Saint Pierre Chanel

 

St Pierre Chanel

Pierre Chanel naît le 12 juillet 1803 à Cuet. Cinquième d’une famille de huit enfants, fils de Claude-François Chanel et Marie-Anne Sibellas, Pierre travaille comme berger dès l’âge de 7 ans. Il fréquente aussi l’école de Saint-Didier-d’Aussiat, puis celle de Cras, avec le Père Trompier, à l’automne 1814.

 

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Il fit sa première communion le 23 mars 1817. C’est de cette époque que date son attirance pour les missions, à la suite de la lecture des lettres des missionnaires envoyés par Monseigneur Dubourg, de retour d’Amérique. Il dira plus tard : « C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les missions lointaines ».

Il poursuit ses études au petit séminaire de Meximieux, puis au grand séminaire de Brou, à Bourg-en-Bresse. Ordonné prêtre le 15 juillet 1827, il devient vicaire à Ambérieu-en-Bugey, puis curé à Crozet, dans le Pays de Gex. Il entre alors dans la société de Marie en 1831, et devient professeur au séminaire de Belley.

Mais depuis son enfance, il rêve toujours de partir en mission. Les Maristes se voient justement confier par le Pape Grégoire XVI la responsabilité des missions en Océanie. Pierre Chanel se porte volontaire et part le 24 décembre 1836 du port du Havre. Il écrit à ses amis :  » Dans une mission aussi difficile, il faut que nous soyons des saints « . Il arrive à Futuna près d’un an plus tard, avec deux compagnons, et célèbre la première messe sur l’île le 8 décembre 1837.

Pendant deux ans, hôtes du roi de l’île, Niuliki, ils apprennent la langue du pays et baptisent des enfants mourants.  Dès qu’il se sentit capable de prêcher, Pierre commença à évangéliser et lutte contre les guerres fratricides et le cannibalisme. Mais les fruits de sa mission ne sont pas toujours visibles. Il continue malgré tout à soigner les malades et à prendre soin des plus faibles, ce qui le fait surnommer Petelo, l’homme à l’excellent coeur. 

Finalement, des habitants se convertissent, ce qui déplait au roi qui cesse d’héberger et de nourrir les missionnaires.

Pour subsister, ils doivent alors cultiver un champ de manioc, alors même que certains habitants détruisent leurs récoltes pour les forcer à fuire. De plus en plus affamés, les missionnaires doivent se résoudre à manger leur chien. Menacé de mort, le Père Chanel répondit : « La religion est implantée dans l’île, elle ne s’y perdra point par ma mort, car elle n’est pas l’ouvrage des hommes, mais elle vient de Dieu. »

 

Archidiaconé Saint Pierre Chanel

 

Le fils du roi se convertit également au christianisme, ce qui irrite Niuliki qui décide de se débarasser des missionnaires.

Le 28 avril 1841, un groupe d’hommes conduits par Musumusu, gendre de Niuliki, armés de lances, de massues et de haches, envahit la maison des missionnaires alors que Pierre Chanel y est seul. Ils l’assomment à coups de bâton et de massue, pillent la maison ; voyant que le Père respire encore, Musumusu l’acheve d’un coup de hachette sur la nuque.

Pierre Chanel est le premier chrétien martyrisé en haine de la foi en Océanie.

Peu de temps après le massacre, tous les habitants de l’île de Futuna étaient convertis au christianisme, y compris les assassins de Pierre Chanel.

« Le sang des martyrs est semence de chrétiens ».

 

Pierre Chanel, le « Bressan du bout du monde », est canonisé en 1954. Il est nommé patron de l’Océanie. Il est fêté le 28 avril.

Un sanctuaire est bâti en son honneur à Futuna, et un autre à Cuet. Son apostolat porte du fruit à profusion, puisque de nos jours, les habitants de cette île vivent leur foi chrétienne avec une étonnante vitalité. L’île est en effet entièrement catholique.

 

 

Pierre Chanel