Soeur Rosalie Rendu

Soeur Rosalie

 

 

La béatification de Sœur Rosalie par Jean-Paul II, le 9 novembre 2003, fut un événement diocésain : la future bienheureuse a son berceau familial dans la Vallée de la Valserine.  

 

L’enfance de Jeanne-Marie Rendu

Jeanne-Marie Rendu est née et a été baptisée le 9 septembre 1786, dans le Haut Bugey, à Confort, alors simple hameau de Lancrans, sur la route de Bellegarde à Morez, sur le flanc ouest de la montagne du Jura. En bas coule la Valserine. Cette vallée est le berceau de la famille Rendu. La région était restée rattachée au duché de Savoie jusqu’en 1760, alors que le Pays de Gex était devenu français dès 1601 par le Traité de Lyon.

 

La Famille Rendu

La famille Rendu était nombreuse. Au XVe siècle, elle représentait le sixième de la population de Lancrans. Elle était connue très honorablement et comptait plusieurs personnalités de marque, et bientôt Mgr Louis Rendu, évêque d’Annecy (1853-1859). Jean-Antoine, le père de Jeanne Marie, était petit propriétaire cultivateur. Il mourut en mai 1796 – il n’avait pas encore 32 ans – peu après la naissance de son quatrième enfant, Jeanne-Françoise, décédée le 19 juillet de la même année, à l’âge de 4 mois. La mère, Marie-Anne Laracine, après 11 ans de mariage, se trouvait donc seule. Elle éleva ses trois enfants dans un esprit profondément chrétien. Sa vie de foi et de charité a beaucoup imprégné Jeanne-Marie, alors âgée de 10 ans, et qui l’aidait dans les travaux du ménage, gardant les plus jeunes.

 

Une enfant qui a du tempérament

Trois traits caractérisent la petite Jeanne-Marie : sa vivacité, sa foi et son attention aux souffrances des autres. Espiègle, toujours en mouvement, elle taquinait volontiers ses sœurs, jetant leurs poupées chez le voisin, aimant mieux les papillons que les livres. Pourtant, son regard spirituel et fin en imposait : son jeu préféré était celui de maîtresse d’école : elle enseignait le catéchisme et faisait réciter les prières. Et si l’on était sage, comme récompense, on allait à la chapelle de la Sainte Vierge. Mais dès qu’elle apercevait un pauvre sur la route, elle quittait tout pour aller au devant de lui, le prenant par la main, le conduisant à la maison, partageant son pain avec lui, ouvrant sa bourse au besoin. De même, elle aimait servir les ouvriers et les domestiques qui travaillaient chez sa mère, pleine d’attentions et de soins pour eux, elle partageait leurs tâches, plaignait leurs peines. Cet amour des pauvres lui venait de sa mère. Il devait marquer toute sa vie. D’autant qu’elle a traversé trois Révolutions. Et les Révolutions multiplient les pauvres.

 

Le creuset de la Révolution de 1789

Elle connut la première épreuve durant sa petite enfance. La persécution sévissait contre l’Église catholique depuis 1791 avec l’obligation du serment prescrit aux prêtres par la Constitution civile du Clergé refusée par le Pape. Dans le nouveau diocèse de Belley qui comptait 662 prêtres, 69 refusèrent le serment. Parmi eux, 23 prêtres du District de Gex. La famille Rendu accueillait tous les prêtres de passage qui étaient pourchassés pour leur fidélité à Rome, en particulier le curé de Gex, Colliex, qui prépara Jeanne-Marie à sa première communion qu’elle reçut dans une cave. Celle-ci, curieuse, découvrit un autre jour que le domestique qu’on appelait Pierre et que l’on traitait avec tant d’égards n’était pas vraiment jardinier : elle le vit à travers les rideaux de son lit célébrer la messe. C’était en effet Mgr Joseph-Marie Paget, évêque de Genève en résidence à Annecy et se cachant avant de fuir en Italie. On dut mettre l’enfant au courant pour qu’elle garde le silence. Elle avait 7 ans. Cet exemple de foi et de courage – si souvent renouvelé – devait la marquer profondément.

