2 – Quelques figures remarquables de Notre-Dame : les paroissiens

Anne-Marie Crollet – Charles Démia – François Picquet – Mère Saint-Benoît – Jean-Marie Sauveur Gorini – Emilien Cabuchet – S?ur Marie du Sacré-Coeur Bernaud – Mère Thérèse-Dominique Farré – Marie-Joseph Lagrange – Elie Cottard-Josserand – Joseph Duby – Thérèse Sommier – Et aussi… Marie-Jacqueline Favre ? Joseph de Ste Colombe ? Joseph-Marie Borge ? Jean-Marie Hippolyte Perretan

Anne-Marie Crollet (+ 1687) Bourgeoise de Bourg, elle épousa un avocat, Pierre Brunet, qui fut conseiller au parlement de Metz. Devenue veuve, elle installa dans sa maison de la rue des Farges (actuelle rue Docteur Ebrard) six lits garnis pour y recevoir des jeunes filles pauvres. Elle créa également un ouvroir pour leur donner du travail. Par son testament du 7 novembre 1687, elle légua sa maison à l’oeuvre de la Charité et affecta ses domaines à l’entretien et à la nourriture de quatorze pauvres ainsi qu’à l’éducation des orphelins. Elle est considérée comme la fondatrice de la Charité de Bourg.

250px-Charles_Demia Charles Démia (1637-1689) Fils d’un apothicaire de la rue Teynière, Charles Démia fut le fondateur des Petites Ecoles des Pauvres. Il fit ses études chez les Jésuites de Bourg, puis au séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Prêtre du diocèse de Lyon, il attira l’attention de son archevêque Camille de Neuville sur la nécessité d’instruire et d’éduquer le peuple. Assuré du soutien de Monseigneur de Neuville, il ouvrit une première école à Lyon en 1667. L’oeuvre fut placée sous le patronage de St Charles Borromée et ses statuts furent approuvés par lettres patentes du roi en 1674. Pour former les maîtres, il établit un séminaire St Charles à Lyon et institua une congrégation d’enseignantes pour les filles, les soeurs de St Charles. Chaque école était attachée à un bureau de Charité dont les administrateurs devaient assurer matériellement l’instruction et l’entretien des enfants. En 1685, Charles Démia ouvrit une petite école à Bourg. En 1686, il résuma sa pensée dans « Remontrances sur la nécessité des écoles pour l’instruction des pauvres ». A sa mort, il dirigeait seize petites écoles. Il léguait à l’oeuvre tous ses biens, soit 4 000 livres.

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François Picquet (1708-1781) Né à Bourg le 4 décembre 1708 et baptisé à Notre-Dame, François Picquet était le fils d’un notaire originaire de Verjon. Après des études au collège de Bourg, il entra au séminaire de Lyon en 1727 puis en 1733 au séminaire de St Sulpice. Ordonné prêtre en 1734, il fut reçu dans la compagnie des Messieurs de Saint-Sulpice. Peu après, il s’embarqua pour rejoindre les Sulpiciens de Montréal près desquels il demeura cinq ans. En 1740, il prit la direction du Lac des Deux Montagnes où il s’efforça de sédentariser les Iroquois en fortifiant leurs villages, en leur apprenant l’agriculture et en les convertissant à la religion chrétienne. Plus tard il fonda un autre établissement auquel il donna le nom de Présentation, en raison de sa grande dévotion à la Vierge. Pendant la guerre qui opposa les colons français aux armées britanniques il s’efforça de susciter et de maintenir le soutien des tribus indiennes à la cause française. En 1753, venu en France pour essayer d’obtenir des secours, il amena avec lui trois « sauvages » qui eurent beaucoup de succès à la cour mais ne changèrent en rien la politique royale. Picquet, après un bref séjour à Verjon, repartit pour le Canada où il continua d’animer la résistance à l’avancée anglaise. « L’abbé Picquet vaut plus que dix régiments » disait-on. Après la victoire anglaise, il partit pour la Louisiane et vécut deux ans à la Nouvelle Orléans avant de rentrer en France en 1763.
Ignoré par le gouvernement royal qui lui refusa une pension, il revint à Bourg où le chapitre de Notre-Dame lui décerna le titre de chanoine honoraire. Aumônier des Visitandines, il leur rapporta d’un voyage à Rome les reliques de St Honorat ; les soeurs après les avoir conservées quelques mois en firent don à la paroisse où elles furent exposées à la vénération des fidèles. Retiré à Cluny pour s’occuper de son salut, il fut appelé à Verjon pour un règlement d’affaire. C’est là qu’il mourut en juillet 1781.

