formation pratique et spirituelle, et discerne enfin sa vocation : en 1633, elle prend la tête de la congrégation des Filles de la Charité qui se crée. Elles accompagneront Vincent de Paul dans toutes ses oeuvres : auprès des galériens, des enfants trouvés, dans les hôpitaux et les hospices, pour instruire les enfants du peuple…

 

Saint Vincent et une fille de la Charité, Vitrail de l'église de Chatillon sur Chalaronne

Saint Vincent et une fille de la Charité, Vitrail de l’église de Chatillon sur Chalaronne

 

Les Filles de la Charité sont une grande nouveauté dans l’Eglise : elles n’ont « pour monastère que les maisons des malades, pour cellule une chambre de louage, pour chapelle l’église paroissiale, pour cloître les rues de la ville… ». Louise dirige les Filles de la charité jusqu’à sa mort, en 1660, fondant une trentaine de communautés partout en France.