 

Le choix de la vie religieuse

Elle n’avait pas 15 ans quand on la demanda en mariage. Elle supplia plutôt sa mère de la mettre en pension dans un couvent. Depuis 1660, une communauté des Filles de la Charité était à Gex, implantée par St Vincent de Paul lui-même. La Supérieure, Sœur Suzanne, connaissait Madame Rendu. Elle lui dit que Jeanne-Marie est trop jeune pour servir à l’Hôpital. Elle conseille la maison des Dames à Maçon, anciennes religieuses Ursulines à Gex. Jeanne-Marie y resta un an. Elle y approfondit sa vie de piété. Puis le curé-doyen de Gex, M. de Varicourt, son confident, la fit placer à Carouge, près de Genève, dans une maison de Demoiselles, où elle apprit les arts ménagers. Elle y demeura 6 mois avant de rejoindre l’Hôpital de Gex où elle découvrit, à l’école des Filles de la Charité, la beauté du service des malades et des indigents. Six nouveaux mois passent. Jeanne-Marie a 16 ans. Elle fait la connaissance, à Lancrans, de Mlle Jacquinot, 31 ans, qui se prépare à entrer au noviciat des Filles de la Charité à Paris. Jeanne-Marie veut la suivre. Sa mère ne peut résister à sa détermination. Elle lui remet une lettre pour un prêtre déjà célèbre, Supérieur des Prêtres de Saint-Sulpice, originaire de Gex, M. Emery, parrain de Jeanne-Marie et ami de son grand-père Jean-Joseph Rendu. Résidant à Paris, il confirmera la vocation de sa filleule. 

 

Jeanne-Marie part en diligence, avec Mlle Jacquinod et une autre postulante : elle ne reverra plus Confort ni la maison de son enfance. Elle pleure cette douloureuse séparation de sa mère, mais la volonté de Dieu qu’elle désire est la plus forte. Le 25 mai 1802, elle entre au noviciat. Désormais, elle sera toute à Dieu et aux pauvres de Paris.

 

Confort

 

Novice à Paris

 

Un parrain célèbre

Le parrain de Jeanne-Marie était un prêtre : « Monsieur » Emery, comme on disait alors. Originaire de Gex, Jacques-André Emery était devenu Supérieur de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, à Paris, du nom de l’église où la communauté avait été fondée, par M. Olier, au XVIIe siècle. Pour le baptême de sa filleule, en raison de son éloignement du Pays de Gex, M. Emery s’était fait remplacer par le grand-père Rendu. Et voici que, 16 ans plus tard, il retrouve Jeanne-Marie chez les Filles de la Charité ses « voisines », qu’il connaît bien.

 

 

En effet, les prêtres de la mission, fondés également par saint Vincent de Paul, avaient été persécutés durant la Révolution. Dispersés, déportés ou exécutés sur l’échafaud, ils n’avaient pas pu aider la Congrégation des Filles de la Charité qui avaient trouvé en M. Emery le conseiller prudent et avisé dont elles avaient besoin. Elles-mêmes furent en butte à la persécution. On compte plusieurs martyres Filles de la Charité, béatifiées par le pape Jean-Paul II. Sous la Terreur, la Sœur Deleau, Supérieure Générale, avait dû partir en exil. Elle revient après la chute de Robespierre. Avec l’aide de M. Emery, elle dirige la Compagnie, réduite à une vie cachée, sans visibilité. Car les Sœurs avaient dû se séculariser, abandonner leur habit religieux ainsi que l’enseignement à cause des serments à la Constitution civile du clergé qu’on exigeait d’elles. Mais le Ministre de l’Intérieur, M. Chaptal, avait fait appel aux Filles de la Charité pour s’occuper des hospices qui étaient dans un état délabré. Dans un arrêté du 22 décembre 1800, il autorise la venue d’une communauté, 11, rue du Vieux-Colombier tout près de l’église Saint-Sulpice. 

