L’église du Sacré-Coeur de Bourg : 1881-1953

Sacré Coeur Bourg

Le Sacré-Coeur de Bourg-en-Bresse

 

 

« Dès son origine, l’église du Sacré-Coeur avait un caractère général. C’était en même temps qu’une église paroissiale, un monument votif, une « basilique » qui serait élevée à la gloire du Coeur de Jésus dans la ville, berceau et centre de la Garde d’Honneur, et devrait se prêter par la suite, aux manifestations solennelles se rapportant à cette dernière ». Ces quelques lignes du Chanoine Rynois nous plongent de suite dans la volonté initiale de Mgr Pierre Soubiranne, nouvel évêque de Belley en 1880, de construire une nouvelle église à Bourg-en-Bresse dans le quartier de Bel-Air appelé à se développer, qui soit à la fois paroisse, monument diocésain au Sacré-Coeur en même temps que siège de l’Archiconfrérie de la Garde d’Honneur du Sacré-Coeur. Construite avec persévérance malgré les nombreuses difficultés, l’église sera édifiée de 1881 à 1953.

 

wSC_chap_Bel-Air-03

 

La Chapelle Saint-François

Le quartier de Bel-Air n’était alors constitué que de champs, de prés et de friches qui dépendaient de la ferme de la Plume et de celle des Maladières.

 

L’histoire commence par la vente du 21/12/1880 devant Me Paccot, notaire à Bourg, par laquelle Mgr Soubiranne acquiert « pour son compte personnel » un terrain de 10.620 m2 de deux particuliers : Mr Stanislas Dor, propriétaire demeurant au château d’Ameyzieu à Talissieu, lui vend une parcelle de terrain de 7.684 m2 située au quartier de Bel-Air ; Monsieur Jacques-Joseph Gobet, horticulteur à Bourg, et Madame, née Félicité Cointet, vendent une parcelle de terrain attenante à la précédente, d’une superficie de 2.936 m2.

 

La construction d’une chapelle consacrée au Sacré-Coeur peut alors commencer. La première pierre de la chapelle de Bel-Air, qui constituera plus tard l’aile nord de la future église, est posée et consacrée le 9 octobre 1881. Mgr Soubiranne s’adresse ainsi à la population de Bourg 1 : « Habitants de la ville de Bourg, l’acte que je vais accomplir est l’hommage le plus significatif que je puisse vous rendre. (…) Ah ! ce que je vais faire est avant tout, un acte d’amour pour vous (…) Vous saurez que je suis votre père, que je vous aime … Oui, cette église est de ma part, un acte d’amour pour vous ».

 

wMgr_Soubiranne

Mgr Soubiranne, sur les vitraux de la Chapelle St-François

 

Il expose ensuite son projet et le plan de la future basilique qu’il souhaite être « tout à la fois le second centre paroissial de votre ville et le siège de votre puissante Archiconfrérie ». En effet, le premier pasteur du diocèse annonce le nom de la future construction qui« s’appellera l’Eglise du Sacré-Coeur de Jésus ! Elle ne peut en avoir d’autre, à moins de méconnaître ce qui, en ce moment, fait l’honneur de votre vieille cité ». Il annonce « dès à présent, nous allons construire toute l’aile droite de notre plan qui s’étend vers le nord et qui sera la grande chapelle de l’Archiconfrérie. Je me charge de construire cette aile, sans rien demander pour cela à aucun habitant de Bourg », ne craignant pas de « venir sur ce terrain pour y jeter mes sueurs, ma fortune, mon travail du jour et mes sollicitudes de la nuit, et pour tout dire, une notable portion de ma vie d’évêque ».

 

Il rêve qu’en « face de nos deux flèches qui s’élèveront bientôt dans les airs (…), s’établisse une grande artère, une voie royale, bordée de bâtiments princiers, et que le voyageur, ami du beau dans l’art, aimera à parcourir pour admirer tour à tour ce que nous allons faire et ce qu’ont fait vos ancêtres ».

 

Il précise encore qu’il entreprend une oeuvre « d’une manière définitive. Car il n’y a rien ici de provisoire : pas une pierre ne sera posée qui ne doive rester toujours ».

 

Enfin, Mgr Soubiranne explique les quatre souvenirs qu’il va placer « dans une boîte de plomb qui sera scellée et déposée au centre de la pierre fondamentale, en désirant qu’ils ne soient jamais mis à découvert même par la postérité la plus reculée » : d’abord « une inscription en latin marquant ce que nous faisons en ce jour », puis un exemplaire de l’Ordo diocésain pour l’année 1881 comportant une inscription manuscrite confiant le diocèse au Sacré-Coeur, le Manuel de l’Archiconfrérie de la Garde d’Honneur avec une inscription confiant particulièrement toutes les congrégations du diocèse. Enfin, une petite boîte dans laquelle sont rassemblées des pièces d’or, d’argent et de bronze millésimées ainsi que deux médailles : une en souvenir de l’Archiconfrérie et l’autre « avec les traits vénérés de notre bien-aimé Pontife Léon XIII ».

