D – MISSIONNAIRES DE L’AIN AUX XIX° ET XX° SIECLE : Les Missions étrangères de Paris – 2

La Société des Missions étrangères de Paris fête ses 350 ans en 2008

Présentation générale : Comme nous l’indiquions plus haut en présentant la vie du Père Marmand, la Société des Missions Etrangères de Paris – dont il était membre – a engendré de nombreux missionnaires depuis ses débuts, il y a 350 ans. Elle participe depuis lors à la mission, surtout en Asie et dans l’Océan Indien. Chaque charisme dans l’Eglise – tel celui des Missions étrangères de Paris – est donné pour le bien de tous. 1658 : Nomination par le pape Alexandre VII des 2 premiers vicaires apostoliques de l’Extrême-Orient – Au XVI° siècle, des missionnaires européens, pour la plupart jésuites, dominicains ou franciscains, avaient annoncé l’Evangile en plusieurs contrées d’Asie. Des chrétientés locales s’étaient formées, ferventes mais encore très jeunes. Etlles furent persécutées par les pouvoirs politiques qui voyaient en elles des sectes susceptibles de saper les fondements de la morale et de l’ordre établi. Quand une vague de persécution se produisait, les communautés chrétiennes étaient durablement privées de prêtres. En effet, si elles bénéficiaient du soutien de catéchistes et de quelques personnes consacrées, les rares prêtres étaient tous étrangers et facilement repérables. La foi de ces chrétiens en butte aux persécutions en était d’autant plus menacée. C’est ainsi que les espoirs de l’évangélisation du Japon furent ruinés par la fermeture du pays au XVII° siècle. La situation était aussi très précaire à la même époque dans le Vietnam actuel. – Le jésuite avignonnais Alexandre de Rhodes (1591-1660) fut missionnaire dans cette région une vingtaine d’années à partir de 1625 et il en fut chassé plusieurs fois au cours de cette période. Il exposa à la jeune Congrégation de la Propagande (Congregatio Propaganda Fide, fondée par Grégoire XV en 1622, aujourd’hui appelée Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples) la nécessité d’envoyer sur place quelques évêques, assistés de quelques prêtres, afin de former et d’ordonner des prêtres locaux. Il faut savoir qu’à l’époque ne se trouvaient dans tout l’Extrême-Orient qu’une poignée d’évêques résidant exclusivement dans les colonies espagnoles ou portugaises. Le pape Innocent X décida en 1652 d’envoyer en Asie trois évêques qui ne seraient pas des religieux, qui disposeraient du financement nécessaire à leur apostolat, et qui relèveraient directement de la Propagande au lieu d’être soumis à l’autorité des rois très chrétiens d’Espagne et du Portugal auxquels le pape Alexandre VI avait confié le soin d’évangéliser leurs zones d’influence respectives par le traité de Tordesillas en 1494 (système du Padroado ou Patronage). Ces évêques ne pouvaient être nommés à aucune siège territorial précis car les immenses régions auxquelles ils étaient envoyés ne comptaient quasiment pas d’Eglises locales constituées et restaient d’ailleurs largement inconnues en Europe. De plus, cela aurait été inacceptable par les souverains ibériques et le clergé de leurs nations se trouvant en Asie. Un statut particulier fut imaginé pour eux : ils seraient évêques « in partibus infidelium », titulaires d’Eglises angiques rayées de la carte par l’invasion arabe, et mis à la disposition du SIège apostolique pour exercer leur ministère en Asie. Ils seraient donc envoyés en Asie par le successeur de Pierre pour agir en son nom, d’où le titre de « vicaires apostoliques » qui leur fut donné. Les prêtres qui les accompagnaient reçurent quant à eux le nom de « missionnaires apostoliques ». Il restait à trouver des candidats pour devenir vicaires apostoliques, pour vivre cette aventure de foi si périlleuse à toutes ses étapes, et il fallait leur assurer les soutiens nécessaires. De passage en France en 1653, le P. de Rhodes avait fait connaître ce projet dans les milieux catholiques fervents et en particulier dans ceux de la capitale, le Paris de M. Vincent et de M. Olier ! Il rencontra un enthousiasme certain. Des candidats se présentèrent dans la mouvance d’une association pieuse parisienne, les « Bons Amis », dirigée par le P. Bagot, confrère et ami du P. de Rhodes, et du réseau des congrégations jésuites analogues. Ils furent proposés à Rome. L’Assemblée générale du Clergé de France écrivit au pape en 1657 une lettre de soutien. Finalement, après bien des difficultés, le projet aboutit. Un des candidats proposés en 1653, François de Montmorency-Laval (du diocèse d’Evreux), fut nommé par le Pape Alexandre VII év^que de Pérée et vicaire apostolique de la Nouvelle France (Canada français) en avril 1658. En juille-août de la même année, le pape appelait à l’épiscopat et nommait les deux premiers vicaires apostoliques d’Asie : François Pallu (du diocèse de Tours), évêque de Bérythe, pour le Tonkin et Pierre Lambert de la Motte (du diocèse de Bayeux), évêque d’Héliopolis, pour la Cochinchine. Un troisième vicaire apostolique, Ignace Cotolendi (du diocèse d’Aix-en-Provence) sera nommé évêque de Métellopolis pour la région de Nankin (Chine) en septembre 16La nomination par le pape des trois premiers vicaires apostoliques d’Extrême-Orient fut le point de départ d’une nouvelle page de la Mission. Le Successeur de Pierre reprenait ainsi l’initiative de l’évangélisation qu’il soustrayait à la tutelle des puissances coloniales. Surtout, il lançait un grand mouvement d’implantation, par les instituts et congrégations missionnaires, d’Eglises locales dotées de leur propre clergé, qui parviendraient progressivement à la maturité, la dernière étape étant l’érection de diocèses et la nomination d’évêques locaux. Du point de vue plus limité de notre Eglise qui est en France, la nomination en 1658 de Mgr Lambert de la Motte et de Mgr Pallu fut la source d’un flux de prêtres qu’elle n’a cessé jusqu’à aujourd’hui d’envoyer de ses diocèses vers l’Asie et aussi, depuis les années 1950, vers l’Océan Indien. En effet, les premiers vicaires apostoliques fondèrent le Séminaire des Missions Etrangères (établi en 1663) et le corps de missionnaires qui s’appelle aujourd’hui Société des Missions Etrangères de Paris.

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