 

La Maison du Vieux-Colombier

M. Emery y vient dire la Messe pour les religieuses et les entendre en confession. Les Sœurs ont le droit de former des élèves. Un noviciat s’organise donc. La chapelle est restaurée depuis peu lorsque, le 4 mai 1802, on y reçoit le corps de Louise de Marillac, la co-fondatrice. Là, Jeanne-Marie rencontre son parrain pour qui elle éprouve un grand respect. « Je le regardais comme un oracle », écrit-elle. Elle n’oubliera jamais son enseignement résumé dans cette formule : « Mon enfant, il faut qu’un prêtre et une Sœur de la Charité soient comme une borne qui est au coin d’une rue et sur laquelle tous ceux qui passent puissent se reposer et déposer les fardeaux dont ils sont chargés. » C’est bien ce que veut être et sera la jeune jurassienne pour tous les marginaux de son quartier.

 

A l’école de Monsieur Emery elle se forge une âme de Fille de la Charité. Elle écrit elle-même : « Il avait avec notre maison des rapports très intimes et nous faisait beaucoup de bien. Il nous faisait lui-même des instructions et nous donnait des avis salutaires. Et quels beaux sujets d’oraison nous donnait Monsieur Emery sur l’humilité ! Il avait lui-même une grande dévotion à saint Vincent de Paul, l’invoquait souvent et nous excitait bien à l’invoquer et à l’imiter. Il nous exhortait aussi bien puissamment à la dévotion envers la Très Sainte Vierge et il nous recommandait de ne jamais manquer à dire chaque jour le chapelet. (…) Monsieur Emery venait m’y visiter tous les jours et je ne puis vous dire toutes les attentions et les bontés qu’il a eues pour moi. (…) Quelquefois même, il y avait dans ses corrections quelque chose de malin ou de piquant, mais tout cela était assaisonné de charité et d’esprit de foi. Et toujours il portait avec lui le caractère d’un véritable prêtre, animé de l’esprit de son état. (…) Il était en fait l’oracle et la lumière de notre maison. Sa grande maxime était de ne jamais anticiper sur les desseins de la Providence et d’aller toujours à sa suite. Il me faut, disait-il, aller du jour au jour. »

 

Une novice externe !

Jeanne-Marie ne resta pas longtemps au séminaire. La supérieure, chargée de la formation de la future Sœur Rosalie, est la Sœur Gilette Julienne Ricourt, une bretonne de 40 ans, pieuse et expérimentée. Mais la jeune novice, malgré sa fidélité aux exercices religieux et son courage, ne peut éviter un sentiment pénible d’enfermement et d’inactivité. « Elle était d’une extrême sensibilité physique et morale… Après quelques mois de séjour, elle tombe si dangereusement malade que pour la faire changer d’air et hâter sa convalescence, elle fut envoyée près de la sœur Tardy, rue des Francs-Bourgeois Saint Marcel. » 

 

La voilà donc envoyée dans un quartier insalubre, sans aucune hygiène, pour « changer d’air » et se refaire une santé ! Mais qu’en pense son parrain ? « Lorsque Monsieur Emery me vit placée dans le Faubourg Saint Marcel, où il y avait tant de pauvres, il en fut satisfait et il me dit : « C’est bien là ce qu’il vous faut, vous serez la servante de tous les pauvres. » « 

 

De fait, elle devait effectuer là, au service des pauvres, avant même sa prise d’habit, la plus grande partie de ses cinq ans de noviciat, avant de retourner rue du Vieux Colombier pour ses premiers vœux, en 1807.

 

Vitrail Paris Rosalie

 

Sœur Rosalie, la servante de tous

 

Nous avons laissé Jeanne-Marie Rendu – devenue Sœur Rosalie, son nom de religieuse -, lors de sa période de noviciat qui s’est terminée par sa profession religieuse en 1807. Elle a alors 21 ans. Jeanne-Marie a déjà fait son apprentissage en accompagnant le Soeurs dans la visite des malades et des pauvres. Entre-temps, elle enseigne le catéchisme et la lecture aux petites filles qui sont accueillies à l’école gratuite. Désormais, comme le font les Filles de la Charité, elle renouvellera chaque année avec joie ce don d’elle-même au service de Dieu et des pauvres.