Mère Saint-Benoît (1784-1843) Anne Cornillon, en religion Mère Saint-Benoît, fut élue en 1824 supérieure générale de la Congrégation des S?urs de Saint-Joseph de Bourg. A l’instigation de Monseigneur Devie, évêque de Belley, mère Saint-Benoît acheta, pour 60 000 francs, les restes de l’ancien couvent des Jacobins et les ruines de leur église. Les soeurs s’y installèrent l’année suivante. Mère Saint-Benoît donna à la congrégation un essor remarquable et fonda plusieurs établissements. Elle envoya des soeurs assurer le service de l’hôtel-Dieu, celui de l’école d’accouchement, de l’hospice des femmes aliénées. Pour ce dernier, mère Saint-Benoît fit l’acquisition de maisons et jardins faubourg de Lyon qu’elle aménagea pour en faire l’asile Sainte-Madeleine. Elle passa contrat avec le département en 1834 pour prendre en main la maison St Lazare où l’on soignait les hommes aliénés. En 1838, elle fonda l’orphelinat de la Providence qui recueillit d’abord trois orphelines mais qui bientôt en hébergea une centaine que les soeurs formaient aux travaux manuels. Soucieuse de l’instruction de la jeunesse, mère Saint-Benoît fonda une salle s’asile en 1838, un externat et un pensionnat. Devant l’afflux des vocations, elle dut agrandir les locaux et restaurer et reconstruire partiellement l’ancienne église des Jacobins. Mère Saint-Benoît mourut le 10 novembre 1843. Esprit solide et de capacité administrative peu commune, elle avait fondé 122 établissements dans le diocèse ? principalement des écoles. C’était le résultat de sa foi robuste, de sa grande vertu et de son gouvernement si éclairé et pourtant si simple.

gorini Jean-Marie Sauveur Gorini (1803-1859) Né à Bourg dans une famille modeste d’origine piémontaise. Son père était potier d’étain rue du gouvernement (V. Basch). Sa mère était une enfant de la Charité de Lyon. Ayant perdu son père très jeune, il fut élevé par une mère très pieuse qui lui enseigna le goût du travail persévérant. Il fut également influencé par un évêque italien exilé qui l’entraînait souvent à Notre-Dame prier devant le chemin de croix. Elève de la maîtrise de la paroisse puis du grand séminaire de Brou, il fut ordonné prêtre en 1827. Vicaire à Nantua puis professeur au petit séminaire de Meximieux, il fut ensuite curé de La Tranclière et enfin de Saint-Denis. Ses paroissiens apprécièrent sa grande simplicité et sa grande disponibilité : il gardait lui-même sa vache, il visitait toutes les maisons et servit de secrétaire de mairie pendant tout son séjour à La Tranclière. Prêtre érudit, lecteur acharné, il constata avec effarement que les historiens de son temps (Michelet, A. Thierry, Quinet) laissaient passer dans leurs écrits d’énormes erreurs sur la religion et l’Eglise soit par négligence soit par malice. Pour les réfuter, il vérifia toutes les sources et publia le résultat de ses travaux en 1853 dans un énorme ouvrage intitulé « Défense de l’Eglise ». Epuisé par ses travaux, il abandonna la cure de St Denis et mourut quelques mois plus tard à Bourg dans la famille de son frère.

