Le miracle de Soeur Rosalie



La béatification de Soeur Rosalie (9 novembre 2003 à Rome) est l’aboutissement d’un « procès » canonique ouvert en 1974. Pour être honorée publiquement dans l’Église, il fallait d’abord que soit reconnue « l’héroïcité des vertus » dont elle a fait preuve. Il fallait aussi que soit reconnu un miracle obtenu par son intercession. C’est une guérison, datant de 1952, qui a été retenue par la Congrégation romaine pour la Cause des Saints. Le décret d’approbation a été lu en présence du pape Jean-Paul II le 12 avril 2003. Voici le récit de ce miracle.

 

Récit de la guérison de Soeur Thérèse – Soeur Thérèse elle-même, à L’Haÿ-les-Roses, a écrit le 20 février 1996, le récit de sa guérison.Depuis 1937, elle était à la rue des Meuniers. En 1942, elle devient institutrice à la classe enfantine puis au Cours Moyen. En 1950, elle commence à sentir des troubles moteurs avec une paralysie qui se développe et rend la marche parfois impossible. Fortement encouragés par la Supérieure, soeur Laugier, la Communauté et les élèves, ainsi que bien d’autres personnes, prient et sollicitent la guérison de la malade par l’intercession de soeur Rosalie Rendu. « Ma paralysie augmente et l’année scolaire 50-51 se termine par un séjour à l’hôpital Saint Joseph… Le professeur Thomas diagnostique : « Syringomyélite ». Il prescrit des applications de radium sur la colonne vertébrale deux fois par semaine… La paralysie augmente : on me traîne à ma classe sur un fauteuil roulant. Je suis toute courbée et ne vois pas mes élèves, impressionnées par mon état et qui n’ont jamais été aussi disciplinées… »

 

En 1952 « je ne fais plus la classe. Les prières redoublent avec les recommandations à soeur Rosalie. Soeur Laugier promet même de me conduire à sa tombe le 2 février ». Le 31 janvier, la soeur Laugier lui demande de ne se lever qu’à 9 h. « J’ai répondu : à 9 h. 15, s’il vous plaît ma Soeur ». Nuit affreuse ! A 9 h. 15, je saute du lit… Mais quoi ? Je m’habille comme avant… rhabillée, je me rends compte que je suis guérie. Je fais deux ou trois fois le tour de ma chambre en gambadant. Puis je m’assieds, anxieuse, que vont dire nos Soeurs ? Soeur Madeleine vient me voir, je danse devant elle, ébahie ! « Vous êtes folle !  » « Non, je suis guérie »… Soeur Laugier arrive du marché. « Il faut remercier soeur Rosalie, allons à la chapelle »… et c’est un vibrant  » Magnificat. » Quant à mes élèves, que je vais voir ensuite, après m’avoir caressée pour voir si c’était bien moi, elles courent comme des folles dans tout le quartier jusqu’à la Porte Dorée en criant à tout venant : « Soeur Thérèse est guérie !  » L’après-midi, la cour est remplie des parents qui n’en croient pas leurs yeux… Avec la Soeur de la Crèche, je commence mes pèlerinages par le Sacré-Coeur de Montmartre. Nous grimpons jusqu’à la basilique, à pied bien sûr… Ma compagne est fatiguée, pas moi ! Je reste à genoux avant de redescendre à pied et en métro. … Cimetière Montparnasse, le 2 février… depuis… je marche toujours. C’était le 1er février 1952… il y a 44 ans !  » Agée de 93 ans, Soeur Thérèse est actuellement (année 2003) en résidence à la Maison Saint Vincent de L’Haÿ-les-Roses (Val de Marne)