 

Une supérieure de 29 ans

En 1815, Sœur Rosalie devient la supérieure de la Communauté de la rue des Francs-Bourgeois qui sera transférée deux ans plus tard rue de l’Épée de Bois, pour des raisons de commodité. Ses capacités de dévouement, d’autorité naturelle, d’humilité, de compassion, ses capacités d’organisation vont pouvoir se révéler. « Ses pauvres », comme elle les appelle sont de plus en plus nombreux ; en cette période troublée. Les conséquences de la Révolution et des guerres napoléoniennes, aggravées par un libéralisme économique triomphant, ont multiplié les laissés pour compte. 

 

Attentive à toutes les misères

Sœur Rosalie envoie ses sœurs dans tous les recoins de la paroisse Saint-Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins, une parole réconfortante. Les « Dames de la Charité » aident dans les visites domicile. La jeune Conférence de Saint Vincent de Paul, avec le (futur) bienheureux Frédéric Ozanam, vient chercher en 1833 près de Sœur Rosalie soutien et conseils pour leur rencontre avec tous les démunis. Soeur Rosalie est particulièrement attentive aux prêtres et aux religieuses atteints de troubles psychiques. Sa correspondance est brève mais émouvante de délicatesse, de patience et de respect pour ces malades.

 

Un réseau d’œuvres de charité

Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent et aux différentes formes de pauvreté, Sœur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour vieillards sans ressources. Bientôt, tout un réseau d’œuvres charitables vient contrer une misère sans cesse renaissante. Car les détresses ne manquent pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se succèdent. Le manque d’hygiène, la misère, favorisent leur virulence. Spécialement en 1842 et en 1846, le dévouement et les risques pris par Sœur Rosalie et ses Filles ont frappé l’imagination. On l’a vu ramasser elle-même les corps abandonnés dans les rues.

 

Aussi, sa notoriété dépasse vite son quartier et gagne l’ensemble de la capitale et même les villes de province. La Supérieure du Bon Sauveur de Caen lui envoie de nombreuses personnes à secourir.

 

« Que le riche subventionne le pauvre ! « 

Pourtant, Sœur Rosalie ne se laisse pas déborder par la tâche écrasante. Elle sait s’entourer de collaborateurs dévoués et efficaces, de plus en plus nombreux. Les dons affluent, car les riches ne savent pas résister à cette femme persuasive. Même les souverains qui se sont succédés à la tête du pays ne l’oublient pas dans leurs libéralités. Napoléon III décide en 1852 décide de lui remettre la Légion d’Honneur : elle est prête à refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne, Supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité, l’oblige à accepter.

 

Sœur Rosalie s’est dévouée de tout son être sans jamais prendre de vacances, heureuse d’apporter à cette part de l’humanité délaissée qu’étaient les habitants de son quartier le nécessaire matériel pour survivre, le réconfort affectif et moral pour la maintenir ou la rétablir dans leur dignité, la Parole de Dieu qui lui redonne l’espérance. Tout cela au prix de son propre confort, n’accordant à son corps aucun instant de repos, fortifiant son esprit par une prière continue, sa volonté par un abandon total à la Grâce. Mais voici que viennent l’âge et les infirmités…

 

Sœur Rosalie devient aveugle

Depuis 1854, Sœur Rosalie est devenue presque aveugle, voyant à peine suffisamment pour se diriger dans la maison, mais semblant retrouver la vue au moment de soigner les pauvres qui se présentaient. On veut faire une neuvaine à Sainte Germaine pour obtenir sa guérison. Elle se récuse. « N’en faites rien. Je serais effrayée d’être la personne choisie par Dieu pour être l’objet d’un miracle. Je croirais qu’Il demande de moi des choses extraordinaires, j’en serais troublée et puis on s’imaginerait peut-être que je l’ai obtenu par vertu. » En juillet 1855, elle fait écrire par une de ses sœurs une lettre à sa mère, à Confort. Elle réussit à ajouter ces quelques mots de sa propre main : « Je vous envoie quelques lignes qui vous montreront mon infirmité. Que je sens vivement la privation de ne pas vous en dire davantage. Je n’ai pas besoin de vous dire de prier pour moi afin qu’il me donne patience et résignation . » En octobre de la même année, on tente une opération de la cataracte par l’un des plus habiles chirurgiens de l’époque : c’est l’échec.