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Emilien_CabuchetEmilien Cabuchet (1819-1902) Né à Bourg, dans une maison de la rue Clavagry abattue lors de la Percée, fils d’un médecin alors adjoint au maire, Emilien Cabuchet montra très tôt sa vocation de sculpteur. Il reçut une éducation chrétienne, d’abord à la pension Olivier à Bourg, puis au collège des Jésuites de Chambéry. Après avoir étudié le dessin à Lyon, il monta à Paris et fréquenta l’atelier d’Hippolyte Flandrin. Après un séjour à Rome pour s’imprégner des leçons des grands maîtres, il se partagea entre la capitale et sa maison de la rue Bourgmayer n°13. Auteur de nombreux médaillons représentant les célébrités de son temps, il est surtout connu pour ses oeuvres religieuses. Il sculpta le St Vincent de Paul de Châtillon-sur-Chalaronne. L’église Notre-Dame lui doit les statues de St Vincent de Paul et de St Joseph auquel il donna, selon la tradition, le visage de son ami Jacques-Melchior Villefranche. Mais c’est surtout la statue du Curé d’Ars qui le rendit célèbre. Présentée au salon en 1867, elle y fut très remarquée. La réalisation de cette oeuvre n’alla pas sans mal car le saint curé ne voulait pas qu’on fasse son portrait. Cabuchet dut assister aux leçons de catéchisme tout en modelant de la cire au fond de son chapeau jusqu’à ce que Jean-Marie Vianney le priât de se tenir tranquille car il donnait des distractions aux enfants et à leur curé ! A 80 ans, Cabuchet sculpta encore une statue du curé d’Ars dans l’attitude du prêcheur.
Marié sur le tard à Mademoiselle de Fresquet, il fut le père de quatre enfants. Il mourut en 1902, alors qu’il travaillait à une statue de Lalande.

S?ur Marie du Sacré-Coeur Bernaud (1825-1903) Née à Besançon en octobre 1825, Marie-Constance Bernaud, malgré un goût pour la vie religieuse fut mariée à 15 ans avec M. Thieulin qu’elle réussit à convertir et qui mourut chrétiennement en 1846. Devenue veuve, elle revint à Besançon et une retraite faite à la Visitation de Bourg décida de sa vocation. Elle prit l’habit en novembre 1849 et fit profession en avril 1851. Titulaire du brevet, elle fut une des maîtresses les plus appréciées du pensionnat de la Visitation. Ses élèves, frappées de son état surnaturel, la surnommaient S?ur du Pur Amour. Tombée malade, elle fut guérie totalement après une neuvaine au Sacré-Coeur et à la bienheureuse Marguerite-Marie. En 1863, la communauté de Bourg se consacra au Sacré-Coeur et la soeur Bernaud eut la vision d’un cadran où le centre était occupé par le soeur de Jésus et les heures par les noms de ceux qui s’engageaient à consacrer une heure à l’adoration du Sacré-Coeur. Un premier cadran fut réalisé avec le nom de chacune des soeurs. De nombreuses et pieuses personnes demandèrent à être inscrites sur le cadran dont Mgr de Langalerie qui voulut être un des premiers membres de l’oeuvre qu’il érigea en confrérie de la Garde d’Honneur du Sacré-Coeur de Jésus. L’oeuvre se répandit dans le monde entier et Mgr Marchal demanda l’approbation du pape Léon XIII qui érigea la Garde d’Honneur en archiconfrérie avec son centre au monastère de la Visitation de Bourg. S?ur Marie du Sacré-Coeur fut l’âme de la Garde d’Honneur par ses lettres et ses billets zélateurs qu’elle continua à rédiger jusqu’à la veille de sa mort le 2 août 1903.

logowla_fondatrice_n_b Mère Térèse-Dominique Farré (1830-1894) Née le 28 mars 1830 à Lyon, Marie-Thérèse Farré vint très jeune à Bourg où son père avait ouvert en 1831 une cordonnerie. Elle fréquenta jusqu’à onze ans un pensionnat privé puis fut mise en apprentissage chez une lingère. A quatorze ans, elle entra comme demoiselle de magasin dans une mercerie. Notre-Dame était sa paroisse. Elle y fit sa première communion, très bien préparée par le curé Huet. C’est alors qu’elle décida de se consacrer à Dieu. Peu après, elle fut admise dans l’association de la Persévérance qui réunissait les jeunes filles pieuses de la paroisse. La mort de son père en fit le soutien de sa famille. Elle ouvrit alors un atelier de couture, un des plus importants de la ville. Mais elle ne renonçait pas à sa vocation et se fit admettre dans le Tiers-Ordre de St Dominique. L’abbé Borge qui l’y reçut la pressentit alors pour organiser une congrégation de religieuses gardes malades à domicile sous la protection du Coeur Immaculé de Marie. Marie-Thérèse Farré, délivrée de la charge de sa famille, put s’installer avec trois autres religieuses ? dont sa soeur ? dans une maison de la rue Lalande. Monseigneur de Langalerie, en 1860, les bénit, leur donna la règle et institua Mère Farré comme supérieure de la communauté. Et les soeurs commencèrent immédiatement leur apostolat : « par le soin des malades… on pourrait procurer le bien des âmes ». Malgré une santé fragile et de nombreuses difficultés, mère Térèse se fait apprécier des burgiens qui ont de plus en plus recours aux soins et aux prières des soeurs. En 1865, les soeurs s’installent impasse du lycée et mère Térèse prononce ses voeux perpétuels. En 1868, elle est sollicitée pour fonder un couvent à Loudun. En 1871, elle dirige une ambulance où les soeurs soignent 200 soldats malades dont des Turcs musulmans. Les anticléricaux eux-mêmes s’inclinent devant une religieuse qui participe à tous les travaux matériels et se montre de bon conseil pour les pauvres comme pour les riches. Quand, épuisée par la maladie et son inlassable activité, elle meurt en 1894, elle laisse une oeuvre modeste mais solide, fondée sur une confiance absolue dans la miséricorde divine, confiance qu’elle exprima dans le « Directoire spirituel » qu’elle écrivit pour ses soeurs.