 

La chapelle est inaugurée le 24 août 1883 par le même Mgr Soubiranne, dont les armoiries figurent sur le tympan à l’entrée, accompagnées de sa devise : « spes in utroque » ; devise qui s’avéra bien nécessaire tant les difficultés et retards seront nombreux à freiner l’achèvement de cette nouvelle église ! Et pourtant, « quand une église a pour vocable le Sacré-Coeur de Jésus, le miracle permanent des générosités est assuré » avait prophétisé avec justesse Charles Mauméjean au Chanoine Rynois le 16/03/1938 !

 

Sacré Coeur Blason Mgr Soubiranne

Le blason de Mgr Soubiranne

 

De 1894 à 1909, la chapelle est desservie par des Pères Capucins, ce qui justifie sans doute son appellation de « chapelle Saint-François ».

 

La chapelle est de forme rectangulaire avec un renfoncement pour le choeur annoncé par deux colonnes en pierre de Drom qui supportent l’arc de choeur. Le vitrail axial représente le Sacré-Coeur, montrant son Coeur debout sur les nuées et inscrit dans une mandorle peuplées de têtes d’angelots. A gauche, la Vierge Marie avec sainte Marguerite-Marie Alacoque, à qui le Sacré-Coeur est apparu de 1673 à 1675 à Paray-le-Monial. A droite, saint Jean présente Mgr Pierre Soubiranne, évêque de Belley et initiateur de la construction de l’église, qui tient dans ses mains une maquette de la chapelle. On retrouve ses armes et sa devise en partie basse, entourées des deux cerfs bibliques qui invitent à s’abreuver à la source de vie. En haut, le cadran de la Garde d’Honneur du Sacré-Coeur, fondée au Monastère de la Visitation de Bourg-en-Bresse, et de part et d’autre un ange tenant un phylactère sur lesquels on peut lire les paroles de Jésus à ses amis avant son agonie,« Vigitate et orate », ou encore « Venite ad me omnes ».

 

w120908_124

 

Les six autres vitraux sont purement décoratifs mais comportent en partie haute les blasons des villes de Bourg-en-Bresse et Belley pour le diocèse, Paray-le-Monial pour faire référence à la basilique votive au Sacré-Coeur et à sainte Marguerite-Marie Alacoque, Paris pour évoquer la basilique du Sacré-Coeur à Montmartre commencée en 1875 (mais consacrée seulement en 1919), Rome, capitale de la Chrétienté et Tournay dans les Hautes-Pyrénées.

 

L’autel en pierre blanche comporte une scène sculptée en haut-relief dans la pierre sur la face avant. On y voit une Déploration du Christ mort avec la Vierge Marie qui prononce les paroles transcrites dessous : « VIDETE-SI-EST-DOLOR-SICVT-DOLOR-MEVS ». A gauche, saint Jean soutient la tête du Christ et, agenouillée à droite, sainte Madeleine lui tient les pieds, le visage en larmes.

 

Il semble qu’il y ait eu un sauvetage d’urgence de la chapelle Saint-François par des particuliers, suite à sa notification le 3/03/1909 dans la liste des biens à attribuer à un établissement de bienfaisance. Devant la désaffectation annoncée et le risque de démolition, « plusieurs habitants du quartier ont pris l’initiative d’acquérir du cardinal Luçon (Mgr Louis Henri Joseph Luçon, archevêque de Reims) la chapelle et le clos » par acte notarié du 28/04/1909 devant Me Paccot, notaire à Bourg. Il est précisé que Mgr Luçon avait acquis ce terrain « pour son compte personnel » de Mgr Pierre Soubiranne par un acte notarié. Les acquéreurs ont introduit ensuite une instance administrative pour voir déclarer que cet immeuble avait été à tort compris dans la liste de ceux appartenant à la mense épiscopale. Par arrêté du 24/07/1909, Monsieur le Préfet de l’Ain vient de prononcer que, « devant les justifications produites, l’immeuble était propriété indivise entre les acquéreurs : MM. Louis-Marie-Alfred Villefranche (avocat à Bourg), Joseph Milliat (négociant à Bourg), Auguste Bourge, Emile Chaussin (négociant à Bourg), Alphonse Cabuchet (avocat à Bourg) et de Mesdames Léontine (Gabet veuve de Michel) Burnier et Antoinette Victorine (Petetin, veuve de M. Joseph) Nodet. En conséquence, la chapelle et le clos, propriété particulière, sont rayés de la liste des biens dont la dévolution sera prononcée »2.

 

w120908_043

 

L’Archiconfrérie de la Garde d’Honneur du Sacré-Coeur

Mgr Soubiranne obtint en 1883 du Pape Léon XIII le transfert du siège de l’Archiconfrérie du Sacré-Coeur, jusque là situé au Monastère de la Visitation de Bourg-en-Bresse depuis sa création par Soeur Marie du Sacré-Coeur Bernaud (1825-1903), à la chapelle Saint-François. Elle deviendra donc le centre de la Garde d’Honneur pendant quelques années… avant que le siège ne revienne à la Visitation à la mort de l’évêque de Belley en 1887.

