P – MISSIONNAIRES DE L’AIN AUX XIX° ET XX° SIECLES

Missionnaires Spiritains
Mgr Jean Gay (1901-1977)

Mgr Jean Gay est né le 24 mai 1901 à Bourg-en-Bresse, dans le diocèse de Belley, d’une famille modeste et très chrétienne, mais il fut très tôt orphelin. Venu chez les Pères du Saint-Esprit, il a fait ses études secondaires à leur petit scolasticat, alors réfugié à Suse, en Italie. Il a poursuivi ses études philosophiques et théologiques au grand scolasticat spiritain de Chevilly, puis au Séminaire Français de Rome, et les y a couronnées par une licence en théologie.

Profession et Ordination ? secrétaire général de sa Congrégation
Il fit profession dans la Congrégation du Saint-Esprit le 10 octobre 1919, et émit ses voeux perpétuels le 12 décembre 1924, après avoir accompli son service militaire. Ordonné prêtre le 9 août 1925, cette même année, il mit à profit ses dons littéraires et artistiques pour l’organisation de l’Exposition Missionnaire du Vatican, voulue par le Pape Pie XI.
En 1927, Mgr Le Hunsec, supérieur général de la Congrégation qui appréciait beaucoup ses qualités et lui portait une paternelle affection, le chosiit pour secrétaire particulier : fonction où il donna entière satisfaction. Aussi, en 1934, était-il nommé secrétaire général de la Congrégation. Il manifesta une grande activité dans cette charge, bien que son état de santé laissât déjà à désirer. Sa compétence et son savoir-faire se manifestèrent spécialement dans la préparation et le déroulement du Chapitre Général de 1938.

Seconde Guerre mondiale : diplomatie et études
Survint la guerre et le partage de la France en deux zones. La maison mère se trouvant à Paris, en zone dite « occupée », le Père Gay fut dépêché à Vichy, en zone libre, où s’étiat transporté le Gouvernement français. Il y fut ainsi le substitut du Supérieur Général près des Pouvois publics, et aussi près du Nonce, Mgr Valerio Valeri, avec lequel il eut toujours les meilleurs relations. Il eut ainsi l’ocasion de rendre des services inappréciables, en particulier en faveur des missions des colonies françaises restées sous l’obédience de Vichy. Malgré ses nombreuses démarches, délicates et parfois dangereuses, il s’occupa de préparer une thèse de doctorat sur le Vénérable Père Libermann. Il en résultat un ouvrage excellent sur « La doctrine missionnaire du Vénérable Père Libermann » qui fut écrit en 1943.

Evêque de Guadeloupe : mise en oeuvre du Concile Vatican II
Le 13 janvier de cette même année, il avait été élu évêque titulaire d’Aezani et coadjuteur avec future succession de Mgr Genoud, évêque de la Guadeloupe. Sacré à Paris, dans la chapelle Sainte Thérèse de l’oeuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil, par Mgr Le Hunsec, le 23 mars 1943, il devint Evêque de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre le 27 mai 1945. Il devait le rester jusqu’en 1968. Il faut bien reconnaître que l’Eglise de la Guadeloupe sommeillait alors quelque peu, sous la houlette d’un évêque de 83 ans. Le jeune coadjuteur sut lui insuffler une vie nouvelle qui devait se traduire par un épiscopat particulièrement fécond.
Le journal catholique local le résumait ainsi : « A l’heure où se termine le séjour de Mgr Jean Gay dans notre département, on peut présenter la situation actuelle de l’Eglise de la Guadeloupe, en mettant en lumière les progrès réalisés et les étapes franchies durant ces vingt dernières années. Il est un fait certain que ces années ont été marquées par le désir de mettre en place, le plus rapidement et le plus efficacement possible, les directives du Concile, dans les domaines aussi variés que la liturgie, la catéchèse, la réorganisation du diocèse, la mise en place du conseil presbytéral et du conseil pastoral.

L’oeuvre des vocations, la première de toutes
« Si nous jetons un coup d’oeil en arrière, nous pouvons noter l’arrivée dans le diocèse de deux congrégations d’hommes et de 6 congrégations de religieuses. Nous trouvons encore la construction ou la reconstruction de 31 églises paroissiales ou dessertes, et de 6 presbytères. Il a été possible de réaliser l’agrandissement de 5 églises paroissiales, la construction de 18 chapelles publiques ou semi-publiques. Notons encore l’ouverture de 6 écoles nouvelles, la mise au point du collège de Massabielle et du séminaire-collège de Basse-Terre.
« En 1968, le diocèse comptera une trentaine de prêtres, alors que une douzaine de prêtres originaires de la Guadeloupe travaillent dans d’autres diocèses ou dans les missions. Dix grands séminaristes poursuivent actuellement leurs études et le petit séminaire compte 52 petits séminaristes. L’oeuvre de recrutement sacerdotal en Guadeloupe est restée, depuis le début de son séjour, une préoccupation constante de Mgr l’Evêque. On comprend qu’il n’ait pas hésité à consacrer cinq de ses lettres pastorales pour attirer l’attention de ses diocésains et de son clergé sur cette oeuvre importante ».