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logofrere_marie_joseph_lagrange_largeMarie Joseph Lagrange (1855-1938) Albert Lagrange est né le 7 mars 1855 au 13 de la rue Bourgmayer. Son père était notaire. A trois ans, on l’emmena à Ars et il fut béni par le saint curé. Après des études au petit séminaire d’Autun, il fit des études supérieures à la faculté de droit de Paris ; aux vacances, il revenait à Bourg et participait à la vie mondaine locale et particulièrement aux matinées dansantes organisées dans la maison Mas au 20 rue Lalande. Les jeunes filles qui le trouvaient très gentil l’avaient surnommé Pain Blanc. En 1878, il entre au séminaire d’Issy et l’année suivante au noviciat des dominicains à Saint-Maximin où il devient le frère Marie-Joseph o.p. Les religieux ayant été expulsés en 1880, il poursuit ses études de théologie à Salamanque et est ordonné prêtre à Zamora en 1883. Envoyé à Jérusalem pour y fonder une école biblique (1890), il consacra sa vie au service de la Bible come chercheur, professeur, directeur de l’école et de la Revue biblique. Exégète, il a voulu, par l’étude sérieuse des découvertes archéologiques ou des textes anciens, éclaircir les questions bibliques soulevées par la science moderne. Sa démarche ne fut pas toujours comprise de ses supérieurs et il se soumit entièrement aux décisions lui imposant pour un temps le silence. Obligé par la maladie de quitter Jérusalem en 1935, il passa ses derniers mois à St Maximim où il mourut en mars 1938. Depuis 1967, il repose dans la basilique Saint-Etienne de Jérusalem.

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IMG_4029-2Elie Cottard-Josserand (1875-1935) Né à Saint-Trivier sur Moignans dans une famille très chrétienne. A 12 ans, il entre au petit séminaire de Meximieux où il reste sept ans, puis pour quatre ans au grand séminaire de Brou. Il y est particulièrement actif à la « Conférence », un cercle d’études sociales fondé par M. Perretant où l’on s’intéresse aux méthodes d’apostolat par la presse, les groupements… En 1898, diacre, il est surveillant au collège Saint-Pierre. Prêtre en 1899, il est envoyé à Pont d’Ain comme missionnaire diocésain. En 1905, il est nommé directeur du Bureau Diocésain des oeuvres fondé l’année précédente. Malgré les réticences des curés, il entame une tournée de conférences pour lesquelles il engage des conférenciers de talent. Il organise des congrès cantonaux sous une tente ambulante dont il a fait l’acquisition, fait la propagande et mobilise les foules. En cinq ans, il met sur pied 192 comités paroissiaux, 75 cercles d’étude, 90 patronages, des bibliothèques, une imprimerie et une librairie dans la maison Mas 20 rue Lalande (actuel CDR). Il ouvre aussi une école ménagère rue Bourgmayer et fait l’acquisition d’une villa à Annecy, le Rayon de Soleil, pour y installer une maison de repos pour les jeunes travailleuses. Il lance aussi des colonies de vacances. Pendant la grande guerre, il organise une caisse de secours pour les veuves et les orphelins ainsi que l’oeuvre du Paquet du Prisonnier. Enfin c’est lui qui est à l’origine de la Ligue féminine d’Action catholique. Plein de gaieté et d’entrain, exubérant et enthousiaste, il a accompli une oeuvre colossale grâce à un réel talent d’organisateur et à une foi capable de soulever les montagnes. Aussi ses funérailles en 1935 furent-elles, pour la foule considérable accourue de tout le département, l’occasion de manifester son attachement et sa reconnaissance au Directeur du Bureau Diocésain. La « Semaine religieuse » écrivit : « Depuis les funérailles du Saint curé d’Ars, il n’y en eut jamais de semblables dans le diocèse. C’est que, depuis lors, aucun prêtre n’a exercé une pareille influence pour le bien ».