 

 

 

La chapelle provisoire Saint-Michel

 

Mgr François Labeuche, évêque de Belley de 1906 à 1910, poursuit l’idée de son prédécesseur et adresse un appel à « toutes les personnes dévouées au Sacré-Coeur » pour aider « à élever le monument que nous voulons offrir à N.-S. Jésus-Christ, comme un témoignage de notre foi et de notre amour ». Il nomme en septembre 1909 l’abbé François Rynois, alors brillant économe du Petit Séminaire de Belley, curé de la paroisse en préfiguration du Sacré-Coeur de Bourg, avec la charge de mener à bien le chantier de construction et d’organiser la nouvelle paroisse.

 

Dans un appel que ce dernier lance le 15/01/1910, avec l’appui de Mgr Labeuche, auprès des membres de la Garde d’Honneur notamment, on peut noter la référence au contexte des années post loi de séparation des Eglises et de l’Etat (9/12/1905) en disant : « Ajoutons, d’ailleurs, que celle-là (cette paroisse), du moins, jouira d’une situation juridique particulièrement sûre et capable, en ces temps troublés, de rassurer ses bienfaiteurs sur le sort de leurs offrandes : le vaste enclos qui doit la contenir est une propriété privée et absolument indépendante ».

 

wPere_Rynois

Le Chanoine Rynois

 

L’abbé François Rynois décide alors de construire une église provisoire qui sera appelée la chapelle Saint-Michel. Le 11/10/1909, il demande ainsi un devis et des plans à l’architecte Claude Royer Père indiquant que le Conseil de l’oeuvre de la Basilique du Sacré-Coeur de Bourg s’est prononcé pour « construire immédiatement : 1) une église provisoire, pouvant contenir environ 800 personnes et devant, plus tard, servir d’école libre de garçons. Elle sera élevée au nord de la chapelle déjà existante, avec l’entrée à l’est. (…) Le Conseil décide de consacrer à cette construction de 20 à 25.000 Francs ; 2) une cure définitive devant faire pendant (avec la sacristie) au surplus de transept représenté par la chapelle actuelle »1. Un an après, il s’étonne que le chantier ne soit pas terminé et donne le 2/10/1910 pour date butoir, étant donné qu’il doit acheminer « le mobilier provenant de Meximieux » et laisser aux ouvriers le soin de le remonter. Il semble alors qu’il ne manque que les « badigeons et parquetage » des deux sacristies 2.

 

En effet, depuis la Séparation des Eglises et de l’Etat, l’ensemble du mobilier religieux de l’ancien Petit Séminaire de Meximieux était placé sous séquestre « autels, table de communion, chaire à prêcher, statues, bancs, lustres, petit orgue ». Après de longues négociations avec l’Administration, « on obtient de tout transférer à Bourg »3.

 

Les entreprises qui sont intervenues dans la construction de la chapelle Saint-Michel sont entre autres l’entreprise de maçonnerie Gallet Père et Fils, Belaysoud pour les gros fers, Lescuyer et Chavant pour la menuiserie, Porcherel pour la couverture en ardoises, Terrier pour la serrurerie, Pioda pour la partie vitrerie, Guichard et Brossard pour le carrelage gris, Brunet-Manquat pour les parquets sur bitume et Lacroix pour l’asphalte.

 

Après la construction de l’église définitive, la chapelle provisoire devient la « salle Saint-Michel », encore visible aujourd’hui au nord de l’église. Le bâtiment et le terrain sur lequel il se trouve ont été vendus par l’Association diocésaine de Belley à la Société Foncière de Bourg, sise 9 rue Charles Tardy, par un acte du 9/06/1952 devant Me Charles Buguet, notaire à Bourg, pour servir d’école privée. Ce sera l’école Saint-Charles qui accueillera les garçons.

 

Elle sera louée par diverses associations pendant de nombreuses années avant de devenir une salle de gymnastique. Elle est aujourd’hui occupée par les cours de sport du lycée Saint-Pierre et par le centre de loisirs de l’UFCV qui occupe les locaux de l’ancienne école Saint-Charles.

 

Sacré Coeur

Le Sacré-Coeur, carte postale des archives départementales

 

L’église du Sacré-Coeur : des débuts encourageants

 

Le chantier de l’église définitive commence sous la bénédiction autographe du Pape Pie X, lui-même garde d’honneur ayant inscrit son nom dans le cadran de l’heure de garde, obtenue le 6 février 1911 par Mgr Adolphe Manier, évêque de Belley 1, et avec les encouragements et bénédictions de l’épiscopat français par la voix des évêques et archevêques de Reims, Rennes, Lyon, Besançon, Chambéry, Autun, La Rochelle, Troyes, Versailles, Agen…

 

Dans de telles dispositions, le début du chantier s’annonce bien. Le 16/06/1911, la Commission de la Basilique du Sacré-Coeur, sous la présidence de Mgr Manier, décide « 1) que les fondations seront exécutées de toutes pièces et d’ensemble ; 2) que l’exécution de l’édifice aura lieu par tranches et en commençant par le choeur. Cette exécution de la seconde partie du programme sera décidée sur le vu des ressources nécessaires »2. Le devis initial de l’architecte de Bourg, Claude Royer Père, s’élève à 600.000F. Il reprend les plans établis dès 1880 par l’architecte Franchet, élève de Bossan qui était l’architecte de Fourvière.