 

Le pressentiment de la fin

« J’ai grand peur de la mort », avait-elle confié à Sœur Tissot. « Si Dieu veut me donner encore quelques années sur cette terre, je ne demande pas à la quitter ! «  On pense au « non recuso laborem » de saint Martin. Dans la nuit du 4 février 1856, elle prend froid. Elle ne veut pas déranger la soeur qui est près d’elle. Au matin, le médecin diagnostique une pleurésie. 

 

« Les pauvres ne sont pas si bien que moi », répond-elle lorsqu’on la plaint. On lui avait posé un vésicatoire et la serviette qui l’entourait avait pesé sur la plaie toute ensanglantée. « Ma Mère, lui dit la soeur infirmière, n’avez-vous donc rien senti ?  » – « Oui, je le sentais, mais c’était un clou de la croix de Notre Seigneur et je voulais le conserver. »

 

Les derniers moments

Le 6 février au matin, elle semble aller mieux, prend un bouillon. Mais, peu après midi, la douleur de côté reparaît, le pouls s’accélère, la langue s’embarrasse, quelques mots annoncent le délire. On court chercher le curé de Saint-Médard qui lui donne l’extrême-onction et récite les prières des agonisants. La mourante fait le signe de la croix et retombe dans le coma. Elle s’éteint le lendemain 7 février à 11 heures, « sans agitation, sans agonie, comme si elle était passée d’un sommeil léger à un plus profond repos. » Ses dernières paroles sensées sont pour ses pauvres et pour son Dieu : « Apprenant qu’un pauvre avait demandé à rester sur le carré pour réchauffer ses membres engourdis par le froid, elle s’écria : et moi qui grelotte dans un bon lit, portez-lui de suite une couverture… Mes enfants, mes chers enfants, quand je ne serai plus, ô mon Dieu, vous ne les abandonnerez pas ! « 

 

La nouvelle de sa mort se répand comme une traînée de poudre. C’est la consternation. Le 8 février, son corps est exposé dans une chapelle ardente. Une longue procession se forme jusqu’à la nuit tombée et recommence le jour suivant. Un grand silence s’est étendu sur tout le quartier. Beaucoup accourent de Paris et de la banlieue. La Cardinal de Bonald, archevêque de Rouen, fait toucher sa croix pectorale au corps de la soeur comme aux reliques d’une sainte.

 

Les funérailles – Le samedi 9 février ont lieu les obsèques. Ce jour-là a été chômé comme un beau dimanche. Toutes les fenêtres étaient occupées. A peine pouvait-on circuler dans les rues, la population se portait vers la maison de l’Épée de Bois pour jeter une dernière goutte d’eau bénite sur le cercueil. La foule se reportait ensuite sur l’église S. Médard dont on avait fermé les portes pour que les Soeurs de S. Vincent de Paul puissent y trouver place. Ainsi, la Croix de procession a pu circuler librement dans les rues de Paris, contrairement aux règles laïques alors en vigueur. La Croix qui indiquait la Source d’une vie rayonnante de Charité. Son inhumation au Cimetière Montparnasse est triomphale.

 

 

On comprend l’épitaphe gravée sur sa tombe : « A la bonne Mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les pauvres et les riches ». Une inscription juste au-dessus en latin : « pertransivit bene faciendo » (Elle a passé en faisant le bien), parole désignant Jésus dans les Évangiles. De fait, c’est l’amour du Christ qui l’a guidé toute sa vie et c’est bien Lui qu’elle servait en servant les pauvres.

 

 

Tombe Rosalie Rendu

 

 

 

 

 

Copie_de_Rosalie_Rendu