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Joseph Duby (1884-1947) Né à Bourg, où ses parents tenaient une pâtisserie à l’ombre de Notre-Dame, Joseph Duby fit ses études au collège Saint-Pierre et fut brillamment reçu à ses deux baccalauréats malgré le préjugé défavorable des examinateurs envers un élève d’une institution religieuse. Dès l’âge de 8 ans, il avait déclaré vouloir être médecin. Fidèle à cette vocation précoce, il entreprit des études à la faculté des Sciences de Lyon pour obtenir le P.C.N. diplôme alors obligatoire pour faire sa médecine. Afin de ne faire qu’un an de service militaire, il s’engagea comme infirmier au 23° R.I. de Bourg. Puis il reprit pendant cinq ans les cours de la faculté de médecine et soutint sa thèse en mai 19Ses goûts le portaient vers la recherche, pourtant il vint ouvrir un cabinet dans sa ville natale pour ne pas quitter ses parents. A la guerre, il fut médecin aide-major d’un régiment de territoriaux et se fit apprécier des hommes dont il soulageait les misères physiques et morales et qui l’avaient surnommé le « Saint laïque ». Malgré son scepticisme, il fréquentait les aumôniers et noua avec eux de solides amitiés. Ayant eu le malheur de perdre ses parents, il consacra sa vie à ses malades pour lesquels il ne mesura jamais son temps. Son but était de soulager la souffrance et on l’appelait toujours dans les cas graves. Médecin de l’hôtel-dieu pendant 27 ans il y arrivait ponctuellement chaque matin, se penchant sur le cas de chaque malade mais refusait toujours les certificats de complaisance. Eloigné de la foi de son enfance, il ne fut jamais hostile à la religion et sa soeur dans ses dernières années l’y ramena doucement. Un jour, il luit dit : « Vois-tu, le Seigneur est auprès de ceux qui le cherchent dans la Vérité ». Sa santé déclinait depuis une mauvaise pneumonie en 1940, les clients étaient rares et payaient mal, il vivait de plus en plus chichement. La commission des hospices en reconnaissance de son dévouement lui offrit une chambre à l’hôtel-dieu. C’est là qu’il mourut en février 1947 après avoir une dernière fois fait le tour des salles. Pour lui, la médecine était un sacerdoce.

Tapisserie_T_SommierThérèse Sommier (1891-1973) Elle naquit à Bourg où son père était professeur au lycée Lalande. Après de brillantes études au lycée Edgar Quinet, elle fut infirmière à l’hôtel-dieu pendant la grande guerre. En 1920, avec le curé Perrotte, elle fonda la maison Sainte-Cécile qu’elle tiendra jusqu’en 1971. Destinée à accueillir de jeunes travailleuses pour un prix de pension modique, Sainte-Cécile était aussi un foyer de culture intellectuelle et religieuse grâce aux cercles d’étude que Thérèse Sommier animait chaque quinzaine. Paroissienne de Notre-Dame, « elle ne respirait qu’à l’ombre du clocher », et y assurait de nombreux services : accompagnement des chants à l’orgue du ch?ur, direction de la chorale. Pour cela, elle n’hésita pas à reprendre le chemin du lycée Quinet pour prendre des cours de latin, afin de mieux comprendre ce qu’elle chantait. Elle animait le patronage des filles, dirigeait les colonies de vacances à Arbois et faisait le catéchisme. Avec l’abbé Cottard-Josserand, elle fonda les Semeuses, future JACF, et travailla à l’organisation de l’hospitalité de Lourdes. Elle lança très tôt l’UFCS (Union Féminine Civique et Sociale) organisation visant à impliquer davantage les femmes dans l’action civique et politique. Elle assura le service de l’assistance sociale à la prison et n’hésita pas à passer auprès d’un condamné à mort la nuit précédant l’exécution ; elle avait été l’artisan de sa conversion. Pendant la guerre de 1939-1945, elle reprit ses fonctions d’infirmière-major à l’hôtel-dieu et hébergea chez elle de nombreux résistants ce qui lui valut d’être arrêtée par la Milice mais fort heureusement relâchée peu après. Après la libération elle fut élue au conseil municipal de Bourg où elle fit trois mandats dont deux comme adjointe au maire. Elle refusa de se présenter une quatrième fois, pour laisser la place aux jeunes. En 1971, elle quitta Sainte-Cécile pour se retirer à la Charité. C’est là qu’elle mourut en 1973 dans le plus grand dénuement. Energique et décidée, elle avait son franc-parler et n’hésitait pas à polémiquer avec des adversaires de sa foi ou de ses convictions politiques. Elle nous laisse en témoignage sa charité, son courage et son amour du Christ et de son Eglise.