 

Le 20 décembre 1911, la Commission indique que « les travaux ont été interrompus au commencement de l’hiver, comme nous sommes arrivés à la surface du sol, il est préférable de ne pas exposer aux gelées les premières assises de pierre ». Le chantier sera rouvert le 16/04/1912 toujours sous la direction de l’architecte Claude Royer. Après analyse de la situation financière, il est décidé le 12/06 « qu’il y a lieu de comprendre dans la 2e soumission de travaux la construction entière de la basilique, tours et clochers non compris ».

 

Le chantier s’interrompt avec la mobilisation de la première Guerre mondiale le 2/08/1914. La première réunion dont nous avons le procès-verbal a lieu le 22/03/1920, au cours de laquelle l’architecte Royer « montre de façon très précise où en est restée la construction depuis le 2/08/1914 : pas tout à fait la moitié du gros oeuvre (non compris le toit et les clochers) est acquise depuis cette date. (…) la Commission décide d’engager, dès cette année, les travaux nécessaires à la réfection des parties endommagées par le gel et, en outre, de monter les murs existants jusqu’à la hauteur définitive des collatéraux, la façade principale comprise ». On sait par la suite, grâce au rapport du Trésorier en 1926, que ces travaux seront exécutés durant les années 1921 à 1923 « sauf pour la façade principale où la construction a été arrêtée par suite d’un différend. 4 colonnes massives en cipolin destinées au porche de la Basilique, ont été reconnues très défectueuses, non conformes au marché passé avec le fournisseur Gustave Escalle de Grenoble, et irrecevables. Discussions avec ce dernier, essais infructueux de conciliation ; enfin, procès, expertise… et solution non encore obtenue ».

 

Dans une lettre pastorale du 16/08/1919, Mgr Manier forme le voeu « qu’au centre de notre diocèse il y ait un monument sacré, magnifique ex-voto de notre reconnaissance au Sacré-Coeur de Jésus, qui a sauvé la France et a préservé notre contrée des horreurs de l’invasion… Sur cette terre privilégiée du berceau de l’Archiconfrérie de la Garde d’Honneur, nous dresserons au Sacré-Coeur un trône royal, vraiment digne de son infinie charité, digne aussi de notre cité de Bourg et de notre diocèse ».

 

La réunion du 14/02/1926 nous apprend qu’une tranche suivante de travaux peut être commanditée par M. Claude Royer architecte, à savoir : « 1) l’élévation de la façade principale, des tours et des clochers jusqu’à la hauteur nécessaire à l’amorce des murs de la grande nef et à la pose ultérieure du toit ; 2) si possible tout le reste du gros oeuvre de maçonnerie ». En mars 1930, « il y a urgence certaine à terminer la maçonnerie (abside) et à couvrir d’un toit les murs faits récemment, les arcs et les colonnes en pierre blanche ! » mais la situation financière n’est plus aussi bonne et il faudrait trouver quasiment 300.000 F…

 

A ce sujet, dans un appel de 1934 intitulé « la grande Pitié d’une église de France commencée depuis 23 ans », Mgr Béguin annonce sa volonté de « réserver chaque année, à l’achèvement de la Basilique du Sacré-Coeur, une quête spéciale faite dans toutes les églises et chapelles du diocèse, le dimanche qui suit la fête du Sacré-Coeur ». L’église se trouve sans porte, sans fenêtre et reste ouverte à tous les vents. Les clochers sont à faire, tout comme les voûtes, le parquet, les vitraux, les rampes d’accès, le perron et l’aménagement intérieur. Faute de ressources, le chantier est à nouveau désert.

 

On peut suivre l’avancement des travaux grâce notamment au journal paroissial « L’Echo de la Basilique », dont la devise s’affiche en une « aimez-vous les uns les autres (Le Christ) ». En décembre 1934, les voûtes sont terminées après 6 mois de travaux et 60.000 briques placées avec un kilomètre de nervures ! ; en juin 1937, pour la fête du Sacré-Coeur, les deux clochers sont achevés, portant à 45 m d’altitude les deux croix dorées. Suivent ensuite l’édification de la tribune de l’orgue et du perron. La rampe d’accès est achevée en mars 1939 et bordée d’une balustrade ajourée en pierre de Sault-Brenaz « qui est le vêtement même de la Basilique », alors que la pierre de taille a été fournie par les carrières de Romanèche-Villette.

