E – MISSIONNAIRES DE L’AIN AUX XIX° ET XX° SIECLE : Les Missions étrangères de Paris – 3

4 200 prêtres et évêques pour la mission ad gentes en Asie – Ces premiers vicaires apostoliques et leurs compagnons quittaient une vie confortable pour partir sans savoir où ils allaient et sans esprit de retour, confiants en tout en la Providence, dans l’unique but de contribuer au salut de peuples inconnus en y enracinant l’Eglise par leurs ministère. Mgr Lambert de la Motte s’embarqua à Marseille en 1660 et arriva au Siam 2 ans et 2 mois plus tard. Il y mourut en 1678 sans avoir jamais revu son pays natal. Mgr Cotolendi quitta la France le 3 septembre 1661 et mourut en chemin près de Masulipatam, en Inde, le 16 août 1662. Mgr Pallu s’embarqua à Marseille en janvier 1662, revint en France en 1667 pour traiter de diverses questions avec Rome et regagna l’Asie en 16En 1674, une tempête jeta le bateau qui l’emmenait en Chine sur les Côtes de Manille. Les Espagnols le déportèrent en Europe via le Mexique. Ce n’est qu’en 1677 qu’il put quitter Madrid et repartir dans sa mission en passant par Rome. Il mourut en Chine en 1684. A leur suite et grâce à eux, plus de 4 200 prêtres et évêques des Missions Etrangères sont partis « ad vitam, ad extra, ad gentes » (à vie, à l’étranger, pour l’évangélisation des « païens ») vers les territoires suivants : Birmanie, Cambodge, Chine, COrée, Hong Kong, Inde, Indonésie, Thaïlande, Vietnam. Notre action de grâce doit s’étendre à tout ce que le Seigneur a réalisé au cours des 350 années écoulées par le ministère de ces prêtres. Certains fruits en sont mesurables (diocèses établis, prêtres formés, croissance numérique de l’Eglise, congrégations de religieuses, séminaires, églises…) Les autres ne le sont pas, telle la fécondité du don de soi, qu’il soit vécu dans l’obscurité quotidienne ou dans la persécution. De nombreux prêtres des Missions Etrangères moururent martyrs aux côtés de chrétiens et de prêtres locaux. L’Eglise a déjà canonisé 26 d’entre eux, mis à mort pour leur foi en Chine, en Corée et au Vietnam. Ce jubilé est l’occasion de faire mémoire avec reconnaissance de toutes les merveilles que le Seigneur a accomplies en Asie depuis trois siècles et demi. Les missionnaires apostoliques ont bénéficié en tout temps du précieux soutien de leurs proches, des communautés chrétiennes et du presbyterium dont ils étaient issus, de contemplatifs et de priants inconnus d’eux : soutien spirituel, affectif et financier. On pense à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et au bienheureux Théophane Venard. Sur place, les missionnaires trouvent aussi des frères, des amis, des modèles, selon la promesse du Seigneur. Tout cela, qui est à la fois pleinement humain et relié à la communion des saints, doit susciter notre admiration envers ceux qui ont offert ce soutien et notre louange envers Celui qui l’a inspiré. Les 350 années des Missions Etrangères sont une histoire de foi et de générosité commune aux catholiques de France et à leurs frères missionnaires envoyés en Asie. La Mission continue, jusqu’à l’accomplissement total que réalisera la venue glorieuse du Christ. C’est dans ce cadre que le Seigneur nous appelle et nous envoie aujourd’hui, ensemble mais chacun selon sa vocation propre. La Mission continue aujourd’hui et demain pour les prêtres des Missions Etrangères de Paris. Aujourd’hui, ils sont environ 270, dont 150 environ en mission à l’étranger. La grande majorité d’entre eux sont français, quelques uns sont natifs d’autres pays européens, et certains confrères sont des prêtres diocésains d’Eglises d’Asie qui ont voulu vivre leur vocation missionnaire en s’agrégeant cette Société liée à leur diocèse d’origine par une histoire commune.

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