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Jean-Marie Hippolyte Perretant (1838-1922) Né le 28 juillet 1838 à St Etienne-du-Bois, il apprend le latin chez son curé pour entrer au séminaire. Il est ordonné prêtre par Mgr de Langalerie en 1863 et la même année chargé d’enseigner l’Ecriture, le Dogme et l’histoire ecclésiastique au grand séminaire de Brou. En 1878, il est choisi comme directeur spirituel puis en 1881 supérieur et s’y consacra entièrement. D’une forte trempe morale, persévérant et actif, de caractère entier mais soumis à Dieu et à l’Eglise, il prit une grande part à l’organisation de la Garde d’honneur et fonda le bureau diocésain des oeuvres. Il composa plusieurs ouvrages de théologie, une vie de St Nicolas de Tolentin, un guide de Brou. Ses deux grandes épreuves furent l’expulsion de Brou en 1906 et la guerre pendant laquelle il perdit 21 séminaristes tombés au champ d’honneur. Néanmoins par deux fois, il réussit à reconstituer un séminaire à Belley. Mgr Labeuche l’avait fait vicaire général honoraire et pour son jubilé sacerdotal Mgr Manier lui obtint une prélature romaine. En 1922 il rendit paisiblement son âme à Dieu. Il repose au cimetière de Bourg.

Joseph de Sainte Colombe dit Jourdan (1653-1706) Il appartenait à une famille noble du Dauphiné et était destiné à l’épiscopat. Par humilité, il vient se réfugier à Bourg sous un nom d’emprunt et logea près de l’hôpital. Il demanda aux soeurs l’autorisation de célébrer la messe dans leur chapelle. Edifiées par sa piété et sa charité les soeurs lui demandèrent de continuer à venir réconforter les malades et lui obtinrent un logement dans l’enceinte de l’hôpital. De nombreuses personnes venaient le consulter ce qui provoqua des jalousies et il fut l’objet de calomnies qu’il supporta sans se plaindre mettant toute sa confiance en Dieu et en la Vierge Marie pour laquelle il avait une grande dévotion. Après 6 ans de séjour à Bourg, il mourut à la fin de l’année 1706. Après avoir porté son corps à Notre-Dame, on l’ensevelit dans la chapelle de l’hôpital. Le peuple l’invoqua comme un saint et parla de merveilles obtenues par son intercession.

Marie Jacqueline Favre (1589-1637) Née à Bourg, fille du président Favre, célèbre jurisconsulte et soeur de Vaugelas, Marie Jacqueline était une jeune fille d’une beauté remarquable. Dirigée par St François de Sales, elle renonça à la vie mondaine et fut la « fille aînée » de Ste Jeanne de Chantal, fondatrice de la Visitation. Jacqueline Favre fonda plusieurs couvents de visitandines dont celui de Bourg en 1626.

Joseph-Marie Borge (1797-1892) Né à Marboz le 11 avril 1797 dans une famille profondément chrétienne, il fit ses études au petit séminaire de Largentière et en 1817 au grand séminaire de Saint-Irénée à Lyon. Prêtre en 1820, il devint aumônier de l’hôtel-dieu de Bourg en 1826 et y exerça son ministère pendant 65 ans jusqu’à sa mort. Tertiaire de St Dominique depuis 1854, il prit une grande part à la fondation des Dominicaines gardes malades de Bourg. En effet il déplorait que les malades à domicile fussent privés des secours spirituels qu’il pouvait apporter aux malades de l’hôtel-Dieu. C’est pourquoi il encouragea Marie-Thérèse Farré dans sa fondation et les Dominicaines furent « sa joie et sa meilleure espérance pour le jour du jugement ».