 

Un plan du 8/03/1932 donne le détail de la charpente métallique projetée par l’entreprise de constructions métalliques H. Dunoyer & Cie à l’architecte Royer. A partir du 24/10/1935, sous la direction d’Elisée Tête, architecte à Bourg, la maison de zinguerie et couvertures P. Perron à Bourg, recouvre le toit de la basilique d’ardoises d’Angers.

 

Le 10/09/1941, la Société Foncière de Bourg représentée par Mr Alfred Villefranche, son Président, cède à titre gratuit, par acte passé devant Me Mellet, à l’Association diocésaine de Belley le terrain du Clos de la chapelle de Bel-Air d’une superficie de 8.222 m2 ainsi que les constructions effectuées ou en cours sur ce terrain, à savoir : l’ancienne chapelle, la chapelle provisoire, la basilique en voie d’achèvement, la sacristie, le logement du desservant, les hangars à matériaux.

 

Sacré Coeur

 

La décoration des chapelles

 

On sait que l’orfèvre lyonnais réputé Amédée Cateland a été sollicité en 1934 pour la décoration des chapelles du choeur, sans suite. Une autre lettre du 2/12/1938 nous apprend que le chanoine Rynois a demandé à l’architecte lyonnais Emmanuel Cateland de « faire une étude pour les chapelles des bas-côtés de votre Basilique ».

 

Charles Mauméjean, maître-verrier à Paris et Hendaye, rappelle sa proposition de juin 1938 au Chanoine Rynois, par courrier du 21/04/1939 dans laquelle il disait : « nous voulons vous être agréable et nous vous promettons de vous offrir soit dans la chapelle de la Vierge, soit dans la chapelle de Saint-Joseph, un décor pictural avec rehauts de mosaïques, qui sera notre hommage au Sacré-Coeur de votre Basilique. Nous optons pour la chapelle de la Vierge (…) cet hommage que nous faisons à la gloire du Sacré-Coeur, portera si vous le voulez bien un souvenir direct à la mémoire de notre vieille maman « en mémoire de Marie Mauméjean-Lalanne 1847-1936 ». Finalement, le Chanoine Rynois demandera à répartir ce don pour les décors picturaux des deux chapelles du choeur. Les décors furent envoyés le 29/11/1939 et achevés en mai 1942 par Mlle Durgeat, élève de l’Ecole des Beaux-Arts.

 

Concernant les autels des chapelles de la nef, Charles Mauméjean proposera ses services au Chanoine Rynois pour étudier les autels des chapelles latérales de la nef, mais le Chanoine Rynois déclinera l’offre. Ce qui fait écrire à Mauméjean le 19/07/1939 dans un courrier adressé au curé : « quel dommage que vous ne nous ayez pas demandé des études correspondant à chaque chapelle. Nous sommes certains que des maquettes entre vos mains auraient produits des miracles, comme pour les vitraux. (…), nous eussions conçu des autels dont l’ornementation iconographique aurait correspondu à chaque vocable. J’avais rêvé d’inscrire dans ces autels les promesses du Divin Coeur de Jésus ».

w150706_072

 

Le mobilier de la chapelle du Grand Séminaire de Brou

 

Il s’agit du maître-autel de l’ancien Grand Séminaire de Brou, installé le 11/11/1823 par Mgr Alexandre-Raymond Devie, évêque de Belley. Dessiné et commandé en 1825 par Mgr Devie pour mieux s’accorder à la magnificence de l’édifice, voici comment le décrit l’abbé Rey, ami de Mgr Devie, à qui ce dernier a soumis le dessin : « le plan de votre autel m’a ravi par sa noble majesté, et par un caractère de grandeur et, je dirai presque, de gravité admirable : il me semble en harmonie parfaite avec le genre d’architecture et l’ensemble de tous les monuments de cette belle église ».

On pense qu’il a été réalisé par un certain Jean-François Legendre-Héral (1795-1851 ou 1857), statuaire et sculpteur lyonnais, élève de Chinard et professeur aux Beaux-Arts de Lyon1.

Cet autel de forme rectangulaire est en marbre gris clair veiné. Sous la table d’autel, une frise sculptée en dentelle, comme celles que l’on retrouve à l’église de Brou, représente des feuilles de vigne avec des grappes de raisin et comporte l’inscription « ego sum vitis vera », que l’on peut traduire par « Je suis la vigne véritable » (Jn, 15-1). Dessous, 15 niches architecturées avec colonne, chapiteaux corinthiens et baie trilobée en haut, réparties comme suit : 9 niches sur la face avant et 3 niches sur chaque côté. A l’intérieur des niches, 15 statuettes de bronze doré rapportées et fixées qui reposent sur un socle en marbre sur lequel sont rapportées des lettres entrelacées en métal doré.

 

w281008_107

 

Les statuettes représentent le Christ entouré de 11 des 12 Apôtres : Pierre et son frère André, Jean et son frère Jacques le Majeur, Thomas, Jacques le Mineur, Philippe, Barthélémy, Matthieu, Simon le Zélote et Jude. Il manque Judas l’Iscariote qui a livré Jésus et Matthias qui l’a remplacé après sa trahison. S’ajoutent aussi saint Paul et les deux Evangélistes Luc et Marc.

