A – MISSIONNAIRES DE L’AIN AU XIX° ET XX° SIECLES : Société des Missions Africaines de Lyon (SMA)

Histoire

La SMA est l’un des Instituts missionnaires fondés vers le milieu du 19° siècle pour répondre aux besoins de l’évangélisation de l’Afrique. Le 8 décembre 1856, son fondateur, Mgr Melchior de Marion Brésillac, monte à Fourvière avec ses six premiers compagnons pour consacrer à Marie son désir et sa décision d’aller vers les Africains. – Le fondateur : Originaire de Castelnaudary, dans le Languedoc, Melchior de Marion Brésillac devient prêtre en 1838 à 25 ans. Il sent que Dieu l’appelle à partir en mission. Son évêque voudrait le garder. Son père s’oppose à son départ. Finalement il quitte les siens sans les saluer, leur laissant des lettres où il dit sa tendresse et sa souffrance. Après une brève formation chez les Missions Etrangères de Paris, il est envoyé en Inde en 1842. Il est chargé de la formation des futurs prêtres, puis devient Vicaire Apostolique de Coïmbatour à 32 ans. Il se lance dans l’évangélisation de son immense diocèse, mais au bout de 8 années d’effort, il donne sa démission car il ne réussit pas à voir clair dans des pratiques pastorales qu’il n’approuve pas. Il demande au Pape de l’envoyer vers « les peuples les plus abandonnés de l’Afrique ». Le 8 décembre 1856, il monte à Fourvière avec ses six premiers compagnons pour consacrer à Marie son désir et sa décision d’aller vers les Africains : il fonde la Société des Missions Africaines. Nommé Vicaire Apostolique de Sierra Leone et du Liberia, il arrive au large de Freetown le 14 mai 1859. Le capitaine ne veut pas le laisser descendre car la fièvre jaune fait rage et décime la population. Mgr de Brésillac exige de rejoindre les missionnaires qui l’attendent. Il les voit mourir les uns après les autres en quelques semaines. Lui-même est emporté par la maladie le 25 juin 1839 en prononçant ces paroles : « La foi, l’espérance et la charité ». Il avait 46 ans. – Le développement : A Lyon, à la mort du fondateur, la Société compte..; deux prêtres et cinq séminaristes ! Quand ils apprennent le désastre de Freetown, ils décidcent de continuer l’oeuvre du fondateur. Le Père Angustin Planque lui succède. C’est un homme du Nord, patient, tenace. A sa mort, en 1907, la Société comptera près de trois cents membres. Pourtant la mission en Afrique demeure toujours aussi dangereuse. Ceux qui partent disent « adieu » à leur famille car la moyenne de survie est de trois ans ! Fièvre jaune, choléra, paludisme – sans parler du poison – font continuellement des victimes parmi les prêtres, les frères, les religieuses et les laïcs qui débarquent année après année. En avril 1903 le Préfet Apostolique de Côte-d’Ivoire écrit au Père Planque : « Depuis 1899 quinze missionnaires ont payé de leur vie leur dévouement. Mais nous le savons, toutes les oeuvres de Dieu sont marquées du signe du sceau de la Croixs ». Rapidement des Irlandais, des Italiens, des Espagnols rejoignent les Français. Les missionnaires mènent de front évangélisation et développement. – La Société des Missions Africaines aujourd’hui : La SMA – Société des Missions Africaines – (qui est appelée aussi Missions Africaines de Lyon) est une communauté de missionnaires catholiques venant d’Europe, d’Afrique et d’Asie. En 2007 elle compte 1012 membres et associés, prêtres et laïcs. Ils sont Anglais, Belges, Espagnols, Français, Hollandais, Irlandais, Italiens, Polonais, Béninois, Centrafricains, Congolais, Egyptiens, Ghanéens, Ivoiriens, Kényans, Libérins, Nigérians, Tanzaniens, Togolais, Sambiens, Américains, Argentins, Canadiens, Indiens, Philippins. Ils travaillent surtout en Afrique. Ils sont présents au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Egypte, au Ghana, au Liberia, au Maroc, au Nigeria, au Niger, en Centrafrique, au Togo, au Kenya, en Tanzanie, en République démocratique du Congo et en République Su-Africaine. La SMA est une Société de Vie Apostolique où l’on ne fait pas de voeux, mais où on prend une solennelle résolution d’y persévérer jusqu’à la fin de ses jours. L’engagement missionnaire nous met au service de l’Afrique en priorité. Mais les membres sont toujours prêts à aller dans le monde entier, vers les lieux et les milieux où les besoins sont les plus importants. Leur fondateur, Mgr Melchior de Marion Brésillac a indiqué des priorités toujours actuelles : aller vers ceux qui ne sont pas évangélisés et, parmi eux, les pauvres ; éveiller les vocations ; travailler à la formation du clergé local ; promouvoir le respect de la culture des peuples.

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