Au cœur de l’Église de La Boisse, un autel d’or et de verre

 

La belle église romane de La Boisse, paroisse située dans le groupement de Montluel, à une vingtaine de kilomètres de Lyon, a vu son chœur entièrement réaménagé à la fin de l’année 2011 : un nouvel autel a été consacré par Mgr Guy-Marie Bagnard, qui a également béni un ambon, un siège de présidence, un chandelier pour le cierge pascal et une crédence.

 

L’église de l’Assomption, à La Boisse, a été construite par les chanoines de St Ruf, congrégation qui suivait la Règle de Saint-Augustin et qui a été active dans la région de Valence et la vallée du Rhône jusqu’en 1750.

 

Le chœur de l’église de l’Assomption.

 

En entrant dans l’Église de la Boisse, le visiteur remarque immédiatement la lumière qui émane du chœur nouvellement aménagé. L’or de l’autel et de l’ambon resplendit sous la lumière des vitraux, et attire le regard vers le sanctuaire. C’est justement dans ce but, pour redonner toute sa place au chœur, que l’abbé Dominique Blot, curé du groupement paroissial de Montluel, a souhaité qu’un nouveau mobilier liturgique soit installé dans cette église : « Plusieurs aménagements avaient déjà été réalisés au cours des dernières décennies : l’église avait été profondément restaurée dans les années 1970 par le père Mergenne et ses paroissiens. Il y a quelques années, une grande icône de la Crucifixion avait aussi été installée dans le chœur. Il fallait donc que le nouveau mobilier respecte le travail déjà accompli, et qu’il « réchauffe » l’atmosphère du chœur, trop froid et gris. »

 

 

Un autel inspiré par l’Apocalypse

 

L’autel, en bois doré et en verre.

 

Pour illuminer le chœur, la paroisse a fait appel à Jean-François Ferraton, artiste installé à Rochetaillée-sur-Saône (Rhône), qui avait déjà réalisé entre autres le mobilier liturgique de l’église de la Miséricorde à Ars, en 2008. Pendant près d’un an, il a œuvré avec la paroisse et le Service Diocésain d’Art Sacré pour élaborer les différentes pièces du mobilier. Jean-François Ferraton a créé un mobilier en bois doré, peint tel une icône, auquel il a ajouté du verre thermoformé. Traditionnellement, c’est la pierre qui est le matériau utilisé pour les autels ; mais l’artiste a choisi de considérer que le verre, constitué principalement de silice – c’est-à-dire de sable – et de calcaire, et en quelque sorte de la pierre transformée, transfigurée. Grâce au verre, l’autel devient semblable à la Jérusalem céleste décrite dans l’Apocalypse de saint Jean : « La cité était en or pur semblable à du cristal pur » (Ap, 21, 18). Ce verre permet à l’or d’irradier, de resplendir, il illumine le choeur. L’ambon, table de la Parole, et le chandelier du cierge pascal reprennent la même symbolique. Les sièges du président et des acolytes sont, quant à eux, en fer forgé et en verre, de même que la crédence.

 

 

L’abbé Dominique Blot présente le nouvel aménagement du chœur.

 

Le signe du Christ au milieu de son peuple

 

Au cours de la messe dominicale du 11 décembre, l’autel a été consacré à Dieu par Mgr Bagnard, et les autres pièces du mobilier ont été bénies. Après la litanie des saints, les reliques de trois saints ayant un lien avec le diocèse ont été déposée dans l’autel : saint Pierre Chanel, né au Cuet et martyr à Futuna, saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, et saint François de Sales, évêque d’Annecy, qui passait fréquemment par La Boisse, sur la route entre son évêché et Lyon, et dont le corps fut veillé une nuit à Montluel après sa mort en 1621. Ensuite, les célébrants ont fait brûler de l’encens sur l’autel, symbole de la prière montant vers Dieu. Puis l’évêque a  fait une onction sur les cinq croix gravées de l’autel, représentant les plaies du Christ, avant de recouvrir l’autel de saint-chrême. Ainsi marqué de l’huile, c’est-à-dire oint  (Χριστός, christos en grec), l’autel représente le Christ, et devient la table de son Sacrifice. Enfin, l’autel est paré de nappes et illuminé, pour que l’eucharistie puisse y être célébrée.

 

Consécration de l’autel par Mgr Bagnard, le 11 décembre 2011.

 

Cet autel, sur lequel sont déposées les offrandes qui deviendront le Corps et le Sang du Christ, est lui-même une offrande de la communauté chrétienne de La Boisse à Dieu. Par leurs dons, les paroissiens ont contribué à embellir et à mettre en valeur le chœur de leur église, ce qui leur a également permis de redécouvrir l’importance du mobilier liturgique, signe de la Parole et de la présence du Christ au milieu de son Église.