L’autel comprenait aussi un gradin, un tabernacle, et une garniture d’autel composée d’une croix et de 6 grands chandeliers néo-gothiques en laiton. Les 4 chandeliers existant aujourd’hui, puisqu’on a perdu la trace des 2 autres, ont été restaurés par la Cuivrerie de Cerdon en 1993.

 

Mgr Devie était très fier de sa réalisation et écrivait en 1828 à son ami l’abbé Rey : « si vous pouviez voir mon église de Brou maintenant qu’elle est restaurée, que le grand autel est achevé et garni de 15 statues en bronze doré et de 6 chandeliers antiques ! Si vous pouviez voir comme tout y reluit de propreté, je suis sûr que vous éprouveriez un moment de satisfaction ».

 

L’autel a coûté près de 8.000 F. L’abbé Rey conseille son ami Mgr Devie quant au financement de cet ensemble et l’invite à faire une demande à Charles-Félix Ier de Savoie qui « ne refusera pas, je pense, sa royale obole pour embellir les autels jadis élevés par Emmanuel-Philibert ou tout autre ». Il pense également faire appel au « digne vainqueur du Trocadéro, le prince de Carignan (Charles-Albert)2. « Croyez que celui-là aimera à embellir un autel français, et franchement il a raison ». Le 8/09/1833, Mgr Devie lui écrit « Votre Charles-Albert vient de faire une fondation pour trois services annuels. Ce serait une chose charmante si le premier était célébré par vous »3.

 

A la séparation des Eglises et de l’Etat en 1905, le Grand Séminaire ferme en 1907. L’ensemble du mobilier liturgique est acheté en deux temps, d’abord en 1909 puis en 1939, date d’acquisition de l’autel. En effet, par un courrier du 31/05/1939, le Préfet de l’Ain informe Maître Villefranche Père, avocat à Bourg, que « le Ministre de l’Education Nationale vient de m’aviser que l’Administration des Domaines consentait à vous céder le maître-autel de l’église de Brou pour le prix de 5.000 F, mais à charge pour vous de remettre les lieux en état, jusqu’à concurrence d’une somme de 16.000 Frs. (…) D’autre part, les travaux devront être exécutés conformément au plan établi par le Service des Monuments Historiques et sous le contrôle de celui-ci ». Une facture de l’entreprise Barberot du 19/08/1939 détaille le travail « d’enlèvement du maître-autel et remise en état de son emplacement ». En 1941, l’autel est déjà placé dans la nouvelle église du Sacré-Coeur.

 

Le maître-autel a été démonté en 1968 par l’entreprise de maçonnerie E. Barberot à Bourg-en-Bresse « conformément à la nouvelle liturgie », et le retable et le tabernacle déposés dans le réduit de la chapelle Saint-François. Récemment, la porte de façade du tabernacle a été remontée dans une niche du choeur de la chapelle Saint-François.

 

Concernant les cloches, un courrier du 16 avril 1913 nous apprend que la maison Paccard, fondeur de cloches à Annecy, a fourni deux cloches de « tonalités sol dieze et si » à la paroisse. En décembre 1941, le Chanoine Rynois achète à Paccard les cloches louées jusqu’à présent.

 

Au même moment, le chanoine Pernin, secrétaire-trésorier de l’Association cultuelle diocésaine de Belley, formule une requête officielle pour obtenir la remise des trois cloches restées dans le clocher de l’église de Brou après la Séparation : la cloche Sainte Marguerite (Fa dièse), la cloche Bienheureuse Marie reine du Clergé (la) et la plus grosse appelée Bourdon de Saint Nicolas (mi), qui avait été fondue une première fois en 1824 avant d’être refondue en 1895 par la Maison Paccard d’Annecy et baptisée le 2/07/1896 par Mgr Louis-Henri-Joseph Luçon, évêque de Belley.

 

Le Secrétaire d’Etat à l’Education Nationale autorise « la vente des cloches » à l’Association diocésaine de Belley en mai 1942. Malgré tous les essais du Chanoine pour obtenir la cession gratuite de ces cloches, elles seront finalement achetées aux Domaines en novembre 1942 selon un prix fixé par la maison Paccard dans un rapport d’expertise réalisé à la demande des deux parties en juillet précédent. Elles ne seront installées et électrifiées qu’en 1972 grâce au don d’une généreuse anonyme.

 

winauguration_1942

 

14 juin 1942 : inauguration de l’église du Sacré-Coeur

 

« Date attendue et qui vient un peu comme un rayon de soleil en cette période de guerre ». La nouvelle église dédiée au Sacré-Coeur ouvre ses portes dans le nouveau quartier de Bel-Air, plutôt résidentiel. L’édifice a une longueur de 57m sur une largeur de 26m, 18 piliers de la nef qui s’élèvent à 8,75m, une rosace de 5m de diamètre et une capacité de 2.000 personnes. Son style romano-byzantin n’est pas du goût de tous mais la population remplit la nouvelle église en ce jour de fête, « jusqu’à déborder largement à l’extérieur, où des haut-parleurs avaient été installés ».