Un pasteur attentif aux problèmes sociaux
Le même journal consacra un second article à « Mgr Gay et les Problèmes sociaux ». Parmi ses activités dans ce domaine, rappelons une brochure publiée en 1960 sur le problème démographique ; des lettres pastorales sur la doctrine sociale de l’Eglise, la famille chrétienne, le centenaire de l’abolition de l’esclavage, les problèmes du logement, etc ; 8 conférences de carême en 1952 et 1953 sur « nos devoirs sociaux à la lumière des Encycliques » ; de multiples réunions de doyennés sur ces sujets, des articles fréquents dans le journal « Clartés », de causeries à la radio, etc. Parmi les réalisations, signalons le développement de l’orphelinat St Jean-Bosco en 1943, la fondation de l’asile des vieillards aux Abymes en 1945, la fondation en 1951 et la direction effective pendant 5 ans d’une société de H.L.M., la mise au point et la présidence de l’Association pour la protection de l’Enfance, la création d’une école technique et d’un centre artisanal, etc.

Honneurs publics
Le même journal concluait : « Ses nombreuses années passées dans notre département l’ont aussi amené à réaliser des actions plus personnelles et par là même plus discrètes, les démarches au niveau des individus, moins spectaculaires, certes, que les publications ou les constructions, mais, à un niveau différent tout aussi efficientes ». Le 2 août 1950, Mgr Gay a été créé Chevalier de la Légion d’Honneur : le gouvernement français honorait ainsi en lui « une haute autorité dans le département, jouissant auprès de tous d’un grand prestige ».
Défaillances de santé et démission
Cependant son état de santé qui n’avait jamais été brillant, se détériorait. En 1965, sentant ses forces diminuer, il demanda au Saint-Siège un Auxiliaire. En 1967, il fut gravement malade, ce qui le décida à offrir sa démission l’année suivante, 1968, qui marquait aussi le 25ème anniversaire de son ordination épiscopale. A cette occasion, il fut honoré d’une lettre élogieuse du Souverain Pontife, qui le transféra au siège titulaire de Genelle de Byzacène.
Dernières années : prédications et publications
Après avoir quitté la Guadeloupe, bien que son état de santé fût toujours précaire, Mgr Gay ne demeura pas inactif. Il prêcha des retraites, dirigea des sessions, présida des cérémonies, et publia un excellent ouvrage : « François Libermann. Les chemins de la paix » (Ed. SOS, Paris, 1974).
C’est au travail que le Maître est venu le surprendre… Mais fut-il surpris celui qui attendait « veillant et priant » ? Décédé à Lyon le 27 août 1977, il repose au cimetière d’Allex. Cependant qu’à la même époque, sortait des presses son dernier livre « Libermann, Juif selon l’Evangile ».

Le jugement d’André Frossard
La préface est d’André Frossard, célèbre converti. Laissons-lui la parole pour nous présenter notre confrère :
« Mgr Gay, des Pères du Saint-Esprit, se connaît en conversion. C’est à lui que j’allai conter la mienne, dans la grande bâtisse de la rue Lhomond à Paris, un jour d’été. Je ne pouvais trouver intelligence plus ouverte à l’expérience spirituelle. Je fus bientôt persuadé qu’il n’y avait pas non plus meilleur catéchiste ; il est vrai que les vérités de foi me paraissaient toutes naturelles, et coïncidaient à miracle avec la lumière dans laquelle j’avais le bonheur de vivre. Le Père Gay coïncidait lui-même avec l’idée toute neuve que je me faisais d’un prêtre de Jésus-Christ ».

Autres prêtres missionnaires nés dans le diocèse de Belley-Ars
Le Père Paul GAY, frère de Mgr Gay, né le 3 janvier 1911 à Bourg-en-Bresse, décédé le 18 février 2005.
Le Père Marc-Henri JOFFRE, né le 23 août 1957 à Bourg-en-Bresse ? stage de Coopération à Madagascar, 1992-1994 ? Noviciat à Dublin (Irlande) 1995-1996 ? après un séjour au Mexique, actuellement à La Croix Valmer : Communauté Spiritaine, Maison Saint-Esprit, BP 81.