« Les autorités préfectorales, municipales et militaires ont tenu à l’honneur de répondre à l’invitation de M. le curé de la paroisse. (…) Le clergé est très nombreux. Au trône, préside S. Exc. Mgr Maisonobe évêque de Belley, assisté de M. le Chanoine Maissiat, curé de la cathédrale, et de M. le Chanoine Tardy, directeur au Grand Séminaire. En face, le R.P. Abbé mitré de la Trappe Notre-Dame-des-Dombes, et Mgr Chamoton, prélat de S.S., vicaire général. Douze chanoines sont présents. Les grands ordres religieux, Chartreux, Dominicains, Capucins, Trappistes, ont chacun leur représentant. Aussi, le défilé du clergé est impressionnant ».

« Mgr l’évêque remercie dignement le « curé bâtisseur », M. le chanoine Rynois, qui avec l’aide de ses fidèles et de tant de souscripteurs, a su mener à bien une telle entreprise « pour le charme des yeux et le ravissement des soeurs ». Mais cette église votive, dédiée au Sacré-Coeur, est aussi un ex-voto diocésain, qui doit nous rappeler, dans les temps que nous traversons, que « l’amour est plus fort que la haine ». Allons donc aux sources de l’amour de Dieu et du prochain, termine le pontife »4. L’évêque demande aussi la consécration au Sacré-Coeur des familles, des paroisses, des communautés et des divers groupements avant qu’il ne fasse lui-même « la consécration officielle du diocèse dans la Cathédrale de Belley »5.

 

On peut rappeler que le 11 juillet 1943, soit un an après la bénédiction de l’église, Mgr Maisonobe ordonnera trois diacres et deux prêtres, après avoir rappelé que « la dernière ordination célébrée à Bourg s’était faite en décembre 1906, à la veille de l’expulsion du Séminaire » et que « la tradition s’est renouée en ce jour. C’est devant l’autel de Brou, qui est maintenant l’autel-majeur de la Basilique, que ces jeunes ordonnés viennent d’être consacrés »6.

 

 

 

Notes :

1. On peut lire l’extrait quasiment complet de l’allocution de Mgr Soubiranne dans Le Messager du Dimanche du 15/10/1881, pp. 668 à 673

2. Extrait du Messager du Dimanche, 7 août 1909.

3. Note manuscrite du Chanoine Rynois adressée sans doute à l’architecte, 11/10/1909 (Archives paroissiales, carton II : Construction)

4. Lettre du 1er septembre 1910 du Chanoine Rynois à l’architecte Royer (Archives paroissiales, carton II : Construction) <

5. « Le Chanoine François Rynois », in Semaine Catholique du diocèse de Belley, 6/07/1950, pp. 215-220.

6. Voici le texte complet retranscrit : « Pour nos chers Fils qui contribueront de quelque manière à l’érection de la nouvelle église dédiée au Sacré-Coeur de Jésus, Nous implorons les faveurs spécialement réservées à ceux qui ont le zèle de la Maison de Dieu et Nous leur accordons de tout soeur la Bénédiction Apostolique. Le 6 février 1911. Signé : Pius P.P. X ».

7. oeuvre de la basilique du Sacré-Coeur à Bourg : registre des délibérations de la Commission : du 16/06/1911 au 11/03/1930.

8 Le Père Pouly, curé du Sacré-Coeur de 1979 à 1992, orthographie à tort « Hérald Legendre » dans son livret publié en 1992 sur l’église. Voir la biographie succincte que Paul Cattin a rédigé dans son Répertoire des artistes et ouvriers d’art de l’Ain (Bourg-en-Bresse : Archives départementales de l’Ain, août 2004).

9 Rappelons que Charles-Félix Ier, né en 1765, était roi de Sardaigne, prince du Piémont et duc de Savoie. Décédé en 1831, c’est Charles-Albert de Savoie-Carignan (1798-1849) qui lui succède comme roi de Sardaigne, prince du Piémont et de Carignan et duc de Savoie.

10 In Vie de Mgr Alexandre Devie, évêque de Belley par l’abbé J. Cognat, tome 1er. Lyon, Paris, Pélagand, 1865.

11 « L’inauguration de la basilique du Sacré-Coeur à Bourg », in La Croix de l’Ain, 21/06/1942.

12 « Pour la consécration des familles et du diocèse au Sacré-Coeur, in La Croix de l’Ain, 31/05/1942 et « Lettre de Mgr l’Evêque de Belley demandant la consécration des familles et du diocèse au Sacré-Coeur », in La Semaine Religieuse du diocèse de Belley, 21/05/1942pp. 162-163.

 

6 juillet 1948 : consécration de la Basilique du Sacré-Coeur

« Il y a six ans que la Basilique du Sacré-Coeur de Bourg a été ouverte au culte. Le moment est venu de consacrer avec toute la solennité des rites de la Liturgie le sanctuaire édifié par la piété de tout le diocèse à la gloire du Sacré-Coeur ». C’est en ces termes que Mgr Amédée Maisonobe, évêque de Belley, annonce la cérémonie de consécration de « l’église paroissiale de Bourg, dédiée au Sacré-Coeur ». Il précise qu’elle sera « présidée par Son Excellence Mgr Dubourg, notre vénéré Métropolitain, entouré des Evêques de la Province de Besançon. Pendant que nous consacrerons l’autel principal, Son Excellence Mgr l’Evêque de Saint-Dié et le Révérendissime Père Abbé de Notre-Dame-des-Dombes ont bien voulu accepter de consacrer deux des autels latéraux, l’un en l’honneur de la Très Sainte Vierge, l’autre en l’honneur de Sainte Marguerite Marie »4.

Les reliques de saint Désiré et sainte Eustelle avec celles de saint François-de-Sales et du saint curé d’Ars seront placées dans le maître-autel ; pour l’autel de la Vierge, les reliques de saint Just et de sainte Foi ; pour l’autel dédié à sainte Marguerite-Marie, celles des saints Boniface et Eugène, sainte Marguerite-Marie et de saint Jean-Marie-Vianney.

 

w140907_004

 

Les flèches de l’église : 1952-1953

« Une première tour est élevée, qui momentanément restera seule, faute d’argent. Et voici l’intervention de la Providence : passe un mystérieux anonyme, choqué de la dissymétrie, il s’informe, tire son carnet de chèques et pourvoit ainsi à la dépense »5. En février 1937, on « se prépare à la construction du second clocher »6.

Suite à un legs anonyme en 1950 destiné à édifier les clochers pointus prévus initialement, le 24/04/1951, l’architecte Roger Blondel, sis 7 rue de la Basilique à Bourg, adresse un plan de transformation des clochers (qu’il indique avoir modifié le 15/01/1952). Dès le 28/05/1951, l’entreprise Maillard et Duclos de travaux publics et bâtiment, située à Bourg rue Voltaire, adresse un devis à M. Georges Perdrix, administrateur d’immeubles et Président du Conseil paroissial du Sacré-Coeur, pour la construction de 2 flèches remplaçant les clochetons actuels de l’église du Sacré-Coeur. Les 12 et 15 juin 1951, les bétons armés Hennebique dressent un plan pour la modification du clocher en mentionnant des données techniques à l’usage de « l’architecte Monsieur Cateland et les entrepreneurs Messieurs Maillard et Duclos ». On sait que le 23/06 suivant une somme d’acompte de 2.500.000 F a été versée à Maillard et Duclos. Les travaux commenceront en 1952 sous la direction de l’architecte Blondel.

Le 27/06/1953, M. Perdrix écrit à Mgr Maisonobe, évêque de Belley « les deux flèches sont terminées et payées intégralement ». Il mentionne un projet de « saint Michel » pour le pignon de la façade, qui ne sera pas retenu finalement. Il nous apprend aussi que l’entreprise Martin-Belaysoud a consenti un don de 2.540 kg d’acier, d’une valeur de 127.000 F, et que la société Maillard et Duclos accepte une remise spéciale sur le montant total des travaux de 196.370F.

Initiée grâce à la volonté d’un évêque dans un but de réparation au Coeur sacré de Jésus, soumise aux aléas des deux conflits mondiaux et portée à son achèvement par un curé tenace, l’église du Sacré-Coeur aura mis près de 70 ans à dresser fièrement ses flèches dans le ciel de Bourg. L’étude des archives paroissiales nous permet de rejoindre le chanoine Rynois qui écrit en mars 1939 : « Une oeuvre d’art de cette importance et de cette qualité, on peut la voir en effet ! Mais sans le secours d’explications autorisées, on ne la comprend pas, on ne la goûte pas, on est privé de la plus grosse part du plaisir de l’esprit et de l’âme ».

 

Violaine Savereux, Chargée du patrimoine mobilier diocésain

Service diocésain de l’Art Sacré et Conservateur délégué des Antiquités et Objets d’Art (CDAOA) de l’Ain

 

 

Nous remercions une nouvelle fois Melle Charlotte Chesnel sans qui ces lignes n’auraient pu être écrites que dans de nombreux mois, tant les archives paroissiales étaient riches. Les archives historiques ainsi dépouillées, classées et rangées vont gagner le fonds nouvellement créé des « archives historiques des paroisses nouvelles » du diocèse de Belley-Ars.

 

 

 

Notes

4 In Semaine Catholique du Diocèse de Belley, 17/06/1948, pp. 182-183 ; et idem, 15/07/1948, pp. 202-205.

5 « Le Chanoine François Rynois », in Semaine Catholique du diocèse de Belley, 6/07/1950, pp. 215-220.

6 « Au chantier de la Basilique », in L’Echo de la Basilique, février 1937, 4e année.

 

Sacré Coeur